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ACTUALITé NATIONALE Un relais au Palais-Bourbon

Au groupe RN, Sébastien Chenu prend le relais : comment ce changement accompagne la campagne de Marine Le Pen

Sébastien Chenu succède à Marine Le Pen à la présidence du groupe RN à l’Assemblée, alors que celle-ci se prépare à la présidentielle de 2027. Le changement intervient au congrès où Jordan Bardella a été réélu à la tête du parti.

Pupitres en bois équipés de microphones et de documents dans une salle parlementaire aux rangées de sièges verts.
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En bref

Sébastien Chenu prend la présidence du groupe RN à l’Assemblée nationale, tandis que Marine Le Pen se concentre sur la perspective de la présidentielle de 2027. Cette réorganisation distingue la direction des députés de celle du parti, reconduite à Jordan Bardella, et ne change pas à elle seule les votes ni le nombre d’élus du RN.

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Qui porte les engagements d’un parti quand sa principale figure prépare une présidentielle ? Au Rassemblement national, le passage de relais à l’Assemblée sépare désormais davantage la conduite des députés et la campagne nationale.

Sébastien Chenu a annoncé, samedi 24 octobre 2026, prendre la présidence du groupe RN à l’Assemblée nationale. Il succède à Marine Le Pen, qui occupait cette fonction depuis juin 2022. Ce changement intervient pendant le congrès du parti à Orléans, quelques heures après la réélection de Jordan Bardella à sa tête.

Trois responsabilités, trois leviers politiques

Présider un parti, conduire un groupe parlementaire et porter une candidature présidentielle ne recouvrent pas les mêmes missions. Jordan Bardella dirige l’organisation politique. Sébastien Chenu prend la tête de ses députés. Marine Le Pen quitte cette responsabilité parlementaire dans la perspective de la présidentielle de 2027.

Cette distinction compte. Un groupe parlementaire rassemble des élus qui organisent leur travail et leurs positions à l’Assemblée. Il reste juridiquement distinct du parti. Le président du RN ne devient donc pas automatiquement celui de ses députés, et le changement annoncé ne modifie pas la composition de l’hémicycle.

Le parti n’a pas donné de raisons détaillées à cette succession. Son calendrier permet toutefois une lecture politique : confier le quotidien parlementaire à Chenu peut libérer du temps pour Marine Le Pen. Cela ne signifie ni son départ de la vie politique ni, à lui seul, l’abandon de son mandat de députée.

Sébastien Chenu, un relais déjà installé

Député du Nord, vice-président du RN et vice-président de l’Assemblée nationale, Sébastien Chenu connaît déjà les rouages du Palais-Bourbon. Son arrivée ne correspond donc pas à la promotion d’un nouveau venu. Elle place une figure expérimentée à un poste qui exige de coordonner des élus et de représenter leur ligne collective.

Son parcours éclaire aussi le choix d’un responsable proche de Marine Le Pen. Ancien cadre de l’UMP, il a rejoint son camp en 2014, avant d’entrer à l’Assemblée en 2017. Il a ensuite remporté sa réélection dès le premier tour en 2022 et en 2024. Cette implantation électorale accompagne sa progression dans l’appareil du parti.

Le précédent de 2022 reste déterminant. Cette année-là, le RN avait obtenu 89 députés, retrouvant un groupe parlementaire pour la première fois depuis 1986. Marine Le Pen avait alors pris les commandes de cet ensemble. Son successeur hérite donc d’une organisation dont le poids institutionnel dépasse celui des premières années de son mandat.

Ce que change une présidence de groupe

Pour les citoyens, aucune loi ne change du seul fait de cette nomination. En revanche, l’organisation du travail parlementaire influence la manière dont leurs préoccupations arrivent dans les débats. Le choix des orateurs, les positions sur les textes et la coordination des interventions passent notamment par les groupes.

L’Assemblée détaille ces mécanismes dans sa présentation du rôle des groupes politiques. Ceux-ci se réunissent généralement chaque semaine pendant les sessions. Leurs effectifs déterminent notamment leurs moyens financiers, leur représentation dans les commissions et, dans certains cas, leur temps de parole.

Autrement dit, changer de président ne donne pas davantage de sièges ni de moyens au RN. Chenu reçoit surtout un levier d’organisation et de représentation. Son influence dépendra aussi de la capacité des députés à travailler ensemble, puis à trouver les soutiens nécessaires pour faire avancer leurs propositions.

Les effets diffèrent selon les acteurs. Marine Le Pen peut concentrer davantage son activité sur la campagne nationale. Chenu gagne une responsabilité centrale. Les députés disposent d’un nouvel interlocuteur pour coordonner leur travail. Pour les électeurs, le critère concret restera cependant le contenu des propositions et des votes, plutôt que l’organigramme.

Bardella reconduit, mais un vote sans concurrence

Quelques heures auparavant, Jordan Bardella a été réélu président du RN avec 98,98 % des voix. La participation approche 68 %. Ces chiffres décrivent un soutien massif parmi les votants, mais ils doivent se lire ensemble : Bardella était le seul candidat déclaré.

Ce scrutin confirme donc sa position interne sans mesurer sa force face à un concurrent. Il ne constitue pas non plus un sondage auprès des Français. Le corps électoral du congrès rassemble les adhérents autorisés à voter, pas l’ensemble des sympathisants ni les électeurs de la présidentielle.

Pour la direction, cette reconduction permet d’aborder la campagne avec des responsabilités identifiées. Elle ne règle toutefois pas, par elle-même, les arbitrages entre discours présidentiel et travail législatif. Les députés devront défendre des choix précis, tandis que la campagne cherchera à réunir un électorat plus large.

À Orléans, une opposition également mobilisée

Le congrès s’accompagne d’une mobilisation contre le RN. Près de 13 000 personnes ont manifesté samedi dans les rues d’Orléans selon les autorités, contre 26 000 selon les organisateurs. Ces deux décomptes doivent rester distincts : ils ne permettent pas de retenir un chiffre unique.

La contestation dépasse ainsi la concurrence entre dirigeants politiques. Dans son appel à la mobilisation contre le congrès du RN, la CGT Paris dénonçait les dangers qu’elle attribue à l’extrême droite. Le syndicat avait organisé un déplacement collectif pour ses militants.

Deux enjeux se confrontent donc. Le RN cherche à présenter une équipe prête pour l’échéance présidentielle. Ses opposants veulent contester cette installation politique. Pour les habitants, la présence simultanée du congrès et des manifestants donne aussi une dimension locale à un affrontement national.

La prochaine étape est fixée au dimanche 25 octobre : le programme officiel du congrès à Orléans annonce un premier grand meeting présidentiel. Il faudra ensuite observer les premières prises de position du groupe sous la conduite de Chenu : elles montreront comment cette nouvelle répartition des responsabilités se traduit à l’Assemblée.

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