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INTERNATIONAL Alliance sous tension

Entre énergie, sécurité et alliances, ce que la rencontre Trump Macron peut changer pour les citoyens français

À New York, Emmanuel Macron et Donald Trump doivent discuter des crises internationales, de l’énergie et des alliances. Cette rencontre intervient alors que la France défend un multilatéralisme plus efficace.

Pompe à carburant dans une station-service, pour illustrer la hausse du prix du pétrole et ses effets sur les ménages.
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En bref

Emmanuel Macron et Donald Trump doivent se rencontrer à New York dans un contexte marqué par les tensions au Moyen-Orient, la guerre en Ukraine et la hausse des prix de l’énergie. Le président français veut défendre la coopération internationale, tout en protégeant les intérêts européens face aux choix américains.

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Que peut changer une rencontre de moins d’une heure entre Donald Trump et Emmanuel Macron, alors que les tensions internationales pèsent déjà sur l’énergie, la sécurité et les alliances occidentales ?

Les deux présidents doivent se retrouver ce lundi 21 septembre à New York, en marge de la semaine de haut niveau de l’Assemblée générale des Nations unies. Leur entretien est prévu à 17 h 35, heure locale, soit 23 h 35 à Paris.

Un rendez-vous au cœur d’une semaine diplomatique chargée

Donald Trump et Emmanuel Macron participeront tous deux aux travaux de l’ONU. Cette rencontre intervient dans un contexte international particulièrement tendu. La France veut notamment défendre un « multilatéralisme efficace », c’est-à-dire une coopération entre États capable de produire des décisions concrètes.

Paris reconnaît toutefois que le système actuel fonctionne difficilement. « L’organisation des Nations unies va mal », a estimé la présidence française. Elle juge également « douteuse » l’efficacité de l’action multilatérale, alors que les cinq membres permanents du Conseil de sécurité s’impliquent de manière inégale dans les crises internationales.

La France entend aussi pousser une initiative franco-mexicaine. Elle vise à encadrer l’usage du droit de veto au Conseil de sécurité lorsqu’un État est accusé d’atrocités de masse. Ce droit permet à l’un des cinq membres permanents de bloquer une résolution, même si la majorité des autres pays y est favorable.

Le déplacement d’Emmanuel Macron a commencé à Saint-Pierre-et-Miquelon. Dimanche 20 septembre, le président français y a rencontré le Premier ministre canadien Mark Carney. Les deux dirigeants ont mis en avant la souveraineté de leurs pays et annoncé vouloir approfondir leur rapprochement.

Ce choix géographique n’est pas anodin. Le président américain menace régulièrement le Canada d’une possible annexion. Une carte publiée récemment par Donald Trump représentait par ailleurs l’ensemble de la région, dont Saint-Pierre-et-Miquelon, sous les couleurs américaines.

Trump, Macron et les crises internationales

La réunion de New York doit permettre aux deux présidents d’aborder plusieurs dossiers. L’Ukraine figurera vraisemblablement parmi les sujets centraux. Emmanuel Macron doit également rencontrer Volodymyr Zelensky durant son séjour new-yorkais.

Le chef de l’État français cherche depuis plusieurs mois à maintenir un dialogue avec Washington tout en défendant une position européenne plus autonome. Cette ligne est délicate. Les pays européens dépendent encore largement des États-Unis pour certaines capacités militaires, notamment en matière de renseignement, de transport stratégique et de défense aérienne.

La situation au Moyen-Orient devrait aussi être évoquée. L’Élysée prépare plusieurs échanges avec des dirigeants de la région, dont le président iranien Massoud Pezeshkian. La France prévoit par ailleurs des réunions consacrées à l’Iran, au Yémen, à la Palestine et au Soudan.

Les tensions régionales ont également des effets très concrets. La hausse des prix du pétrole se répercute sur le coût des carburants. Elle fragilise les ménages qui utilisent leur voiture pour travailler et pèse sur les entreprises dépendantes du transport routier.

Les conséquences ne sont pas identiques pour tous. Les grands groupes peuvent parfois négocier leurs approvisionnements ou absorber une partie de la hausse. Les petites entreprises, les artisans et les habitants des zones rurales disposent de moins de marges. Pour eux, une hausse durable du carburant peut rapidement réduire le revenu disponible.

Une rencontre politique, mais aussi un rapport de force

L’entretien ne sera pas seulement consacré aux crises étrangères. Il permettra aussi de mesurer le rapport de force entre Paris et Washington. Emmanuel Macron veut apparaître comme un interlocuteur capable de dialoguer avec Donald Trump, sans renoncer aux intérêts français et européens.

Donald Trump, de son côté, cherche à montrer qu’il garde la main sur l’agenda international. Sa rencontre avec Emmanuel Macron aura lieu après un entretien avec Zohran Mamdani, le maire de New York. Issu de la gauche du Parti démocrate, le jeune élu s’est opposé à plusieurs orientations du président américain.

Cette séquence présente donc deux dimensions. À l’extérieur, Donald Trump discutera avec un chef d’État allié. À l’intérieur, il rencontrera un maire qui incarne une gauche new-yorkaise critique de sa politique. La Maison Blanche et la mairie de New York ont indiqué que leur échange porterait notamment sur les sujets qui touchent la ville et ses habitants.

Pour Emmanuel Macron, l’enjeu est différent. Le président français doit convaincre que la coopération internationale reste utile, malgré les blocages de l’ONU et les divergences entre grandes puissances. Cette position bénéficie aux États qui cherchent à peser collectivement. Elle répond aussi aux inquiétudes des pays qui refusent de dépendre exclusivement de Washington ou de Pékin.

Ses critiques estiment cependant que le multilatéralisme ne suffit plus lorsqu’il n’est pas accompagné de moyens réels. Une coalition d’États peut afficher des objectifs communs sans parvenir à les appliquer. Le risque est alors de produire des déclarations diplomatiques sans effet sur les combats, les prix de l’énergie ou les déplacements de population.

L’intelligence artificielle comme autre priorité française

Emmanuel Macron doit également rencontrer des acteurs mondiaux de l’intelligence artificielle. Paris souhaite que cette question soit davantage traitée dans les enceintes internationales.

Le sujet dépasse la technologie. L’intelligence artificielle touche l’emploi, la sécurité, l’éducation et l’accès à l’information. Les grandes entreprises disposent des moyens financiers pour développer ces outils. Les administrations, les petites entreprises et les citoyens doivent encore apprendre à les utiliser, à les contrôler et à limiter leurs risques.

La France cherche donc à défendre une approche internationale. Elle veut éviter que les règles soient définies uniquement par les États-Unis et les grandes entreprises du secteur. Mais elle doit aussi composer avec une contrainte économique : un encadrement trop lourd pourrait ralentir les acteurs européens face à leurs concurrents américains et chinois.

Ce qu’il faut surveiller à New York

Le principal rendez-vous reste le discours d’Emmanuel Macron devant l’Assemblée générale de l’ONU, prévu mardi 22 septembre. Le chef de l’État devrait y préciser sa conception d’un multilatéralisme capable d’obtenir des résultats.

Il faudra aussi observer les éventuelles annonces sur l’Ukraine, le Moyen-Orient et l’énergie. La rencontre avec Donald Trump permettra de voir si les deux présidents affichent une position commune ou s’ils se limitent à maintenir un canal de dialogue.

Enfin, les discussions sur Saint-Pierre-et-Miquelon et le Canada donneront une indication sur la réponse française aux pressions américaines en Amérique du Nord. Dans les prochains jours, les déclarations publiques compteront. Mais les décisions concrètes — sur la sécurité, l’énergie et les alliances — permettront seules de mesurer la portée réelle de cette séquence diplomatique.

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