Violences après la victoire du PSG : 890 interpellations et 178 policiers blessés, Nuñez défend le dispositif de sécurité
Le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez a dressé lundi matin le bilan des violences qui ont suivi la victoire du PSG en Ligue des champions. 890 personnes ont été interpellées en France, soit 45% de plus qu'en 2025.

Les scènes de pillage et de violence qui ont suivi samedi soir la victoire du Paris Saint-Germain en finale de la Ligue des champions ont déclenché une vague d’interpellations sans précédent. 890 personnes ont été placées en garde à vue en France, a annoncé lundi matin le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez sur France Inter. C’est 45% de plus qu’après la première victoire du club parisien en 2025.
Le périphérique parisien a été envahi. Des commerces ont été pillés. Des violences ont éclaté dans les rues de la capitale et dans plusieurs grandes villes françaises. La question posée à Nuñez était directe : pourquoi ce chaos n’a-t-il pas pu être évité ?
«S’il y a eu autant d’interpellations, c’est que le travail a été bien fait»
Le ministre a rejeté la mise en cause de son dispositif. «Nous savions que cet évènement donnerait lieu à des débordements, nous avions mis en place un dispositif exceptionnel avec des consignes d’extrême fermeté», a-t-il fait valoir. Selon lui, les forces de l’ordre sont intervenues systématiquement pour mettre fin aux exactions. Il a réfuté avec vigueur toute accusation de déni face à l’ampleur des faits.
Le bilan humain, lui, est lourd côté forces de l’ordre. 178 policiers et gendarmes ont été blessés lors de leurs interventions. À Paris, 260 gardes à vue étaient encore en cours lundi matin, principalement pour violences contre des personnes dépositaires de l’autorité publique, vols et dégradations.
Nuñez a tout de même concédé des «pillages», qu’il a déclarés déplorer. «C’est une mission complexe avec des groupes hostiles et très mobiles qui profitent de ces moments festifs pour casser et piller», a-t-il expliqué. Les dispositifs policiers, selon lui, ont «fonctionné globalement».
Un bilan qui relance le débat sur le maintien de l’ordre lors des grands événements sportifs
La comparaison avec 2025 est, en creux, accablante. La première victoire du PSG en Ligue des champions avait déjà laissé des traces profondes : plusieurs centaines d’arrestations, des véhicules incendiés, deux morts. Un an plus tard, le nombre d’interpellations bondit encore de 45%.
Cette récidive pose une question que les critiques, à gauche comme à droite, ne manquent pas de soulever : la mobilisation policière, aussi renforcée soit-elle, peut-elle suffire à contenir des débordements qui semblent se systématiser à chaque grande célébration populaire ? Le dispositif de Nuñez était pourtant présenté comme exceptionnel, taillé pour un scénario déjà connu d’avance.
Reste que la réponse judiciaire suit. Les gardes à vue en cours à Paris concernent des profils variés, des faits commis dans un contexte de foule qui complique l’identification et les poursuites. Combien déboucheront sur des comparutions immédiates ? C’est l’un des indicateurs que les élus opposants attendent dans les prochains jours, pour juger si la «fermeté» affichée par le ministre se traduit réellement en condamnations.



