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ÉLECTIONS La bataille des grands électeurs

En Gironde, les grands électeurs peuvent rebattre les cartes politiques avec six sièges de sénateur à pourvoir

Neuf listes se disputent six sièges lors des élections sénatoriales en Gironde. Le scrutin indirect mobilise 3 743 électeurs sénatoriaux et pourrait renouveler une large partie de la représentation départementale.

Bulletins et enveloppes de vote sur une table, dans une salle municipale où des grands électeurs préparent le scrutin.
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En bref

Le 27 septembre 2026, 3 743 électeurs sénatoriaux choisiront les six représentants de la Gironde au Sénat. Neuf listes sont en compétition, tandis que quatre sénateurs sortants ne se représentent pas. Le scrutin proportionnel pourrait donc renouveler profondément la délégation départementale et modifier les équilibres entre les forces politiques.

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Qui choisira les six prochains sénateurs de Gironde ? Pas l’ensemble des habitants du département, mais 3 743 électeurs sénatoriaux réunis le dimanche 27 septembre 2026. Ce scrutin indirect peut pourtant modifier l’équilibre politique du Sénat et peser sur les textes qui concernent les communes.

Un vote très différent des élections habituelles

Les élections sénatoriales renouvellent la moitié du Sénat tous les trois ans. En 2026, 178 sièges sont concernés dans le cadre du renouvellement de la série 2. La Gironde fait partie des départements appelés aux urnes le 27 septembre.

Les sénateurs ne sont pas élus directement par les citoyens. Ils sont choisis par un collège composé notamment des députés, des conseillers régionaux, des conseillers départementaux, des maires et des délégués des conseils municipaux. Ces derniers représentent environ 95 % des électeurs sénatoriaux.

Le vote est obligatoire pour les membres de ce collège. Une absence injustifiée peut entraîner une amende de 100 euros. Ce mécanisme explique le poids particulier des communes dans l’élection, même si la campagne reste souvent moins visible que celle d’une élection municipale ou législative.

En Gironde, les six sièges sont attribués à la représentation proportionnelle. Concrètement, les listes obtiennent des sièges en fonction de leur score, selon la règle de la plus forte moyenne. Il n’y a ni panachage ni vote préférentiel : les électeurs choisissent une liste complète.

Chaque liste doit présenter autant de candidats que de sièges à pourvoir, avec deux noms supplémentaires destinés à d’éventuels remplacements. Ce format favorise les équipes structurées et les accords entre formations politiques. Il laisse aussi peu de place aux candidatures individuelles.

Neuf listes pour six sièges

Neuf listes sont officiellement candidates en Gironde. Deux sénateurs sortants sollicitent un nouveau mandat : Hervé Gillé, à la tête de la liste « Engagés pour toute la Gironde », et Nathalie Delattre, qui conduit la liste centriste « Résolument Girondins ».

Les quatre autres sénateurs sortants ne se représentent pas. Il s’agit d’Alain Cazabonne, de Laurence Harribey, de Florence Lassarade et de Monique de Marco. Cette recomposition ouvre plusieurs sièges à de nouveaux visages et rend les rapports de force plus difficiles à lire.

La liste du Rassemblement national est conduite par Edwige Diaz, députée de Gironde et vice-présidente du parti. Elle s’intitule « Au service des communes pour défendre la Gironde ». Le RN cherche ainsi à transformer son implantation électorale en représentation au Sénat.

Virginie Bonthoux mène une autre liste classée à l’extrême droite, « Le bon sens des territoires ». Elle avait été candidate de Reconquête lors des élections municipales à Bordeaux. La présence de deux listes situées à droite du RN peut toutefois diviser cet électorat.

À gauche, quatre listes se présentent. Sébastien Laborde conduit la liste communiste « La République des communes, force de la Gironde ». Romain Dostes porte la liste écologiste « L’Écologie pour la Gironde ».

Aminata Pouye représente La France insoumise avec une liste intitulée « Faisons entrer le programme du Nouveau Front populaire au Sénat ». Enfin, Valérie Chassaigne conduit la liste divers gauche « Pour les communes, pour la Gironde ».

Une liste divers complète le paysage. Elle est menée par le cardiologue Paul Montserrat sous l’étiquette « Docteur France ». Cette candidature entend se présenter en dehors des formations traditionnelles et affirme vouloir « sauver la France ».

Une bataille décisive pour les communes

Le Sénat représente les collectivités territoriales. Dans cette élection, les candidats mettent donc souvent en avant les finances locales, les services publics, les transports, l’accès aux soins et les relations entre l’État et les maires.

Les élus municipaux ne disposent toutefois pas tous du même poids. Les grandes villes, les communes moyennes et les villages n’ont pas les mêmes priorités. Les listes doivent donc convaincre à la fois les exécutifs urbains, les territoires périurbains et les communes rurales.

La proportionnelle peut permettre à plusieurs sensibilités d’obtenir un siège. Mais six places seulement sont disponibles. Avec neuf listes, la dispersion des voix peut compliquer l’accès au Sénat pour les équipes qui ne bénéficient pas d’un réseau solide d’élus locaux.

Les listes portées par des partis disposent généralement d’une organisation, de relais municipaux et d’une capacité de mobilisation. Les candidatures indépendantes peuvent davantage capitaliser sur la notoriété personnelle ou sur le rejet des appareils politiques. Leur difficulté principale reste l’accès au collège électoral et la capacité à transformer cette visibilité en suffrages.

Pour les sénateurs sortants, l’enjeu est différent. Hervé Gillé et Nathalie Delattre peuvent s’appuyer sur leur expérience parlementaire et sur leurs réseaux d’élus. En revanche, ils doivent défendre leur bilan dans un contexte où plusieurs sièges sont ouverts.

Des équilibres politiques incertains

Le scrutin girondin oppose donc plusieurs logiques. Les listes de gauche cherchent à conserver une représentation importante dans un département où les forces progressistes sont implantées dans de nombreuses communes. Le centre veut préserver ses positions. Le RN et les autres listes situées à droite de l’échiquier espèrent franchir un nouveau seuil institutionnel.

Les intérêts ne sont pas identiques. Les partis installés souhaitent consolider leur groupe au Sénat. Les élus locaux recherchent des relais pour défendre leurs dossiers. Les candidats non encartés veulent démontrer qu’une candidature fondée sur une profession ou une démarche personnelle peut trouver sa place dans une élection très organisée.

Le mode de scrutin oblige aussi les listes à regarder au-delà de leur électorat habituel. Pour obtenir un siège, il faut convaincre des grands électeurs issus de sensibilités différentes et parler concrètement des contraintes locales. Les promesses nationales ne suffisent pas toujours face aux problèmes de budget, de recrutement ou de maintien des services publics.

Le résultat ne dépendra donc pas uniquement de la popularité des candidats auprès du grand public. Il reposera surtout sur leurs implantations municipales, leurs accords éventuels et leur capacité à mobiliser les élus le jour du vote.

Ce qu’il faudra surveiller le 27 septembre

Le premier indicateur sera le nombre de listes capables d’obtenir un siège. La répartition des voix permettra ensuite de mesurer le poids réel de chaque famille politique dans le collège électoral girondin.

Il faudra également observer le renouvellement des personnalités. Plusieurs départs annoncés peuvent modifier la délégation de la Gironde au Sénat, même si les équilibres entre la gauche, le centre et la droite ne sont pas nécessairement bouleversés.

Les candidatures et les résultats seront publiés par le ministère de l’Intérieur pour les élections sénatoriales en Gironde. Le vote aura lieu le dimanche 27 septembre 2026, dans le cadre d’un scrutin à un seul tour à la représentation proportionnelle.

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