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ÉLECTIONS Le pari d’une gauche recomposée

Présidentielle 2027 : pourquoi Olivier Faure mise sur les électeurs pour dépasser la fracture entre les gauches

Olivier Faure défend une gauche capable de rassembler ses électeurs, tout en refusant un accord immédiat avec Jean-Luc Mélenchon. La primaire sociale-démocrate doit désormais préciser cette stratégie pour 2027.

Élu local anonyme prenant des notes devant une mairie française, dans une scène de débat civique à la lumière douce
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En bref

Olivier Faure distingue la concurrence entre les dirigeants de gauche et les convergences possibles entre leurs électeurs. Il refuse pour l’instant un accord avec Jean-Luc Mélenchon, mais envisage des coopérations après l’élection sur des mesures communes. La primaire sociale-démocrate sera le premier test de cette stratégie.

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Peut-on encore réunir les électeurs de gauche quand leurs dirigeants ne veulent pas faire campagne ensemble ? Pour Olivier Faure, la réponse est oui. Mais cette unité devra passer par les électeurs, et non par un accord immédiat avec Jean-Luc Mélenchon.

Une gauche divisée avant même le premier tour

À quelques mois de l’élection présidentielle de 2027, le camp de gauche avance en ordre dispersé. La France insoumise conserve sa propre stratégie autour de Jean-Luc Mélenchon. Le Parti socialiste et Place publique préparent, de leur côté, une primaire destinée à désigner un candidat social-démocrate.

Cette primaire doit se tenir en octobre. Elle réunit notamment Olivier Faure, Raphaël Glucksmann et Ségolène Royal. Plusieurs parlementaires socialistes sont également engagés dans la course. Le scrutin doit départager des lignes politiques différentes, même si elles se réclament toutes d’un espace de gauche ou de centre gauche.

Le désaccord porte aussi sur les règles. Le coût du vote, fixé à 15 euros, fait débat. Le camp d’Olivier Faure défend un tarif plus accessible. Pour ses partisans, une participation élevée risque d’écarter des électeurs peu politisés ou disposant de faibles revenus. À l’inverse, ses concurrents veulent un processus plus encadré, capable de sélectionner un candidat clairement identifié.

Olivier Faure distingue les électeurs des appareils

Invité de BFM Politique le dimanche 13 septembre, Olivier Faure a voulu séparer deux questions. La première concerne les électeurs. La seconde concerne les candidats et les partis.

« Les électeurs de gauche ne sont pas irréconciliables », a-t-il déclaré. Selon lui, une victoire en 2027 suppose de rassembler « toutes celles et ceux qui se retrouvent à gauche ». Il insiste toutefois sur le rôle des citoyens. Le rassemblement ne se déciderait pas nécessairement par un accord signé entre les états-majors.

Cette distinction lui permet de maintenir un discours d’unité sans proposer d’alliance immédiate avec La France insoumise. Olivier Faure affirme en effet être candidat à l’élection présidentielle. Il rappelle que Jean-Luc Mélenchon est lui aussi candidat. Les deux responsables sont donc, à ce stade, des concurrents.

« Il n’y aura pas d’accord entre nous puisque nous sommes candidats et concurrents », a-t-il résumé. Le premier secrétaire du PS refuse néanmoins de qualifier Jean-Luc Mélenchon d’ennemi. Il le considère comme un adversaire politique, mais réserve cette qualification à l’extrême droite.

Un concurrent, mais pas un ennemi

La nuance est importante. Olivier Faure estime que Jean-Luc Mélenchon ne peut pas gagner l’élection présidentielle de 2027. Il critique donc sa stratégie et son aptitude à élargir son électorat. Cependant, il ne ferme pas totalement la porte à une coopération entre formations de gauche après le scrutin.

Cette position répond à une difficulté concrète. Les électeurs de gauche peuvent partager des priorités sans approuver le même candidat. Le pouvoir d’achat, les services publics, la transition écologique ou les retraites figurent régulièrement parmi leurs préoccupations. Pourtant, les désaccords sur l’Europe, la politique internationale, l’immigration ou les institutions restent profonds.

Une candidature unique pourrait limiter la dispersion des voix au premier tour. Mais elle suppose un accord sur le programme, la méthode et la personne chargée de l’incarner. Or ces trois éléments ne sont pas réunis aujourd’hui.

La rupture entre le PS et La France insoumise complique encore la situation. Depuis plusieurs années, les deux formations coopèrent sur certains textes à l’Assemblée nationale. Elles s’opposent toutefois sur la stratégie électorale et sur la relation à Jean-Luc Mélenchon.

« 80 % de nos votes » à l’Assemblée : ce que cela change

Pour défendre l’idée d’une coopération future, Olivier Faure avance un argument parlementaire. Selon lui, socialistes, communistes, écologistes et insoumis partagent 80 % de leurs votes à l’Assemblée nationale.

Ce chiffre vise à montrer qu’une majorité de gauche pourrait travailler ensemble une fois l’élection passée. Le raisonnement est simple : aucun parti ne pourrait appliquer seul l’intégralité de son programme. Il faudrait donc réunir des forces différentes, parfois concurrentes, mais capables de voter certains textes communs.

Cette perspective bénéficie d’abord au Parti socialiste. Elle permettrait à Olivier Faure de défendre une candidature autonome tout en conservant l’idée d’un débouché collectif. Elle peut aussi rassurer des électeurs qui souhaitent une alternance, mais redoutent une nouvelle division de la gauche.

Pour La France insoumise, le calcul est différent. Participer à un gouvernement dirigé par un socialiste pourrait offrir une influence institutionnelle. En revanche, un soutien sans participation permettrait de conserver une liberté de critique. Olivier Faure n’exclut aucune de ces hypothèses. Il affirme que la décision dépendrait d’abord de l’attitude des insoumis après l’élection.

Les petits partis et les députés non alignés se trouvent eux aussi face à un choix. Une coalition élargie pourrait leur donner un poids supérieur à leur résultat électoral. Mais elle les obligerait à accepter des compromis sur des sujets sensibles. Les électeurs, enfin, devraient comprendre ce que recouvre cette alliance avant de lui accorder leur vote.

La primaire comme test de leadership

Avant de parler de gouvernement, Olivier Faure doit franchir l’étape de la primaire social-démocrate. Le scrutin doit départager plusieurs candidatures. Raphaël Glucksmann défend une ligne plus nettement social-démocrate et européenne. Ségolène Royal s’appuie sur son expérience présidentielle. Les autres candidats cherchent à imposer leurs propres priorités.

Le débat ne porte donc pas seulement sur les personnes. Il concerne aussi la définition de la gauche capable de concourir en 2027. Faut-il privilégier une ligne autonome, éloignée de La France insoumise ? Faut-il chercher un accord plus large, de l’aile sociale-démocrate jusqu’aux écologistes et aux communistes ? Ou faut-il surtout construire une candidature susceptible d’attirer des électeurs situés au centre gauche ?

Les divergences sont déjà visibles sur l’organisation de la primaire. Les discussions portent notamment sur le prix du vote, le nombre de débats et le périmètre politique du scrutin. Ces règles peuvent influencer la participation et donc le profil du candidat désigné.

Les prochaines échéances à surveiller

La première échéance sera la primaire prévue en octobre. Son résultat dira si les électeurs du pôle social-démocrate choisissent l’expérience du Parti socialiste, une ligne plus européenne incarnée par Place publique ou une autre orientation.

Il faudra ensuite observer la réaction de La France insoumise. Jean-Luc Mélenchon maintiendra-t-il sa candidature jusqu’au bout ? Les rapports de force évolueront-ils après la désignation du candidat social-démocrate ? Enfin, les écologistes et les communistes devront préciser s’ils soutiennent cette candidature ou s’ils défendent leur propre stratégie.

Pour Olivier Faure, l’unité de la gauche ne se fera donc pas nécessairement avant le premier tour. Elle pourrait se construire après, autour de votes communs et d’un programme partagé. Mais cette hypothèse dépendra d’abord des résultats de la primaire, puis de la capacité des différents camps à dépasser leur concurrence.

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