Primaire de gauche : ce que le soutien d’Anne Hidalgo à Raphaël Glucksmann change pour les électeurs en 2027
Anne Hidalgo soutient Raphaël Glucksmann pour la primaire de la gauche, au nom de l’écologie et du refus de l’extrême droite. Le scrutin d’octobre devra départager plusieurs candidatures avant la présidentielle de 2027.

Anne Hidalgo annonce qu’elle votera pour Raphaël Glucksmann lors de la primaire prévue en octobre. Elle justifie ce choix par la place accordée à l’écologie et par la nécessité de barrer la route à l’extrême droite. Pour les électeurs, le scrutin doit surtout clarifier la ligne et la capacité de rassemblement de la gauche en vue de 2027.
Un prompt optimisé est pré-rempli pour chaque moteur. Les résultats générés par l'IA peuvent différer du contenu original.
Pour un électeur de gauche, le choix du prochain candidat à la présidentielle ne se joue pas seulement sur un nom. Il dépend aussi d’une question centrale : quelle ligne politique peut répondre à l’urgence écologique tout en évitant une nouvelle dispersion des voix ? Anne Hidalgo a clairement choisi son camp.
Anne Hidalgo soutient Raphaël Glucksmann
Invitée sur France Inter le mercredi 9 septembre, l’ancienne maire socialiste de Paris a annoncé qu’elle participerait à titre personnel à la primaire de la gauche. Elle a précisé qu’elle voterait pour Raphaël Glucksmann, président de Place publique et député européen.
« Je vais participer à la primaire à titre personnel et je vais voter pour Raphaël Glucksmann, évidemment », a-t-elle déclaré. Elle a expliqué voir en lui « la personne qui aujourd’hui porte les ambitions écologiques », ajoutant qu’il serait « le seul à le faire » parmi les candidats en lice.
Cette prise de position ne constitue pas une surprise totale. Anne Hidalgo et Raphaël Glucksmann avaient déjà travaillé ensemble lors des élections européennes de 2019. L’eurodéputé conduisait alors une liste soutenue par le Parti socialiste et Place publique.
Leur trajectoire politique n’a toutefois pas toujours été alignée. En 2022, Raphaël Glucksmann et Place publique n’avaient soutenu aucun candidat à l’élection présidentielle. Anne Hidalgo avait obtenu 1,75 % des suffrages au premier tour.
Un soutien placé sous le signe du barrage à l’extrême droite
Anne Hidalgo n’a pas présenté son choix comme un simple rapprochement personnel. Elle l’a inscrit dans une séquence politique qu’elle juge décisive. « Je pense que nous sommes à un moment crucial. Il faut absolument éviter que l’extrême droite n’accède au pouvoir », a-t-elle affirmé.
Ce raisonnement donne à son soutien une double portée. D’un côté, l’ancienne maire de Paris met en avant le projet écologique de Raphaël Glucksmann. De l’autre, elle souhaite contribuer à faire émerger un candidat capable de rassembler une partie de la gauche face à l’extrême droite.
Anne Hidalgo a également dit espérer que Raphaël Glucksmann obtiendrait un meilleur résultat qu’elle en 2022. Elle a toutefois assuré ne pas avoir de conseil particulier à lui donner. Son intervention ressemble donc davantage à un appui public qu’à une volonté de participer directement à sa campagne.
Pour Raphaël Glucksmann, ce soutien apporte une reconnaissance supplémentaire dans le camp social-démocrate. Il bénéficie déjà de la visibilité acquise lors des élections européennes de 2024, où la liste qu’il conduisait avec les socialistes avait obtenu 13,83 % des voix. Mais l’appui d’Anne Hidalgo reste avant tout symbolique. Il ne garantit ni une victoire dans la primaire ni une mobilisation automatique des électeurs parisiens ou socialistes.
Une primaire encore en construction
La primaire doit désigner le représentant du Parti socialiste et de ses partenaires pour l’élection présidentielle de 2027. Son organisation s’inscrit dans un espace présenté comme socialiste et démocratique. Elle ne réunit donc pas toute la gauche.
Cette précision est importante. Les forces de gauche ne partagent pas toutes la même stratégie. Certaines défendent une ligne sociale-démocrate, européenne et réformiste. D’autres souhaitent un rassemblement plus large, incluant des responsables situés plus à gauche. Le périmètre retenu pour la primaire limite donc les candidatures possibles et influence déjà le rapport de force.
Le Parti socialiste a transmis une « Charte commune » aux candidats et candidates. Sa signature doit permettre de participer au processus et de prétendre à l’investiture. La date limite de dépôt des candidatures est fixée au 15 septembre.
Le scrutin doit se tenir en octobre. Les modalités annoncées prévoient deux tours, les 9 et 10 octobre puis les 16 et 17 octobre. Le vote doit se dérouler en ligne et concerner les adhérents ainsi que les sympathisants admis dans le cadre défini par les organisations participantes.
Le nombre de candidats peut encore évoluer avant la clôture officielle. Plusieurs personnalités ont déjà annoncé leur intention de concourir, tandis que d’autres discussions restent ouvertes. Cette incertitude entretient la compétition, mais elle complique aussi la lecture du scrutin pour les électeurs.
Glucksmann favori, mais une ligne contestée
Raphaël Glucksmann apparaît aujourd’hui comme la figure la plus connue de cette primaire. Sa campagne européenne lui a donné une audience nationale. Il défend une gauche attachée à l’Union européenne, à l’aide à l’Ukraine, à la défense de l’État de droit et à une économie plus protectrice.
Cette orientation peut bénéficier aux électeurs qui recherchent une alternative au macronisme sans se rapprocher de La France insoumise. Elle s’adresse aussi à ceux qui veulent une gauche clairement opposée à l’extrême droite tout en conservant une ligne européenne et institutionnelle.
Mais cette position rencontre des critiques. À gauche, certains responsables lui reprochent une ligne jugée trop étroite et trop éloignée des préoccupations sociales immédiates. Le niveau des salaires, le coût du logement, les services publics et la fiscalité restent des sujets déterminants pour les classes populaires et les territoires ruraux.
Le débat écologique lui-même ne se limite pas à l’affichage d’objectifs. La transition impose des investissements, des changements dans les transports et parfois des contraintes nouvelles pour les ménages et les entreprises. Les grandes collectivités et les acteurs économiques disposent de moyens différents pour s’adapter. Un programme écologique crédible devra donc préciser qui finance les transformations et comment les efforts sont répartis.
Les autres candidats peuvent justement chercher à déplacer le débat. Ségolène Royal s’appuie sur son expérience gouvernementale et présidentielle. Philippe Brun veut défendre une orientation davantage centrée sur le pouvoir d’achat et les classes populaires. Jérôme Guedj met en avant son expérience parlementaire et ses positions critiques envers certaines stratégies de la gauche. Fabien Verdier et Emmanuel Maurel peuvent, eux aussi, contribuer à élargir les thèmes et les sensibilités représentés.
Cette diversité constitue une richesse démocratique. Elle peut toutefois devenir une faiblesse si la primaire se transforme en affrontement de personnes sans clarification programmatique. Pour les électeurs, l’enjeu sera de distinguer les désaccords réels des seules rivalités d’appareil.
Les prochaines étapes seront décisives
Le premier rendez-vous est fixé au 15 septembre, date limite de dépôt des candidatures. La liste définitive permettra de mesurer la profondeur réelle de la compétition et les équilibres entre les différentes sensibilités.
Il faudra ensuite surveiller la campagne, les débats et les règles de participation. Le mode de scrutin, le nombre de votants et la capacité des candidats à mobiliser au-delà des adhérents du Parti socialiste pèseront directement sur le résultat.
Enfin, la question la plus délicate viendra après la primaire. Le vainqueur devra rassembler les socialistes et leurs partenaires, puis convaincre des électeurs situés en dehors de cet espace politique. Le soutien d’Anne Hidalgo donne à Raphaël Glucksmann un appui visible. Il ne répond pas encore à la question essentielle : quelle coalition de gauche pourra réellement se présenter unie en 2027 ?



