Candidature Zemmour 2027 : ce que son retour change pour l’équilibre de la droite et le choix des électeurs
Éric Zemmour revendique sa candidature à la présidentielle de 2027. Cette décision relance la concurrence avec le Rassemblement national et pose la question du poids réel de Reconquête dans le prochain scrutin.

Éric Zemmour affirme vouloir se présenter à la présidentielle de 2027, après avoir obtenu 7,07 % des voix au premier tour en 2022. Sa candidature pourrait renforcer la visibilité de Reconquête, mais aussi diviser l’électorat de droite avec le Rassemblement national et compliquer la collecte des parrainages.
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À quoi reconnaît-on une candidature présidentielle ? À une phrase lancée devant les caméras, ou à une campagne officiellement engagée ? Éric Zemmour vient de franchir un cap médiatique. Mais son annonce ouvre aussi une nouvelle bataille : celle de sa place dans une droite radicale déjà très disputée.
Une annonce, mais pas encore toute une campagne
Invité jeudi 17 septembre sur BFMTV, Éric Zemmour a déclaré qu’il serait candidat à l’élection présidentielle de 2027. « Je ne suis pas politicien, je suis candidat à la présidence de la République », a-t-il d’abord lancé, avant de préciser : « Vous avez compris, je serai candidat à la présidentielle. »
Cette déclaration tranche avec la prudence affichée ces derniers mois. Le président de Reconquête expliquait alors être « dans un processus de candidature ». Il disait vouloir développer ses idées, ses convictions et ses propositions avant de formaliser sa décision.
La nuance compte. En France, une déclaration publique ne suffit pas à clore toutes les étapes d’une candidature. Le candidat doit encore structurer une équipe, réunir des soutiens et obtenir les 500 parrainages d’élus nécessaires pour participer au premier tour. Cette procédure vise à éviter les candidatures purement symboliques, mais elle impose un important travail politique et territorial.
Début septembre 2026, Zemmour indiquait encore qu’il annoncerait sa décision « avant décembre ». Cette évolution montre surtout que sa préparation est désormais assumée publiquement. Elle ne règle pas, à elle seule, la question de son investiture par Reconquête ni celle de sa stratégie électorale.
Le souvenir difficile de 2022
Éric Zemmour connaît déjà la mécanique présidentielle. En 2022, il s’était lancé dans la course après avoir construit sa notoriété autour de ses interventions médiatiques et de ses prises de position sur l’immigration, l’identité et la sécurité.
Il avait obtenu 7,07 % des suffrages au premier tour, terminant en quatrième position. Il avait ensuite reconnu une « déception » par rapport aux sondages qui l’avaient placé plus haut dans les mois précédant le scrutin.
L’ancien candidat présente toutefois ce résultat comme une performance. Il souligne qu’il n’était pas encore un responsable politique installé lorsqu’il s’est lancé. À ses yeux, atteindre 7 % après une entrée récente en politique reste un résultat « étonnant » et « remarquable ».
Son récit de 2022 repose donc sur deux lectures. Ses adversaires y voient le plafond électoral d’une offre très radicale. Zemmour, lui, retient la capacité de son mouvement à s’imposer rapidement dans le débat national.
Quel espace pour Reconquête ?
La principale difficulté de cette candidature se situe à droite. Éric Zemmour ne se présente pas dans un espace vide. Le Rassemblement national conserve une implantation électorale beaucoup plus importante. Marine Le Pen reste une figure centrale de la présidentielle, même si sa situation judiciaire et la question de sa candidature pèsent sur la compétition.
Le parti de Zemmour doit aussi composer avec Sarah Knafo. Députée européenne et vice-présidente de Reconquête, elle a gagné en visibilité depuis plusieurs mois. Sa présence a nourri les spéculations sur une possible candidature en 2027. Les dirigeants du mouvement doivent désormais clarifier la répartition des rôles entre les deux personnalités.
Pour Zemmour, l’enjeu est de conserver la direction politique de son parti et de transformer sa notoriété en votes. Pour Sarah Knafo, l’enjeu est différent : elle peut chercher à élargir l’audience de Reconquête à des électeurs attirés par les questions économiques, technologiques ou budgétaires.
Cette différence de profil peut créer une complémentarité. Elle peut aussi provoquer une concurrence interne. Dans un parti encore peu implanté localement, chaque division réduit les chances de réunir les parrainages et de financer une campagne nationale.
Une ligne politique déjà identifiable
Éric Zemmour assume une ligne située à l’extrême droite de l’échiquier politique. Il défend notamment une politique très restrictive sur l’immigration et reprend l’idée de « grand remplacement », une théorie contestée selon laquelle la population française serait progressivement remplacée par des populations immigrées.
Lors de sa première campagne, il affirmait s’être engagé pour « sauver la France du grand remplacement ». Cette formule résume une stratégie : placer l’immigration, l’identité nationale et l’islam au centre du scrutin présidentiel.
Cette ligne mobilise une partie des électeurs sensibles aux thèmes identitaires. Elle peut aussi limiter les possibilités d’alliance. Les électeurs de Reconquête sont souvent proches de ceux du Rassemblement national. Une nouvelle candidature de Zemmour risque donc de fragmenter un même électorat plutôt que d’élargir le camp national.
Les autres formations de droite peuvent, à l’inverse, bénéficier de cette division. Si Reconquête reste autour de ses niveaux de 2022, le parti pourrait prendre des voix au RN sans apparaître en mesure d’accéder au second tour. Les sondages disponibles en septembre 2026 créditent d’ailleurs Zemmour d’un score inférieur à celui obtenu en 2022, autour de 4 % à 4,5 % selon les hypothèses testées. Ces chiffres restent très éloignés du scrutin et peuvent évoluer avec la campagne.
Le vrai test sera territorial
Une présidentielle ne se gagne pas seulement dans les studios de télévision. Elle exige des relais locaux, des élus, des militants et une organisation capable de diffuser un programme dans tout le pays.
Reconquête a obtenu des résultats limités lors des élections précédentes. Le parti dispose d’un noyau militant actif, mais son implantation reste moins dense que celle du RN, des Républicains ou des formations de gauche. Cette faiblesse peut devenir décisive au moment de collecter les parrainages.
La situation sera différente selon les territoires. Dans certaines zones périurbaines ou rurales, les thèmes de l’immigration et de l’insécurité peuvent trouver un écho important. Dans les grandes villes, la concurrence du RN et d’autres candidats peut être plus forte. Les électeurs qui partagent certaines idées de Zemmour peuvent aussi privilégier un candidat jugé plus capable de gagner.
Ce qu’il faudra surveiller
La prochaine étape sera la formalisation de la candidature. Il faudra observer la constitution de l’équipe de campagne, la publication du programme et la stratégie de Reconquête pour obtenir les parrainages.
Le rapport entre Éric Zemmour et Sarah Knafo sera également déterminant. Une candidature clairement assumée peut stabiliser le parti. Elle peut aussi relancer les tensions autour de sa ligne et de sa représentation.
Enfin, la question centrale restera celle de son poids électoral. En 2022, Zemmour avait créé la surprise avant de finir à 7,07 %. En 2027, il devra convaincre qu’il peut faire mieux qu’un rôle de candidat de témoignage, dans une compétition où le Rassemblement national part avec une base bien plus solide.



