Midterms américaines : le vote des électeurs peut limiter le pouvoir de Donald Trump au Congrès
À six semaines des élections de mi-mandat, Donald Trump atteint un niveau de popularité inédit dans ses deux présidences. L’économie et la guerre avec l’Iran fragilisent les républicains, tandis que les démocrates progressent dans les intentions de vote.

Les élections américaines du 3 novembre renouvelleront la Chambre des représentants et une partie du Sénat. Les sondages signalent une forte impopularité de Donald Trump, notamment sur le coût de la vie et la guerre avec l’Iran. Une défaite républicaine pourrait réduire sa marge de manœuvre au Congrès.
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Que peut encore faire un président américain quand son propre camp commence à prendre ses distances et que les électeurs placent l’économie au premier rang de leurs inquiétudes ? À six semaines des élections de mi-mandat, Donald Trump aborde le scrutin dans une position particulièrement fragile.
Un scrutin qui peut changer le Congrès
Les élections américaines de mi-mandat auront lieu le mardi 3 novembre 2026. Elles interviennent à mi-parcours du mandat présidentiel et servent souvent de référendum politique sur l’action de la Maison-Blanche.
Les électeurs renouvelleront les 435 sièges de la Chambre des représentants. Ils voteront aussi pour 35 des 100 sièges du Sénat. Le résultat déterminera donc le rapport de force au Congrès pendant les deux dernières années du mandat de Donald Trump.
Les républicains contrôlent actuellement les deux chambres. Ils disposent de 53 sénateurs, contre 45 démocrates et deux élus indépendants qui siègent avec eux. À la Chambre, leur majorité est beaucoup plus étroite : 218 élus républicains contre 214 démocrates, un indépendant et deux sièges vacants.
Cette configuration donne une importance particulière à chaque circonscription. À la Chambre, quelques basculements peuvent suffire à faire perdre la majorité au parti présidentiel. Au Sénat, la carte électorale est différente. Les républicains partent avec une avance, mais plusieurs sièges pourraient devenir disputés.
Une popularité au plus bas
Le principal problème de Donald Trump se trouve aujourd’hui dans les enquêtes d’opinion. Selon un sondage Reuters-Ipsos sur la popularité présidentielle, publié le 21 septembre, 32 % des Américains approuvent son action. Ils sont 66 % à la désapprouver.
Ce niveau constitue le plus mauvais résultat enregistré par Donald Trump dans ses deux présidences, selon cette enquête. Sa popularité a reculé de trois points en une semaine. Elle s’établissait alors à 35 %.
Un sondage CNN réalisé avec l’institut SSRS aboutit à une mesure proche. Publié le 23 septembre, il attribue au président 33 % d’opinions favorables. Dans cette enquête, 51 % des personnes interrogées désapprouvent fortement son action.
Les chiffres ne prédisent pas directement le résultat du 3 novembre. Ils montrent cependant une difficulté politique majeure : le président ne convainc pas seulement moins d’électeurs indépendants. Il perd aussi une partie du soutien traditionnel de son propre parti.
Le coût de la vie au cœur du mécontentement
La question économique domine les réponses des électeurs. Dans le sondage Reuters-Ipsos, seuls 17 % des personnes interrogées approuvent la gestion du coût de la vie par Donald Trump. Or cette question figure parmi leurs principales préoccupations avant le scrutin.
Le mécontentement ne se limite pas aux électeurs démocrates. Pour la première fois dans cette série d’enquêtes, davantage de républicains désapprouvent la gestion du coût de la vie qu’ils ne l’approuvent : 51 % contre 44 %. Le président conserve toutefois un soutien élevé chez les électeurs républicains. Il atteint 73 %, contre 82 % une semaine plus tôt.
Cette baisse traduit une tension classique. Les élus républicains doivent défendre un président qui reste indispensable à la mobilisation de leur base. En même temps, ils doivent répondre à des électeurs préoccupés par les prix, les carburants et leur pouvoir d’achat.
Un sondage Fox News sur l’économie et les intentions de vote, réalisé du 11 au 14 septembre, indique que 63 % des électeurs estiment que l’administration Trump a dégradé la situation économique. Ce jugement est également partagé par une partie des républicains.
La guerre avec l’Iran complique encore la situation
La politique étrangère pèse aussi sur la campagne. Les États-Unis sont engagés depuis février dans une guerre avec l’Iran. Dans le sondage Reuters-Ipsos publié en septembre, seuls 34 % des personnes interrogées approuvent les frappes américaines.
Selon une enquête CNN-SSRS, l’approbation de la gestion du conflit atteint seulement 26 %. Le désaccord dépasse donc largement les rangs démocrates. Des électeurs républicains et des candidats du parti présidentiel commencent eux aussi à exprimer leurs réserves.
Cette contestation crée un risque électoral pour les républicains. Les élus sortants doivent soutenir la Maison-Blanche sur la sécurité nationale. Pourtant, ils savent qu’une guerre longue peut détourner les ressources publiques, faire monter les prix de l’énergie et inquiéter les électeurs modérés.
Plusieurs candidats républicains cherchent ainsi à se distinguer. En Floride, la députée Maria Elvira Salazar a déclaré que certaines mesures de contrôle de l’immigration étaient « allées trop loin ». Elle a aussi estimé que des électeurs hispaniques ayant contribué au retour de Donald Trump à la Maison-Blanche se sentaient désormais « trahis ».
Dans le Michigan, Mike Rogers, et dans l’Iowa, Ashley Hinson, ont demandé une fin rapide de la guerre avec l’Iran. Ces prises de position ne constituent pas nécessairement une rupture avec Donald Trump. Elles montrent toutefois que certains candidats veulent protéger leur propre campagne.
Les démocrates progressent, mais la majorité reste incertaine
Les démocrates apparaissent en tête dans plusieurs sondages nationaux sur le vote pour la Chambre. L’enquête Fox News donne 51 % des intentions de vote au candidat démocrate, contre 44 % au candidat républicain. Un sondage CNN-SSRS mesure un écart comparable, avec 49 % contre 41 %.
Ces résultats doivent être interprétés avec prudence. Les élections à la Chambre se jouent dans 435 circonscriptions distinctes. Une avance nationale ne garantit donc pas automatiquement une majorité de sièges.
La marge d’erreur des sondages reste également importante. Dans les enquêtes citées, elle atteint environ trois points. Les écarts observés sont donc significatifs, mais ils peuvent encore se réduire ou s’inverser dans certaines circonscriptions.
Les démocrates bénéficient aujourd’hui d’un contexte favorable. Ils peuvent transformer le scrutin en vote de sanction contre la Maison-Blanche. Les républicains disposent toutefois d’un avantage : le contrôle du Sénat et un réseau d’élus implantés dans des États conservateurs.
Le vote dépendra aussi de la participation. Les élections de mi-mandat mobilisent généralement moins d’électeurs que l’élection présidentielle. Le camp capable de faire voter ses sympathisants, notamment dans les États disputés, peut donc compenser une image nationale défavorable.
Un résultat qui dépassera les frontières américaines
Le futur rapport de force au Congrès aura des conséquences internationales. Les parlementaires interviennent dans le financement de l’aide à l’Ukraine. Ils peuvent aussi encadrer les engagements militaires et contrôler une partie des choix budgétaires de l’exécutif.
Cette question concerne directement les alliés européens. Le Pentagone réévalue actuellement la présence d’environ 80 000 militaires américains en Europe. Dans le même temps, Donald Trump demande aux pays européens d’assumer davantage leur propre défense.
Le Congrès a fixé un niveau minimal de troupes américaines sur le continent et doit être consulté en cas de modification importante. Une majorité démocrate, une majorité républicaine renforcée ou un Congrès divisé ne produiraient donc pas les mêmes arbitrages sur la relation transatlantique.
Les prochaines semaines seront décisives
Le principal indicateur à surveiller sera l’évolution du vote pour la Chambre. Il faudra aussi observer les sondages dans les États où le contrôle du Sénat peut basculer.
Les candidats républicains devront décider jusqu’où ils peuvent s’éloigner de Donald Trump sans perdre le soutien de sa base. Les démocrates, eux, devront convertir leur avance nationale en victoires dans des circonscriptions précises.
Le 3 novembre 2026, les électeurs ne choisiront donc pas seulement leurs représentants. Ils fixeront aussi les limites politiques du pouvoir présidentiel pour les deux dernières années du mandat de Donald Trump.



