Pourquoi la visite de Macron en Espagne compte pour la sécurité et l’avenir politique de l’Europe
Emmanuel Macron rencontrera Felipe VI et Pedro Sánchez les 29 et 30 septembre 2026. Ukraine, Proche-Orient, intelligence artificielle et traité d’amitié franco-espagnol seront au cœur des discussions.

Emmanuel Macron se rendra en Espagne les 29 et 30 septembre 2026 pour rencontrer le roi Felipe VI et Pedro Sánchez. Les discussions porteront sur l’Ukraine, le Proche-Orient, la protection des jeunes en ligne et la coopération européenne. Le traité d’amitié signé en 2023 reste toutefois bloqué par des désaccords politiques à Madrid.
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Que peut changer une visite présidentielle dans la vie politique européenne ? À Madrid, le déplacement d’Emmanuel Macron doit surtout servir à resserrer le dialogue avec l’Espagne sur la sécurité, la guerre en Ukraine et l’avenir de l’Union européenne.
Un déplacement très attendu à Madrid
Emmanuel Macron se rendra en Espagne les 29 et 30 septembre 2026 pour une visite d’État. Le président français rencontrera le roi Felipe VI et la reine Letizia. Il sera également reçu par le président du gouvernement espagnol, Pedro Sánchez.
Le programme prévoit notamment un dîner de gala donné en son honneur par le couple royal. Le 30 septembre, Emmanuel Macron doit ensuite s’entretenir avec Pedro Sánchez au palais de la Moncloa, siège de la présidence du gouvernement espagnol.
Cette visite sera la première visite d’État d’un président français en Espagne depuis 2009. Elle ne constitue toutefois pas le premier déplacement d’Emmanuel Macron dans le pays. Le chef de l’État s’était rendu à Barcelone en janvier 2023, puis à Séville en 2025 pour participer à la conférence des Nations unies sur le financement du développement.
La présidence du gouvernement espagnol présente ce déplacement comme une nouvelle étape dans les relations d’amitié et de coopération entre Paris et Madrid.
Paris et Madrid veulent afficher leur proximité
La France et l’Espagne sont deux pays voisins. Ils travaillent ensemble au sein de l’Union européenne, de l’Otan et de plusieurs cadres de coopération régionale. Leurs gouvernements défendent aussi une coordination renforcée sur les grands dossiers européens.
Emmanuel Macron et Pedro Sánchez devraient évoquer les « grands enjeux européens et internationaux ». La situation en Ukraine et les tensions au Proche-Orient figureront parmi les principaux sujets de discussion.
Cette rencontre intervient dans un contexte où les Européens cherchent à renforcer leur soutien à l’Ukraine. Ils doivent aussi préciser leur position face aux conséquences militaires, humanitaires et économiques des crises au Moyen-Orient.
La coopération bilatérale ne se limitera pas aux questions militaires ou diplomatiques. L’Élysée met également en avant la défense de la démocratie et la protection de la jeunesse face aux réseaux sociaux et à l’intelligence artificielle.
Ces sujets touchent directement les citoyens. Ils concernent la circulation des fausses informations, l’exposition des mineurs aux contenus en ligne et l’usage des outils d’intelligence artificielle dans l’éducation, le travail et le débat public.
Un traité d’amitié toujours bloqué en Espagne
La visite devra aussi permettre de mesurer l’état réel de la relation franco-espagnole. En janvier 2023, Emmanuel Macron et Pedro Sánchez avaient signé à Barcelone un traité d’amitié et de coopération. Ce texte devait approfondir les échanges entre les deux gouvernements.
Il prévoit notamment des consultations régulières entre les deux pays. Certaines dispositions permettent aussi d’envisager la participation de ministres français à des réunions du gouvernement espagnol, et réciproquement, dans un cadre défini.
Le traité a été ratifié par la France. En Espagne, sa ratification reste cependant bloquée. La droite espagnole s’oppose à certaines de ses dispositions. Elle estime que le mécanisme de coopération entre les conseils des ministres pourrait poser un problème constitutionnel.
Le débat ne porte donc pas seulement sur la diplomatie. Il concerne aussi l’équilibre des pouvoirs en Espagne et la capacité du gouvernement de Pedro Sánchez à faire adopter des accords internationaux lorsque l’opposition parlementaire est mobilisée.
Pour le gouvernement espagnol, le traité représente un outil de coopération avec un partenaire européen majeur. Pour ses opposants, il pourrait créer un dispositif institutionnel trop large et insuffisamment contrôlé par le Parlement.
Ce que cette visite peut changer concrètement
Pour les deux exécutifs, l’enjeu est d’abord politique. Paris et Madrid veulent afficher une ligne commune dans une Europe confrontée à la guerre, aux tensions commerciales et aux débats sur son autonomie stratégique.
Une position coordonnée peut renforcer leur influence dans les discussions européennes. La France dispose d’un poids militaire et diplomatique important. L’Espagne, de son côté, occupe une position stratégique en Méditerranée et entretient des relations étroites avec l’Amérique latine.
Les bénéfices attendus ne sont toutefois pas identiques pour tous les acteurs. Les grands groupes économiques peuvent profiter d’une coopération renforcée dans l’énergie, les transports, la défense ou les infrastructures. Les administrations, elles, peuvent gagner du temps grâce à des échanges plus réguliers.
Pour les citoyens, les effets seront moins immédiats. Ils pourraient apparaître dans les politiques de sécurité, les échanges universitaires, la protection des données ou les règles encadrant les plateformes numériques.
Les petites entreprises et les territoires frontaliers sont également concernés. Une meilleure coordination entre les deux pays peut faciliter les échanges. Elle peut aussi simplifier certains projets communs dans les transports, l’énergie ou la gestion des crises.
Mais une déclaration politique ne suffit pas. Les résultats dépendront des décisions prises ensuite par les gouvernements, des financements disponibles et de la capacité des parlements à approuver les accords annoncés.
Une relation solide, mais pas sans désaccords
Paris et Madrid affichent une proximité politique sur plusieurs sujets européens. Cette convergence n’efface pas leurs différences. Les deux pays peuvent diverger sur l’énergie, la politique migratoire, la défense ou le rythme des réformes européennes.
Le blocage du traité de 2023 en constitue la principale illustration. Le gouvernement de Pedro Sánchez souhaite renforcer la coopération avec la France. La droite espagnole conteste, elle, les dispositions qu’elle juge trop intrusives dans le fonctionnement du gouvernement.
Cette opposition donne à la visite un enjeu supplémentaire. Emmanuel Macron pourra mettre en avant la nécessité d’une relation franco-espagnole plus intégrée. Pedro Sánchez devra, lui, composer avec un rapport de force intérieur qui dépasse la seule politique étrangère.
Le dossier numérique pourrait aussi susciter des débats. La France et l’Espagne partagent l’objectif de mieux protéger les mineurs. En revanche, les modalités restent sensibles. Toute nouvelle règle devra trouver un équilibre entre protection, liberté d’expression, responsabilité des plateformes et contrôle démocratique.
Les prochaines étapes à surveiller
Le premier rendez-vous sera la rencontre entre Emmanuel Macron et Pedro Sánchez, le 30 septembre 2026. Les déclarations communes permettront de savoir si les deux dirigeants annoncent des mesures précises ou s’ils se limitent à réaffirmer leurs positions.
Il faudra ensuite suivre le dossier du traité d’amitié. Sa ratification en Espagne dira si la coopération franco-espagnole peut franchir le cap des déclarations politiques. Les discussions européennes sur l’Ukraine, la sécurité et l’intelligence artificielle permettront également de mesurer la portée concrète de l’axe Paris-Madrid.



