Pourquoi le choix du PS sur les alliances aux législatives pèsera directement sur les votes et la majorité future
Olivier Faure veut laisser au Parti socialiste la décision sur les alliances aux législatives. Face aux positions divergentes sur LFI, la primaire de la gauche pourrait fixer une ligne stratégique lourde de conséquences pour les électeurs.

Olivier Faure affirme que le Parti socialiste décidera seul de sa stratégie pour les législatives, après la présidentielle. Cette position laisse ouverte la possibilité d’un accord avec d’autres forces de gauche, alors que Raphaël Glucksmann et Jérôme Guedj refusent une alliance avec LFI. Le résultat de la primaire pèsera sur cette orientation.
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Qui décidera, demain, des alliances de la gauche aux élections législatives ? Pour Olivier Faure, la réponse ne viendra ni de La France insoumise, ni de Place publique, ni d’un accord négocié avant l’heure. Le Parti socialiste veut garder la main.
Une primaire qui ne règle pas encore la question des alliances
La gauche sociale-démocrate prépare une primaire destinée à désigner son candidat à l’élection présidentielle de 2027. Le premier tour est prévu les 9 et 10 octobre 2026. Un second tour pourrait avoir lieu les 16 et 17 octobre.
Cinq candidats y participent : Olivier Faure, Raphaël Glucksmann, Jérôme Guedj, Ségolène Royal et Emmanuel Maurel. Le scrutin doit départager des lignes politiques différentes. Il ne fixe toutefois pas automatiquement la stratégie des partis pour les élections législatives.
Ces élections auront lieu après la présidentielle. Elles détermineront la composition de l’Assemblée nationale et donc la capacité du futur chef de l’État à gouverner. Les accords de candidatures, les désistements et la répartition des circonscriptions pourraient devenir décisifs.
Le premier débat télévisé de la primaire a confirmé cette fracture. La question de la relation avec La France insoumise y a occupé une place centrale. Les positions des candidats sur les alliances avec LFI apparaissent désormais comme l’un des principaux critères de distinction.
Olivier Faure veut décider « le moment venu »
Interrogé le vendredi 25 septembre 2026 sur la possibilité de réunir les différentes forces de gauche, Olivier Faure a refusé de prendre un engagement définitif. « Le Parti socialiste décidera seul de ce qu’il fait aux législatives », a-t-il déclaré.
Le premier secrétaire du PS a également estimé qu’« aucun point de vue extérieur ne s’impose » au parti. Selon lui, personne ne connaît encore le contexte politique qui suivra l’élection présidentielle. La décision devra donc être prise lorsque le rapport de force sera connu.
Cette position vise d’abord à préserver l’autonomie du PS. Le parti ne veut pas être enfermé dans une alliance annoncée plusieurs mois à l’avance. Il souhaite pouvoir tenir compte du résultat de la présidentielle, de la dynamique électorale et des rapports de force locaux.
Mais cette autonomie répond aussi à une contrainte interne. Le PS doit réunir des militants et des électeurs qui ne partagent pas tous la même stratégie face à LFI. Une partie défend l’union de toute la gauche. Une autre redoute qu’un accord avec les Insoumis éloigne les électeurs modérés.
Deux stratégies s’opposent face à La France insoumise
Olivier Faure continue de défendre l’idée qu’il n’existe pas de « gauches irréconciliables ». Lors du débat du 23 septembre, il a plaidé pour une gauche capable de se rassembler à l’Assemblée nationale.
Son raisonnement est institutionnel. Une gauche divisée peut gagner des voix à la présidentielle, mais perdre des sièges aux législatives. Dans de nombreuses circonscriptions, plusieurs candidats de gauche au premier tour peuvent empêcher le mieux placé d’atteindre le second.
À l’inverse, Raphaël Glucksmann exclut déjà un accord avec LFI. « Il n’y aura pas d’alliance aux législatives avec LFI », a-t-il affirmé pendant le débat. Pour lui, une alliance avec le mouvement de Jean-Luc Mélenchon empêcherait la gauche de battre l’extrême droite.
Jérôme Guedj partage cette opposition. Il refuse également d’exclure toute coopération avec la gauche, mais écarte une alliance électorale avec LFI dans les conditions actuelles. Ségolène Royal et Emmanuel Maurel, eux, ne ferment pas cette porte.
La différence est donc moins théorique que stratégique. Les partisans de l’union privilégient le total des voix et la conquête d’une majorité parlementaire. Les opposants à l’accord mettent en avant la cohérence politique et la capacité à attirer des électeurs situés au centre gauche.
Faure prend ses distances avec Mélenchon, sans fermer la porte
Olivier Faure cherche toutefois à se distinguer de Jean-Luc Mélenchon. « Je suis candidat à la présidence de la République. Je suis en concurrence avec Jean-Luc Mélenchon », a-t-il rappelé.
Il refuse cependant de faire de cette opposition le centre permanent de sa campagne. « Je ne passe pas ma vie à me définir par rapport à lui », a-t-il ajouté. Cette formule lui permet de défendre une ligne autonome, tout en conservant la possibilité d’un dialogue électoral futur.
Le dirigeant socialiste a cité plusieurs désaccords de fond. Il a critiqué ce qu’il considère comme une politique de « deux poids deux mesures » sur les conflits internationaux. Il a également dénoncé les « logiques complotistes et antisémites » qu’il attribue à certaines prises de position de Jean-Luc Mélenchon.
Il a enfin évoqué l’écologie et la guerre en Ukraine. Selon lui, le projet de bifurcation écologique défendu par LFI serait difficilement compatible avec l’idée de rouvrir le gazoduc Nord Stream avec la Russie.
Une décision qui pèsera sur les électeurs comme sur les élus locaux
Le choix du PS ne concernera pas seulement les états-majors. Dans les circonscriptions, une candidature unique peut faciliter la qualification au second tour. Elle peut aussi imposer à certains élus de renoncer à se présenter ou de soutenir un partenaire.
Les grands partis disposent de réseaux militants et de moyens importants. Les formations plus petites dépendent davantage des accords nationaux pour obtenir des candidatures visibles et conserver des groupes parlementaires.
Pour les électeurs, la situation risque de créer une différence entre le discours national et la réalité locale. Un parti peut exclure une alliance à Paris, puis conclure un accord ponctuel dans une circonscription. Les choix dépendront alors des sortants, des candidats et du niveau de menace de l’extrême droite.
La stratégie comporte aussi un risque électoral. Une union trop large peut mobiliser les électeurs attachés au rassemblement. Elle peut, au contraire, provoquer le départ d’électeurs qui refusent toute proximité avec LFI. Une séparation nette peut clarifier le projet. Elle peut aussi multiplier les candidatures concurrentes.
Après la primaire, le rapport de force changera
La primaire ne tranchera donc pas nécessairement la question des législatives. Elle donnera toutefois un avantage politique au vainqueur. Celui-ci pourra revendiquer une légitimité commune auprès des partenaires et des militants.
Raphaël Glucksmann apparaît comme le candidat le plus clairement opposé à un accord avec LFI. Olivier Faure défend une approche plus ouverte, mais affirme que le PS décidera seul. Le résultat du vote indiquera quelle ligne domine le bloc social-démocrate.
Les prochaines échéances sont précises. Le premier tour de la primaire aura lieu les 9 et 10 octobre 2026. Un second tour éventuel se tiendra les 16 et 17 octobre. Il faudra ensuite observer les discussions entre partis, les sondages et les premières décisions locales.
Le véritable test viendra lorsque les candidats devront passer des principes aux circonscriptions. À ce moment-là, la gauche devra choisir entre une stratégie d’union électorale et une clarification durable de ses frontières politiques.



