Présidentielle 2027 : pourquoi Marine Le Pen domine déjà et comment le duel du second tour reste ouvert
Le sondage Elabe place Marine Le Pen largement en tête du premier tour de la présidentielle 2027. Édouard Philippe apparaît comme son adversaire le mieux placé, tandis que la dispersion à gauche et au centre entretient l’incertitude.

Le sondage Elabe place Marine Le Pen entre 34 % et 35,5 % au premier tour, loin devant ses concurrents. Édouard Philippe apparaît comme le candidat le mieux placé pour la rejoindre au second tour, mais la présence de Gabriel Attal pourrait diviser le centre. À gauche, la dispersion maintient l’incertitude sur la deuxième place.
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Que peut encore changer une élection présidentielle alors qu’un candidat domine déjà les sondages ? À huit mois du scrutin de 2027, Marine Le Pen apparaît en position de force. Mais derrière cette avance, la bataille pour le second tour reste ouverte.
Un scrutin encore lointain, mais une candidate déjà très installée
Le dernier sondage Elabe sur la présidentielle de 2027 place Marine Le Pen largement en tête du premier tour. Selon les scénarios testés, elle recueille entre 34 % et 35,5 % des intentions de vote parmi les électeurs inscrits qui déclarent vouloir se déplacer.
Ces chiffres interviennent quelques jours après sa condamnation en appel pour détournement de fonds publics. Cette décision judiciaire n’empêche donc pas, à ce stade, la candidate du Rassemblement national de rester au sommet des intentions de vote.
Le sondage ne préjuge toutefois pas du résultat final. Il mesure un rapport de force à un instant donné, alors que les candidatures ne sont pas toutes officiellement arrêtées et que la campagne n’a pas commencé.
La prochaine élection présidentielle doit se tenir en 2027. À ce stade, le calendrier précis des deux tours n’est pas encore fixé. Les rapports de force peuvent donc évoluer avec les programmes, les débats, les événements politiques et la participation.
Édouard Philippe se détache dans le camp central
Pour affronter Marine Le Pen au second tour, Édouard Philippe apparaît comme l’un des mieux placés. Le maire du Havre obtient entre 17 % et 20,5 % au premier tour selon les configurations étudiées.
Son score dépend fortement de la présence ou non de Gabriel Attal. Lorsque l’ancien Premier ministre est le seul candidat à représenter le bloc central, Édouard Philippe devance Jean-Luc Mélenchon de trois à 5,5 points, selon les candidatures testées à gauche.
En revanche, si Gabriel Attal maintient sa propre candidature, les deux hommes se neutralisent davantage. Dans cette hypothèse, Édouard Philippe et Jean-Luc Mélenchon sont crédités chacun de 14,5 % des intentions de vote.
Cette concurrence fragilise mécaniquement le camp central. Le maire du Havre bénéficie d’une implantation locale et d’une image construite depuis plusieurs années. Gabriel Attal dispose, lui, d’une notoriété nationale acquise à Matignon et au ministère de l’Éducation nationale.
Mais leurs candidatures pourraient diviser un électorat proche. Pour les électeurs du centre, le choix du candidat ne sera donc pas seulement une question de popularité. Il déterminera aussi la capacité à atteindre le second tour.
Gabriel Attal marque le pas
Après une forte progression en juillet, Gabriel Attal recule dans cette nouvelle mesure. Aucun des scénarios testés ne le place au-dessus de 12 %.
Sa situation est particulièrement difficile lorsqu’il se retrouve face à Édouard Philippe. Dans cette configuration, il tombe à 6,5 % des intentions de vote.
Ce recul ne signifie pas que sa candidature est condamnée. Il montre cependant que la visibilité médiatique ne suffit pas à créer une dynamique durable. Le candidat devra encore préciser son positionnement, son programme et sa capacité à rassembler au-delà du socle présidentiel.
À gauche, la dispersion reste le principal problème
Jean-Luc Mélenchon reste le mieux placé à gauche dans la plupart des scénarios. Le chef de file de La France insoumise obtient entre 14 % et 14,5 % des intentions de vote. Sa progression observée en juillet ralentit toutefois.
Raphaël Glucksmann connaît, à l’inverse, une dynamique positive après l’annonce de sa candidature à la primaire socialiste. Il recueille entre 11,5 % et 14 % selon les hypothèses.
Le président de Place publique resterait derrière Jean-Luc Mélenchon dans une configuration avec Édouard Philippe. En revanche, il ferait jeu égal avec lui si Gabriel Attal remplaçait le maire du Havre parmi les candidats du centre.
Cette différence illustre le poids de la dispersion des candidatures. Une gauche divisée entre La France insoumise, le Parti socialiste, les écologistes et les candidatures plus personnelles risque de laisser la deuxième place à un candidat du centre.
Les autres candidatures restent plus éloignées. François Hollande obtient entre 7,5 % et 8 %, François Ruffin 6 %, Marine Tondelier entre 3 % et 4 % et Olivier Faure 3,5 %.
Pour chacun de ces candidats, l’enjeu est différent. Une candidature peut servir à défendre une ligne politique, à peser dans les négociations ou à préparer la recomposition de son camp. Mais, mathématiquement, chaque candidature supplémentaire réduit les chances d’accéder au second tour.
Bruno Retailleau dépend lui aussi de l’offre politique
À droite, Bruno Retailleau recule légèrement lorsqu’Édouard Philippe est candidat. Il recueille alors 6,5 % des intentions de vote.
Son score grimpe à 9,5 % en l’absence du maire du Havre. Ce résultat montre que l’espace électoral situé entre la droite classique et le centre reste très concurrentiel.
Pour Les Républicains, la difficulté consiste à exister sans être absorbés par une candidature centriste mieux identifiée. Le parti doit aussi éviter de perdre ses électeurs au profit du Rassemblement national, qui cherche à élargir son socle au-delà de son électorat traditionnel.
Marine Le Pen favorite dans toutes les hypothèses de second tour
Dans les duels testés, Marine Le Pen l’emporte à chaque fois. Elle devancerait très largement Jean-Luc Mélenchon, avec 69,5 % contre 30,5 %.
Elle gagnerait également face à Raphaël Glucksmann et Gabriel Attal, avec le même rapport de force : 57 % contre 43 %.
Le duel le plus serré serait celui qui l’opposerait à Édouard Philippe. Marine Le Pen recueillerait 52,5 % des voix, contre 47,5 % pour son adversaire.
Ces résultats reposent cependant sur des reports de voix hypothétiques. Au second tour, les électeurs éliminés au premier tour doivent choisir entre deux candidats, s’abstenir ou voter blanc. Leur comportement peut bouleverser le résultat.
Le scénario Édouard Philippe montre aussi que Marine Le Pen ne dispose pas d’une victoire automatique. Avec un candidat central mieux placé, l’écart se resserre fortement. Le résultat dépendrait alors de la mobilisation du centre, des reports de la gauche et de l’attitude de l’électorat de droite.
Ce que mesure réellement ce sondage
L’enquête a été menée par internet du 26 au 28 août 2026 auprès de 1 501 personnes représentatives des résidents de France métropolitaine âgés de 18 ans et plus. Parmi elles, 1 378 sont inscrites sur les listes électorales.
La représentativité repose sur la méthode des quotas, selon le sexe, l’âge, la catégorie socioprofessionnelle, la région et la taille de l’agglomération. Pour les intentions de vote, seules les personnes inscrites et déclarant vouloir voter sont prises en compte.
La marge d’erreur varie entre 1,4 et 3,1 points. Ainsi, deux candidats séparés de quelques points peuvent en réalité se trouver dans une situation plus incertaine que ne le laisse penser le classement.
Les prochaines étapes seront décisives
Le principal enjeu des prochaines semaines sera la clarification des candidatures. À gauche, l’unité ou la division pèsera directement sur la qualification au second tour. Au centre, le choix entre Édouard Philippe et Gabriel Attal pourrait modifier l’ensemble de la hiérarchie.
Il faudra également surveiller l’effet durable de la condamnation de Marine Le Pen, la mobilisation de son électorat et sa capacité à convaincre au-delà du RN.
Enfin, les programmes devraient progressivement prendre le relais des simples rapports de force. C’est à ce moment que les intentions de vote pourront commencer à refléter des choix politiques plus stabilisés.



