Aller au contenu
POLITIQUE LOCALE La succession au cœur des équilibres locaux

Qui pèsera sur les services du Vaucluse après le départ de Dominique Santoni ? Le vote du conseil départemental est fixé au 2 novembre

Après l’élection de Dominique Santoni au Sénat, les conseillers départementaux du Vaucluse choisiront son successeur le 2 novembre. Christian Mounier est pressenti, tandis que la gauche tente de s’accorder sur une candidature commune.

Pupitres, micros et sièges inoccupés dans une salle de délibération départementale aux grandes fenêtres.
Résumer avec une IA — Obtenez un résumé personnalisé en un clic
En bref

Dominique Santoni quitte la présidence du conseil départemental du Vaucluse après son élection au Sénat, tout en pouvant conserver son siège de conseillère départementale. Les élus voteront le 2 novembre ; Christian Mounier est pressenti et la gauche travaille à une candidature commune. Le résultat pèsera sur la conduite des compétences départementales, des solidarités aux collèges et aux routes.

Un prompt optimisé est pré-rempli pour chaque moteur. Les résultats générés par l'IA peuvent différer du contenu original.

Qui décidera demain des priorités pour les collèges, les routes et les solidarités dans le Vaucluse ? Le changement à la tête du Département concerne directement ces services, même si les habitants ne retourneront pas voter.

L’élection du prochain président du conseil départemental aura lieu le lundi 2 novembre. Elle doit permettre de remplacer Dominique Santoni, élue sénatrice, qui quitte une présidence occupée depuis 2021. Derrière cette succession se jouent deux questions : la continuité de la majorité et la capacité de l’opposition à peser.

Pourquoi Dominique Santoni doit quitter la présidence

Ce départ découle des règles sur le non-cumul des mandats. Un parlementaire ne peut pas diriger simultanément un exécutif local, c’est-à-dire exercer notamment les fonctions de maire ou de président de département. Cette incompatibilité concerne aussi les vice-présidences départementales, comme le précise le ministère de l’Intérieur sur les incompatibilités des mandats électifs.

En revanche, Dominique Santoni peut conserver son mandat de conseillère départementale du canton d’Apt. La distinction compte : elle abandonne la direction de la collectivité, pas nécessairement sa place dans l’assemblée. Son ancrage local remonte notamment à ses années à la mairie d’Apt, de 2015 à 2021.

Depuis le 19 octobre, Thierry Lagneau assure l’intérim. Premier vice-président du Département et maire de Sorgues, il avait la responsabilité de fixer la date du scrutin. Cette transition permet de maintenir une direction politique jusqu’à l’élection du successeur.

Un vote des conseillers, pas une nouvelle élection départementale

Le 2 novembre, les électeurs ne choisiront donc pas directement le nouveau président. Ce sont les conseillers départementaux qui voteront. Le changement de présidence ne renouvelle pas leurs mandats et ne remet pas, à lui seul, tous les sièges en jeu.

Les règles favorisent d’abord la recherche d’une majorité solide. Aux deux premiers tours, un candidat doit réunir la majorité absolue des membres du conseil, soit plus de la moitié. Si personne n’y parvient, le troisième tour se déroule à la majorité relative : le candidat arrivé en tête l’emporte. En cas d’égalité, le plus âgé gagne, prévoit le Code général des collectivités territoriales sur l’élection du président départemental.

Dans ce cadre, chaque candidature dépend des soutiens qu’elle rassemble parmi les élus. La notoriété publique ne suffit pas. L’enjeu consiste à obtenir des voix dans l’assemblée, puis à constituer une équipe capable de conduire les décisions départementales.

Christian Mounier pressenti, la gauche cherche un accord

Christian Mounier, vice-président chargé de l’agriculture, devrait se présenter. Proche de Dominique Santoni, il incarne une perspective de continuité au sein de la majorité. Sa candidature reste toutefois à distinguer d’une élection acquise : seul le vote des conseillers désignera le prochain président.

Pour la majorité sortante, une succession interne préserverait la direction politique du Département. Elle permettrait aussi de défendre le bilan engagé depuis 2021 sans ouvrir une nouvelle séquence électorale devant les habitants. Le bénéfice politique serait donc d’abord celui de la stabilité de l’équipe au pouvoir.

À gauche, la question porte sur une candidature commune. Les élus départementaux de gauche se sont réunis le 6 octobre pour tenter de s’accorder. Cette rencontre ouvre une possibilité de rassemblement, mais elle ne permet pas encore d’affirmer qu’un nom fera consensus.

L’intérêt de l’opposition est différent : éviter la dispersion et donner une traduction visible à son désaccord avec la majorité. Une candidature commune lui offrirait une occasion de défendre d’autres priorités. Aucun programme précis ne peut cependant lui être attribué à ce stade.

Des responsabilités très concrètes pour les habitants

La présidence départementale ne se résume pas à une fonction de représentation. L’institution intervient dans l’aide aux personnes âgées ou handicapées, la protection de l’enfance et l’insertion. Elle prend également en charge les bâtiments des collèges et les routes départementales. Ces missions figurent dans la présentation des compétences du Département de Vaucluse.

Les conséquences des arbitrages ne sont donc pas identiques pour tous. Une personne âgée dépendante attend un accompagnement adapté. Une famille avec un collégien dépend aussi de l’entretien des établissements. Pour une commune aidée dans ses équipements, l’enjeu concerne les financements disponibles et le calendrier des projets.

La proximité des services constitue un autre point concret. Le Département présente ses espaces départementaux des solidarités comme des lieux d’accompagnement financier, familial et administratif. Ils proposent notamment une aide pour accéder aux droits et effectuer des démarches numériques. Les habitants confrontés à ces difficultés ont ainsi des attentes différentes de celles des porteurs de projets d’investissement.

Une succession sous contrainte financière

Le prochain président héritera également de contraintes budgétaires. Le rapport de présentation du budget 2025 du Vaucluse décrivait une hausse des dépenses sociales et un recul des droits de mutation. Ces recettes liées aux transactions immobilières rendent une partie des ressources départementales dépendante du marché du logement.

Ce document présentait un budget de 776,5 millions d’euros en mouvements réels pour 2025. Il défendait simultanément l’investissement, la maîtrise des dépenses de fonctionnement et la préservation de l’autofinancement, c’est-à-dire des ressources disponibles sans nouvel emprunt. Ce précédent éclaire les arbitrages, sans préjuger des décisions du futur exécutif.

La prochaine étape sera donc double : connaître les candidatures effectivement déposées, puis mesurer leurs soutiens le 2 novembre. La composition de l’équipe issue du scrutin permettra ensuite d’évaluer la continuité politique annoncée et la place laissée aux différentes sensibilités de l’assemblée.

Résumer avec une IA — Obtenez un résumé personnalisé en un clic

Réagir à cet article

Votre adresse email ne sera pas publiée. Restons courtois et factuels.