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ÉLECTIONS Le centre se cherche un candidat

Ce que la candidature de Gabriel Attal pourrait changer pour l’école, les salaires et les territoires en 2027

Gabriel Attal défend ses mesures pour l’école, les salaires et les territoires, tout en préparant sa candidature à la présidentielle de 2027 face à Édouard Philippe.

Habitants et parents discutant près d’un équipement municipal dans une rue d’une ville moyenne française
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En bref

Gabriel Attal prépare une candidature présidentielle fondée sur plusieurs priorités concrètes : relever le niveau scolaire, revaloriser les enseignants, soutenir les salaires et maintenir un accès équilibré aux services dans les territoires. Il défend aussi une campagne de proximité et doit composer avec la concurrence d’Édouard Philippe.

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Que peut changer une candidature présidentielle dans la vie quotidienne ? Pour Gabriel Attal, la réponse passe par l’école, le salaire et les services de proximité. Invité du « 8h30 franceinfo », l’ancien Premier ministre a voulu installer ces sujets au cœur de sa campagne pour 2027.

L’école comme premier marqueur politique

Gabriel Attal a d’abord défendu son diagnostic sur le niveau scolaire français. Les résultats de la France au classement PISA, qui compare les compétences des élèves de 15 ans dans plusieurs pays, servent de point de départ à son argumentaire.

Son constat est simple : les difficultés s’installent tôt et se concentrent dans certains établissements. Pour y répondre, il maintient son soutien aux groupes de niveau en français et en mathématiques au collège. Le principe consiste à réunir temporairement les élèves selon leurs besoins scolaires, plutôt qu’à conserver partout les mêmes groupes.

Cette mesure reste toutefois très contestée. Ses défenseurs y voient un moyen de mieux accompagner les élèves en difficulté et de permettre aux autres d’avancer plus vite. Ses opposants redoutent, au contraire, une séparation durable entre les collégiens. La FSU-SNUipp estime que ces regroupements peuvent renforcer la ségrégation scolaire et étiqueter les élèves les plus fragiles. L’analyse du syndicat sur les groupes de niveau met aussi en avant le manque de moyens et les effets possibles sur l’estime de soi.

Dans les établissements les plus en difficulté, le débat ne porte donc pas seulement sur la composition des classes. Il concerne aussi le nombre d’enseignants, la taille des groupes, le remplacement des absents et la stabilité des équipes. Une réforme peut être identique sur le papier, mais produire des résultats très différents selon les collèges.

Fermer 100 collèges : une promesse lourde de conséquences

Gabriel Attal a également confirmé son idée de fermer 100 « collèges ghettos ». Il désigne ainsi des établissements qui concentreraient une très forte proportion d’élèves en difficulté ou issus de quartiers défavorisés. Son objectif affiché est de casser cette concentration et de répartir autrement les élèves.

La mesure s’appuie sur une réalité connue : la ségrégation résidentielle pèse fortement sur la composition des établissements. Mais fermer un collège ne suffit pas à modifier les conditions de vie d’un quartier. Il faut aussi revoir la carte scolaire, les transports, l’offre de logements et l’accompagnement des familles.

Pour les parents, la question est concrète. Où les enfants seront-ils scolarisés ? Combien de temps dureront les trajets ? Les établissements d’accueil disposeront-ils de classes moins chargées et de personnels supplémentaires ? Sans réponse précise, le risque est de déplacer les difficultés plutôt que de les réduire.

Les familles les plus mobiles pourraient contourner plus facilement les nouveaux secteurs scolaires. À l’inverse, les ménages qui dépendent de la carte scolaire auraient moins de marges de choix. Cette différence pourrait accentuer les écarts entre élèves, même si l’intention initiale est de les diminuer.

Les enseignants au centre du dispositif

Le candidat Renaissance défend aussi une revalorisation des enseignants. Le sujet répond à une difficulté structurelle : les recrutements sont tendus et les remplacements restent compliqués dans plusieurs disciplines.

Une hausse de salaire peut rendre le métier plus attractif. Elle ne règle cependant pas tout. Les professeurs évoquent également la charge administrative, la gestion des classes difficiles, le manque de temps pour préparer les cours et l’instabilité des réformes.

Le débat oppose donc deux priorités. Pour Gabriel Attal, il faut fixer des exigences scolaires plus claires et mieux rémunérer ceux qui les mettent en œuvre. Pour les syndicats, il faut d’abord donner aux équipes les moyens de travailler dans de bonnes conditions. La critique du SNES-FSU sur la mise en œuvre des groupes insiste notamment sur les contraintes d’organisation dans les collèges.

Salaires : le « droit au brut » veut déplacer le débat

Sur le pouvoir d’achat, Gabriel Attal défend son idée de « droit au brut ». L’expression renvoie à la possibilité de privilégier une hausse du salaire brut, avant prélèvements, plutôt qu’une baisse des cotisations ou une prime ponctuelle.

Pour les salariés, l’intérêt est de rendre plus visible la progression de la rémunération. Une hausse du brut peut aussi augmenter certains droits sociaux, puisque les cotisations servent notamment à financer la retraite et l’assurance chômage.

Mais le montant réellement perçu sur le compte bancaire dépend du niveau des prélèvements. Une mesure favorable au brut ne produit donc pas automatiquement le même effet pour tous. Les salariés modestes, les cadres et les employeurs ne sont pas exposés aux mêmes cotisations ni aux mêmes mécanismes de rémunération.

Les entreprises peuvent y voir un outil pour augmenter les salaires sans recourir uniquement aux primes. Les syndicats peuvent, eux, craindre un transfert du financement de la protection sociale vers le budget de l’État ou vers les salariés. Le choix entre salaire, prime et baisse de cotisations engage donc un rapport de force économique, pas seulement une question de vocabulaire.

Une candidature déjà tournée vers 2027

Gabriel Attal assume sa candidature à l’élection présidentielle de 2027. Il doit toutefois composer avec la concurrence d’Édouard Philippe, autre figure centrale de la majorité présidentielle élargie.

Cette rivalité dépasse les relations personnelles. Elle pose la question de la ligne politique du centre et de la droite modérée après Emmanuel Macron. Gabriel Attal cherche à apparaître comme le candidat de l’action immédiate, de l’autorité et de la proximité. Édouard Philippe dispose, de son côté, d’une implantation politique et locale construite depuis plusieurs années.

La campagne des « 1 000 bistrots » s’inscrit dans cette stratégie de terrain. Le dispositif prévoit des rencontres dans des cafés et des villages pour échanger autour de son projet. Le fonctionnement de l’opération des 1 000 bistrots met en avant les discussions locales et la contribution des citoyens.

Cette approche vise les territoires où les responsables nationaux sont souvent perçus comme éloignés. Elle bénéficie aussi aux commerces qui accueillent ces réunions. Mais elle devra dépasser l’image d’une opération de communication. Les habitants attendent des réponses sur les services publics, les transports, les revenus et l’accès aux soins.

Retraites et prochaines étapes

La question des retraites complète ce positionnement. Elle reste liée à l’équilibre des comptes sociaux, à l’âge de départ et à la durée passée au travail. Elle touche donc directement les salariés, les retraités et les entreprises.

Sur ce dossier, toute proposition devra préciser qui travaille plus longtemps, qui bénéficie d’exceptions et comment sont prises en compte les carrières hachées. Les ouvriers, les personnes ayant commencé tôt et les salariés exposés à la pénibilité ne connaissent pas les mêmes parcours professionnels que les cadres.

Les prochaines semaines permettront surtout de mesurer la solidité de ces annonces. Il faudra suivre le contenu détaillé de son projet pour l’école, le financement de la revalorisation des enseignants et la définition exacte du « droit au brut ». Il faudra aussi observer si les rencontres dans les bistrots débouchent sur des propositions précises et si la confrontation avec Édouard Philippe devient le principal enjeu de la majorité pour 2027.

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