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MUNICIPALITéS La probité publique sous tension

À Saint-Denis, l’enquête sur l’emploi de Bally Bagayoko à la RATP met la probité publique au cœur du débat local

Le parquet national financier enquête sur les conditions d’emploi de Bally Bagayoko à la RATP. Soutenu par Mathilde Panot, le maire de Saint-Denis dénonce un acharnement politique, tandis que la justice vérifie un possible détournement de fonds publics.

Journaliste préparant une enquête locale dans une rédaction française, avec carnet, micro et carte floue sur le bureau
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En bref

Le parquet national financier examine les conditions d’emploi de Bally Bagayoko à la RATP, alors que l’élu exerçait plusieurs mandats locaux. La procédure, déclenchée après une plainte d’AC!! Anti-Corruption, porte notamment sur un possible détournement de fonds publics. Mathilde Panot dénonce une campagne politique et raciste, tandis que la présomption d’innocence demeure.

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Que se passe-t-il lorsqu’un élu cumule un mandat local avec un emploi dans une grande entreprise publique ? À Saint-Denis, cette question prend désormais une dimension judiciaire. Le maire La France insoumise Bally Bagayoko fait l’objet d’une enquête préliminaire sur les conditions de son emploi à la RATP.

Une enquête ouverte par le parquet national financier

Le parquet national financier a annoncé, lundi 24 août 2026, l’ouverture d’investigations visant notamment des faits susceptibles de relever du détournement de fonds publics.

La procédure porte sur les conditions d’emploi de Bally Bagayoko au sein de la RATP, alors qu’il exerçait parallèlement plusieurs fonctions électives en Seine-Saint-Denis.

Le PNF indique vouloir effectuer les « vérifications utiles concernant les conditions d’emploi » de l’élu dans la régie des transports parisiens. À ce stade, il s’agit d’une enquête préliminaire. Bally Bagayoko n’est donc ni mis en examen ni condamné.

Cette étape permet aux enquêteurs de recueillir des documents, d’entendre des témoins et de vérifier la réalité des faits signalés. Elle peut déboucher sur un classement sans suite, sur l’ouverture d’une information judiciaire ou sur d’autres suites pénales.

Le cumul entre emploi et mandats au cœur du dossier

Les investigations cherchent à déterminer comment l’élu a pu organiser son activité professionnelle à la RATP avec ses mandats locaux.

Bally Bagayoko a notamment été adjoint au maire de Saint-Denis et vice-président du conseil départemental de la Seine-Saint-Denis. Il a ensuite été élu maire de Saint-Denis en 2026.

Un mandat local n’interdit pas automatiquement de conserver une activité professionnelle. Les élus peuvent bénéficier d’autorisations d’absence, d’aménagements du temps de travail ou de dispositifs leur permettant d’exercer leurs fonctions publiques.

La question est toutefois différente si un salaire a été versé sans contrepartie professionnelle réelle, ou si les règles applicables au cumul des activités n’ont pas été respectées. C’est précisément ce que la justice doit établir.

Le dossier est lié à une plainte déposée par l’association AC!! Anti-Corruption. Cette démarche faisait suite à des révélations publiques évoquant un possible emploi fictif et des interrogations sur le cumul entre le poste occupé à la RATP et les responsabilités politiques de Bally Bagayoko.

Ce que l’enquête doit vérifier concrètement

Les enquêteurs pourraient examiner les contrats de travail, les fiches de poste, les horaires déclarés, les absences liées aux mandats et les éléments attestant du travail réellement effectué.

Ils devront aussi déterminer qui validait les horaires et les congés, dans quelles conditions les absences étaient accordées et si l’organisation retenue correspondait aux règles internes de la RATP.

Le terme de détournement de fonds publics ne signifie pas nécessairement qu’une somme a déjà été détournée. Il désigne une qualification pénale étudiée par les enquêteurs lorsqu’un argent public aurait pu être utilisé contrairement à sa destination.

La RATP, entreprise chargée d’une mission de service public, est directement concernée. Si des irrégularités étaient établies, elles pourraient poser des questions sur ses procédures de contrôle et sur la gestion des emplois occupés par des élus.

Pour les contribuables et les usagers, l’enjeu dépasse le cas personnel du maire. Il touche à l’utilisation de fonds liés à un opérateur public et à la confiance accordée aux institutions locales.

Le sujet comporte aussi une dimension pratique. Les petites communes et les collectivités populaires disposent souvent de moyens humains plus limités. Les élus y cumulent parfois responsabilités publiques et activité professionnelle. Le contrôle doit donc distinguer les aménagements légaux d’un éventuel emploi sans activité réelle.

Mathilde Panot dénonce un « acharnement politique »

Interrogée mardi 25 août 2026 sur BFMTV-RMC, Mathilde Panot a apporté « tout son soutien » à Bally Bagayoko.

La présidente du groupe LFI à l’Assemblée nationale a dénoncé « un acharnement politique et une campagne raciste depuis son élection ». Elle a jugé ces attaques « absolument inadmissibles ».

Cette défense s’inscrit dans une réaction plus large de responsables insoumis. Ils estiment que le maire de Saint-Denis est ciblé pour ses positions politiques et pour son profil d’élu noir issu d’un territoire populaire.

De son côté, Bally Bagayoko conteste les soupçons. Son entourage le décrit comme serein quant à l’issue de la procédure. L’élu a déjà dénoncé une volonté de le discréditer politiquement.

La présomption d’innocence s’applique pleinement. Une enquête ne permet pas, à elle seule, de conclure à la réalité d’un détournement de fonds publics ou d’un emploi fictif.

Une association se félicite de l’ouverture de la procédure

La plainte à l’origine de la procédure est portée par AC!! Anti-Corruption, une association qui intervient sur des dossiers liés à la probité publique.

Son président, Marcel Claude, s’est déclaré « très satisfait » de l’ouverture de l’enquête. Il considère que les éléments réunis justifiaient une vérification judiciaire.

Cette position constitue la principale voix critique connue dans le dossier. L’association estime que les interrogations sur l’emploi à la RATP ne peuvent pas être réglées uniquement par le débat politique.

Le contraste entre les deux camps est net. Les soutiens de Bally Bagayoko parlent de pression politique et de racisme. L’association plaignante insiste sur la nécessité de contrôler l’usage de l’argent public, quelle que soit l’étiquette de l’élu concerné.

Ces deux dimensions ne s’excluent pas forcément. La justice devra examiner les faits avec des éléments vérifiables. Le débat public, lui, devra éviter de transformer une enquête en condamnation avant tout jugement.

Les prochaines étapes à surveiller

Dans les prochaines semaines, les enquêteurs devraient chercher à obtenir les documents liés à l’emploi de Bally Bagayoko et à ses absences pour mandat électif.

La RATP pourrait également être sollicitée afin de préciser le cadre contractuel, les fonctions exercées et les règles appliquées aux agents titulaires de mandats locaux.

Le parquet national financier devra ensuite décider de l’orientation de la procédure. Il pourra poursuivre les investigations, classer le dossier ou saisir un juge d’instruction si les éléments recueillis le justifient.

Le point central restera le même : les responsabilités politiques de Bally Bagayoko étaient-elles compatibles, dans les faits, avec son emploi à la RATP ? La réponse dépendra des pièces réunies et non des déclarations de soutien ou de dénonciation.

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