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ÉLECTIONS Le rassemblement introuvable

Primaire de la gauche : le candidat choisi pourra-t-il vraiment rassembler les électeurs avant la présidentielle de 2027 ?

La primaire organisée par le PS et Place publique exclut les Écologistes, qui contestent sa portée. Entre candidatures concurrentes et éventuel retour de François Hollande, le vainqueur devra encore convaincre au-delà de son propre camp.

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En bref

Le Parti socialiste et Place publique organiseront en octobre une primaire fermée pour choisir leur candidat à la présidentielle de 2027. Les Écologistes, écartés du vote, contestent sa portée, tandis que François Hollande pourrait rester en embuscade si le vainqueur ne parvient pas à créer une dynamique électorale.

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Pour un électeur de gauche, une question se pose déjà : à quoi servira une primaire si le candidat désigné peut être contesté quelques semaines plus tard ? C’est précisément le doute soulevé par Marine Tondelier, alors que le Parti socialiste prépare avec Place publique une désignation pour la présidentielle de 2027.

Une primaire née d’un désaccord à gauche

Le scrutin doit départager les candidats les 9 et 10 octobre, puis les 16 et 17 octobre 2026 en cas de second tour. Il ne s’agit pas d’une primaire ouverte à tous les électeurs de gauche. Le vote est réservé aux adhérents du Parti socialiste, de Place publique et des formations associées au processus, avec une adhésion fixée à 15 euros pour les participants occasionnels.

Ce format fermé a été choisi après plusieurs mois de débats internes au PS. Olivier Faure défendait une consultation plus large, ouverte aux sympathisants. Les militants socialistes ont finalement retenu une procédure plus restreinte, approuvée à 55,5 % des voix le 9 juillet 2026.

Cette décision a fixé le périmètre de la compétition. Elle a aussi écarté plusieurs acteurs qui souhaitaient participer à une démarche plus large, allant de la gauche sociale-démocrate aux écologistes, voire à certaines figures de la gauche radicale.

Une primaire est un vote organisé par des partis pour choisir un candidat avant une élection. Elle peut clarifier une offre politique. Mais elle peut aussi créer une nouvelle bataille si les perdants refusent de soutenir le vainqueur.

Marine Tondelier critique un processus « sans nous »

À la Fête de l’Humanité, organisée les 12 et 13 septembre 2026 dans l’Essonne, Marine Tondelier a vivement réagi au dispositif. La secrétaire nationale des Écologistes a ironisé sur la solidité de la candidature qui sortira des urnes.

« On ne sait pas combien de temps il sera candidat », a-t-elle déclaré à son arrivée. Dans une publication vidéo diffusée sur Instagram, elle a également estimé que les organisateurs avaient décidé de mener cette primaire « sans nous ».

Son message est politique autant qu’organisationnel. Les Écologistes refusent de considérer cette primaire comme le cadre naturel de rassemblement de la gauche. Pour Marine Tondelier, le processus concerne d’abord le PS et Place publique. Il ne peut donc pas prétendre représenter toute la gauche non macroniste.

« C’est leur histoire, c’est leur sujet, ça ne nous concerne pas à ce stade », a-t-elle ajouté. La dirigeante écologiste a toutefois laissé entendre que son parti pourrait examiner la situation plus tard, lorsque les promoteurs de la primaire auront précisé leur stratégie.

Les Écologistes défendent, de leur côté, l’idée d’une candidature capable de rassembler davantage de forces autour des enjeux sociaux et environnementaux. Leur intérêt est d’éviter que l’écologie soit réduite à un soutien secondaire à un candidat issu du PS ou de Place publique.

Glucksmann en position favorable, Faure veut exister

Raphaël Glucksmann apparaît comme l’un des principaux prétendants. Le coprésident de Place publique a annoncé sa candidature le 23 août 2026. Son parti espère transformer ses résultats européens en dynamique nationale.

Olivier Faure participe également à la compétition. Le premier secrétaire du PS a annoncé sa candidature le 30 août. Il entend défendre l’ancrage socialiste du processus et préserver le rôle de son parti dans le choix du futur candidat.

D’autres personnalités sont engagées, notamment Ségolène Royal, Philippe Brun et Jérôme Guedj. Selon le calendrier rendu public, plusieurs autres candidatures ont aussi été annoncées début septembre, ce qui pourrait élargir encore le débat sur la ligne politique à adopter.

Les différences ne portent pas seulement sur les personnes. Elles concernent aussi le rapport à l’Europe, la place de l’écologie, la stratégie face à La France insoumise et le type d’union recherché. Pour certains candidats, le rassemblement doit se construire autour d’un projet social-démocrate clair. Pour d’autres, il doit rester suffisamment large pour attirer des électeurs écologistes et sociaux.

Le résultat dépendra donc autant de la participation que de la notoriété des candidats. Un scrutin fermé peut favoriser les responsables disposant d’un réseau militant organisé. Il limite en revanche la capacité à mesurer l’adhésion réelle de l’ensemble de l’électorat de gauche.

Le risque d’un candidat désigné mais contesté

C’est le point central de la critique de Marine Tondelier. Un candidat peut remporter une primaire et ne pas obtenir, ensuite, le soutien de tous les partis qui se réclament de la gauche. Dans ce cas, la désignation ne produit pas une candidature commune. Elle ajoute simplement un candidat de plus dans une compétition déjà fragmentée.

Le risque est particulièrement important pour les formations absentes du vote. Les Écologistes ne veulent pas être liées à un résultat qu’elles n’auront pas contribué à produire. Leur marge de manœuvre dépendra de l’identité du vainqueur, de son programme et de sa capacité à intégrer les priorités écologistes.

Les petits partis sont les plus exposés dans ce type de mécanisme. Ils peuvent gagner en visibilité en participant, mais perdre une partie de leur autonomie. Les grandes formations, elles, disposent de davantage de militants, d’élus et de ressources pour imposer leur ligne.

Le calendrier complique encore la situation. François Hollande ne participe pas à la primaire. L’ancien président socialiste laisse ouverte l’hypothèse d’une candidature personnelle, notamment si le vainqueur ne parvient pas à créer une dynamique dans les sondages et dans l’opinion.

Cette possibilité nourrit la méfiance des soutiens de Raphaël Glucksmann. Ils redoutent qu’un candidat extérieur utilise la primaire comme un test grandeur nature avant de se lancer à son tour. À l’inverse, les proches de François Hollande peuvent considérer qu’une candidature reste légitime si le processus ne permet pas de faire émerger un prétendant suffisamment solide.

Une gauche encore loin d’un accord général

La critique écologiste ne signifie pas que Marine Tondelier renonce à toute discussion. Elle montre plutôt que les conditions du rassemblement ne sont pas réunies. Le désaccord porte sur la méthode, mais aussi sur le périmètre politique.

Raphaël Glucksmann invite les écologistes à rejoindre une gauche démocratique et européenne. Il défend une ligne distincte de La France insoumise et insiste sur le rôle de l’Europe dans la transition écologique.

Les Écologistes cherchent, eux, à préserver un espace politique autonome. Leur stratégie devra tenir compte de deux contraintes. Ils doivent éviter la dispersion des candidatures, tout en refusant de disparaître derrière un candidat socialiste ou social-démocrate.

Pour les électeurs, l’enjeu dépasse donc le seul nom du vainqueur. Ils devront savoir si celui-ci pourra rassembler les partis absents de la primaire, obtenir le retrait des candidatures concurrentes et installer une campagne crédible avant le scrutin présidentiel de 2027.

Les prochaines échéances à surveiller

La première échéance sera le dépôt définitif des candidatures et la campagne interne qui précédera le vote d’octobre. Les débats permettront de mesurer les écarts entre les prétendants et de préciser les règles de soutien au vainqueur.

Il faudra ensuite observer la réaction des Écologistes et des autres forces de gauche après le second tour des 16 et 17 octobre. Leur décision pourrait déterminer la portée réelle de la primaire.

Enfin, la position de François Hollande restera un facteur de tension. Une déclaration à la fin de l’année 2026 pourrait bouleverser l’équilibre construit autour du scrutin. La question posée par Marine Tondelier restera alors entière : le vainqueur sera-t-il le candidat d’une coalition, ou seulement celui d’une primaire ?

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