Présidentielle 2027 : une primaire peut-elle éviter la dispersion des voix à droite et au centre et changer le choix des électeurs ?
Une majorité des sympathisants de droite et du centre souhaite une primaire pour désigner un candidat commun en 2027. Édouard Philippe domine les évaluations, mais refuse pour l’instant ce mode de sélection.

Le débat sur une candidature unique à droite et au centre prend de l’ampleur avant 2027. Une enquête mesure 70 % de soutien à une primaire parmi les sympathisants concernés, avec une préférence pour un scrutin ouvert. Édouard Philippe est le mieux évalué, devant Bruno Retailleau et Gabriel Attal, mais il rejette cette option.
Un prompt optimisé est pré-rempli pour chaque moteur. Les résultats générés par l'IA peuvent différer du contenu original.
À droite et au centre, une question se pose déjà aux électeurs : faut-il choisir un seul candidat pour éviter la dispersion au premier tour de la présidentielle de 2027 ? Une majorité des sympathisants concernés répond oui. Mais les personnalités susceptibles de participer au processus ne sont pas d’accord sur la méthode.
Une primaire largement souhaitée par les sympathisants
Selon une enquête Odoxa-Backbone pour Le Figaro, publiée le 9 septembre 2026, 70 % des sympathisants de la droite et du centre sont favorables à une primaire pour désigner un candidat commun à l’élection présidentielle.
Le soutien dépasse le seul cercle des militants. Parmi ces sympathisants, 64 % préfèrent une primaire ouverte. Dans ce système, tous les électeurs qui se reconnaissent dans le périmètre politique défini pourraient voter, et pas seulement les adhérents des partis. À l’inverse, 35 % souhaitent réserver le scrutin aux membres encartés.
À l’échelle de l’ensemble des Français, l’idée reste également majoritaire, mais avec un niveau de soutien plus faible : 61 % des personnes interrogées y sont favorables. Le sujet intéresse donc au-delà de la droite et du centre, même si ses modalités restent à préciser.
L’enquête a été réalisée les 8 et 9 septembre auprès de 1 005 personnes représentatives de la population française. La méthode des quotas a été utilisée. La marge d’erreur annoncée est de 2,5 points.
Édouard Philippe en position de force
Dans l’hypothèse d’une primaire, Édouard Philippe apparaît comme le candidat le mieux évalué par les sympathisants de la droite et du centre. 67 % d’entre eux estiment qu’il « ferait un bon candidat ».
L’ancien Premier ministre devance Bruno Retailleau, président des Républicains, qui obtient 60 %. Gabriel Attal, secrétaire général de Renaissance, arrive derrière eux avec 48 % d’opinions favorables.
Le rapport de force est encore plus net chez les sympathisants de Renaissance. Édouard Philippe y recueille 81 % d’opinions favorables, contre 75 % pour Gabriel Attal. Ce résultat montre que le maire du Havre dépasse son propre parti dans une partie de l’électorat du centre.
Ces chiffres ne constituent pas un résultat électoral. Ils mesurent une perception à un moment donné, avant une éventuelle campagne et avant la présentation détaillée des programmes. Ils donnent toutefois un avantage politique à Édouard Philippe dans le débat sur une candidature commune.
Le principe divise déjà les candidats
Hervé Morin, président de la région Normandie, veut profiter de cette fenêtre pour pousser les principaux prétendants à s’entendre. Il a écrit à Édouard Philippe, Gabriel Attal, Bruno Retailleau et David Lisnard afin de leur proposer une primaire ouverte avant la fin de l’année 2026.
Son objectif est de départager les candidatures de la droite et du centre avant le début de la campagne présidentielle. Une telle procédure permettrait, en théorie, d’éviter que plusieurs candidats proches politiquement se partagent les mêmes électeurs au premier tour.
Gabriel Attal et Bruno Retailleau ne ferment pas la porte à l’idée. Leurs positions ne signifient pas pour autant qu’ils acceptent déjà les règles, le calendrier ou l’organisation proposés. Une primaire suppose en effet un accord sur le corps électoral, le financement, les débats et la reconnaissance du résultat.
Édouard Philippe, lui, refuse ce scénario. Sa position s’explique aussi par sa situation dans les enquêtes d’opinion : le candidat le mieux placé aurait davantage à perdre dans un vote interne. Une primaire pourrait renforcer sa légitimité, mais elle pourrait aussi créer une campagne très conflictuelle ou remettre en cause son avance actuelle.
Un mécanisme qui ne règle pas tout
Une primaire ne suffit pas à construire une majorité présidentielle. Elle peut désigner un candidat, mais elle ne garantit ni le rassemblement des partis ni celui des électeurs. Le candidat battu doit ensuite accepter de soutenir le vainqueur. Les équipes doivent également renoncer à leurs stratégies concurrentes.
Le précédent de la primaire de la droite et du centre de 2016 nourrit cette réflexion. François Fillon avait remporté le scrutin face à Alain Juppé, puis affronté une campagne présidentielle marquée par une forte crise politique et judiciaire. Cet épisode a laissé des responsables de droite prudents face à l’idée d’un vote interne très exposé médiatiquement.
Le choix d’une primaire ouverte comporte aussi une difficulté pratique. Plus le corps électoral est large, plus le résultat peut refléter une mobilisation extérieure aux partis organisateurs. À l’inverse, une primaire réservée aux adhérents donnerait davantage de poids aux appareils politiques et aux militants les plus mobilisés.
Le coût de l’organisation pèserait enfin sur les formations participantes. Il faudrait financer les bureaux de vote, établir des règles communes et contrôler les inscriptions. Les grands partis disposent de réseaux et de moyens pour le faire. Les mouvements plus petits pourraient avoir du mal à peser dans la définition du scrutin.
Des intérêts politiques difficiles à concilier
Pour les partisans d’une candidature unique, l’enjeu est d’éviter une élimination dès le premier tour. Plusieurs candidatures issues du même espace politique pourraient diviser les voix et réduire les chances d’accéder au second tour. Cette stratégie bénéficie surtout aux responsables qui défendent un rassemblement large, de la droite républicaine au centre.
Pour les candidats qui veulent incarner une rupture, la primaire peut au contraire sembler contraignante. Bruno Retailleau cherche à distinguer la droite de la majorité présidentielle. Gabriel Attal doit préserver l’identité de Renaissance tout en restant capable de rassembler au-delà de son parti. David Lisnard défend, de son côté, une ligne libérale et une candidature indépendante.
Édouard Philippe se trouve au croisement de ces stratégies. Son profil peut attirer une partie du centre, de la droite modérée et des électeurs qui recherchent une figure expérimentée. Mais cette position peut aussi nourrir la méfiance de ceux qui veulent tourner la page du macronisme ou imposer une orientation plus nettement conservatrice.
Le débat ne porte donc pas seulement sur une procédure électorale. Il concerne la ligne politique du futur candidat, son rapport au bilan d’Emmanuel Macron et sa capacité à réunir des électorats dont les priorités diffèrent, notamment sur l’immigration, les finances publiques, l’Europe et les services publics.
Le prochain test : passer de l’idée aux règles
Dans les prochaines semaines, l’enjeu sera de savoir si les quatre personnalités sollicitées acceptent de discuter autour d’une même table. L’appel d’Hervé Morin devra être suivi de propositions concrètes : calendrier, électeurs autorisés à voter, financement et engagement des candidats à respecter le résultat.
La réunion annoncée par Édouard Philippe en novembre 2026 pourrait constituer une première échéance. Elle permettra de mesurer si la primaire devient un véritable outil de rassemblement ou reste un thème de campagne utilisé par chaque camp pour mettre ses rivaux sous pression.



