Présidentielle 2027 : pourquoi le duel entre Zemmour et Knafo pèse déjà sur le choix des électeurs de droite
Sarah Knafo affirme qu’Éric Zemmour reste le candidat naturel de Reconquête pour 2027. Son influence grandit pourtant, après sa percée électorale et une rentrée très visible, alimentant les interrogations sur l’avenir du parti.

Sarah Knafo soutient Éric Zemmour comme candidat de Reconquête à la présidentielle 2027, tout en renforçant sa propre visibilité politique. Son score de 10,40 % à Paris et ses prises de parole donnent au parti un nouveau visage, sans régler la question de sa stratégie face au RN et à une éventuelle primaire de la droite.
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À moins de deux ans de la présidentielle de 2027, une question se pose déjà chez les électeurs de droite : qui portera les couleurs de Reconquête ? Pour Sarah Knafo, la réponse ne fait pas débat. Ce sera Éric Zemmour.
Un parti qui veut clarifier son casting
Invitée sur RTL le lundi 1er septembre 2025, l’eurodéputée de Reconquête a refusé de se présenter comme une candidate potentielle à l’Élysée. Elle a, au contraire, désigné son compagnon et président du parti.
Éric Zemmour est, selon elle, « le candidat naturel » de Reconquête. Sarah Knafo a ajouté être « absolument consentante » à cette perspective. Elle estime aussi que cette candidature correspond à « sa place » au sein du mouvement.
Cette clarification intervient alors que Sarah Knafo occupe une place croissante dans la communication du parti. À 33 ans, elle est devenue l’une de ses principales figures publiques. Elle siège au Parlement européen depuis 2024 et multiplie les interventions médiatiques.
Le calendrier de sa rentrée illustre cette stratégie. Elle devait publier, le 2 septembre 2025, un livre intitulé Le Casse du siècle. Elle y présente une enquête consacrée à l’utilisation de l’argent public et à la destination des impôts.
La députée européenne devait également participer à l’université d’été de Reconquête. Un déplacement à Menton, dans les Alpes-Maritimes, autour d’un événement lié à Louis Sarkozy figurait aussi parmi ses rendez-vous.
Sarah Knafo, une figure qui dépasse désormais le rôle de second plan
Le positionnement de Sarah Knafo est particulier. Elle ne revendique pas la candidature présidentielle. Pourtant, elle ne se limite plus à un rôle d’organisatrice ou de conseillère dans l’ombre.
Son implantation parisienne lui a donné une visibilité nouvelle. Lors des élections municipales de 2026 à Paris, elle a obtenu 10,40 % des voix au premier tour. Elle s’est ensuite retirée de la course et a appelé à soutenir Rachida Dati face à Emmanuel Grégoire.
Ce résultat ne suffit pas à faire de Sarah Knafo une candidate nationale évidente. Il montre cependant qu’elle peut attirer une partie de l’électorat de droite et de l’extrême droite dans une grande métropole.
Pour Reconquête, cette progression est utile. Le parti reste dirigé par Éric Zemmour, mais son fondateur conserve une image très clivante. Sarah Knafo peut apparaître comme une porte d’entrée différente vers le même espace politique.
Elle adopte un ton plus institutionnel sur certains sujets. Elle met aussi davantage en avant les questions économiques, fiscales et administratives. Cette évolution peut aider le parti à élargir son audience au-delà de son noyau militant.
Mais cette stratégie comporte une limite. La visibilité de Sarah Knafo peut nourrir l’idée d’une succession, même lorsqu’elle affirme soutenir Éric Zemmour. Chaque apparition publique renforce donc à la fois son poids personnel et les interrogations sur l’avenir du mouvement.
Le précédent de 2022 pèse encore
Éric Zemmour dispose d’un argument simple : il a déjà été candidat à la présidentielle. En avril 2022, il avait obtenu 7,07 % des suffrages au premier tour.
Ce score a marqué les esprits. Pendant la campagne, l’ancien éditorialiste avait connu une forte progression dans les enquêtes d’opinion. Il avait même occupé une place importante dans les débats sur la recomposition de la droite.
La dynamique n’avait toutefois pas résisté jusqu’au scrutin. Éric Zemmour avait terminé derrière Marine Le Pen, Éric Ciotti et plusieurs candidats de la droite et du centre. Depuis, Reconquête peine à retrouver le niveau d’attention médiatique de cette campagne.
Le parti a aussi été fragilisé par les départs de plusieurs cadres. Marion Maréchal et d’autres élus ont quitté le mouvement après les élections européennes de 2024. Reconquête a ensuite conservé une influence limitée dans les institutions nationales.
Cette situation explique la prudence de Sarah Knafo. Elle peut défendre la candidature d’Éric Zemmour sans prendre le risque d’ouvrir immédiatement une crise interne. Une candidature personnelle pourrait provoquer une rivalité difficile à contrôler.
Elle permet aussi au parti de maintenir une organisation à deux visages. Éric Zemmour reste le chef et le candidat potentiel. Sarah Knafo incarne, elle, une nouvelle génération plus présente sur le terrain et dans les médias.
Une candidature qui dépend aussi d’une éventuelle primaire
Éric Zemmour n’a pas fermé la porte à une primaire de la droite. Une primaire est un vote organisé pour désigner un candidat commun avant l’élection. Son périmètre reste toutefois très incertain.
Le président de Reconquête a expliqué qu’il serait candidat s’il n’y avait pas de primaire. Il a également affirmé qu’il pourrait participer à une consultation plus large réunissant plusieurs sensibilités de la droite.
Cette hypothèse se heurte à plusieurs obstacles. Les Républicains ne sont pas tous favorables à une compétition ouverte à Reconquête. Certains responsables refusent de placer sur un pied d’égalité la droite traditionnelle et l’extrême droite.
À l’inverse, des élus défendent une primaire allant du centre droit jusqu’à Sarah Knafo. Laurent Wauquiez a notamment évoqué cette possibilité. L’objectif serait de faire émerger un candidat unique face à la gauche et au Rassemblement national.
Le bénéfice serait clair pour les formations qui soutiennent cette idée. Elles pourraient éviter la dispersion des voix au premier tour. Mais le risque serait tout aussi important : une primaire très large pourrait devenir un premier tour anticipé, sans garantie d’accord après le vote.
Pour Reconquête, participer à une telle compétition offrirait une tribune nationale. Le parti pourrait aussi peser sur le programme du candidat commun. En revanche, une défaite d’Éric Zemmour ou de Sarah Knafo réduirait fortement leur capacité de négociation.
Le RN reste le principal concurrent dans le même espace
Reconquête doit enfin composer avec le Rassemblement national. Les deux mouvements défendent des positions proches sur l’immigration, la sécurité et l’identité nationale. Ils se disputent pourtant le leadership de la droite radicale.
Le RN dispose d’un réseau d’élus plus dense et d’une implantation électorale plus solide. Reconquête conserve, de son côté, une ligne plus offensive sur certains sujets culturels et économiques.
Cette concurrence réduit les chances d’un rassemblement durable. En 2024, les discussions entre les différentes composantes de la droite radicale avaient déjà montré leurs désaccords. Le RN avait refusé d’intégrer Reconquête à son alliance électorale.
Dans ce contexte, la candidature d’Éric Zemmour peut servir à maintenir l’identité propre du parti. Mais elle peut aussi limiter ses possibilités d’accord avec d’autres formations.
Ce qu’il faudra surveiller
À court terme, l’attention se portera sur la rentrée politique de Reconquête et sur l’accueil réservé au livre de Sarah Knafo. Ses déplacements permettront aussi de mesurer sa capacité à élargir son audience.
Il faudra surtout suivre les décisions internes du parti. Éric Zemmour confirmera-t-il officiellement sa candidature ? Sarah Knafo restera-t-elle exclusivement dans un rôle de soutien ? Une primaire de la droite prendra-t-elle forme ?
Pour l’instant, le message est net : Sarah Knafo ne revendique pas l’Élysée et Éric Zemmour conserve la priorité. Mais, dans une campagne qui n’a pas encore commencé, les équilibres peuvent encore changer.



