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ÉLECTIONS La bataille des candidatures

Présidentielle 2027 : le sondage place Mélenchon en position de second tour, mais révèle le poids des candidatures concurrentes

Marine Le Pen reste en tête et Jean-Luc Mélenchon se qualifierait dans les quatre scénarios étudiés. Les résultats varient toutefois selon les candidatures au centre et à droite, tandis que les réponses sur les violences du 17 octobre révèlent une forte défiance.

Des participants vus de dos marchent dans une rue bordée de façades et d’arbres, parmi des barrières et des feuilles au sol.
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En bref

Une enquête réalisée auprès de 1 500 électeurs place Marine Le Pen entre 32 % et 33,5 % et Jean-Luc Mélenchon à 17 %, qualifié dans les quatre configurations testées. Les scores du centre et de la droite évoluent selon les candidatures en présence. Le sondage mesure aussi une forte défiance après les violences du 17 octobre, sans établir les responsabilités.

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Choisir son candidat préféré ou celui qui semble capable d’atteindre le second tour ? Le dernier sondage sur la présidentielle de 2027 remet ce dilemme au centre du jeu, sans figer l’issue du scrutin.

Jean-Luc Mélenchon arrive deuxième dans toutes les configurations étudiées, derrière Marine Le Pen. Mais les écarts entre ses poursuivants restent parfois étroits. Surtout, la composition de l’offre électorale change fortement les résultats du centre et de la droite.

Une deuxième place qui dépend aussi de la concurrence

L’enquête Ipsos-BVA-CESI école d’ingénieurs, menée les 21 et 22 octobre 2026, crédite Jean-Luc Mélenchon de 17 % des intentions de vote. Marine Le Pen recueille entre 32 % et 33,5 %. Le candidat insoumis accéderait donc au second tour dans chacune des quatre hypothèses testées. Cette précision compte : l’étude n’explore pas toutes les candidatures possibles.

Le changement concerne surtout la bataille pour la deuxième place. Lors de la précédente vague, réalisée du 31 août au 2 septembre, Jean-Luc Mélenchon ne se qualifiait que dans une configuration : celle d’une concurrence entre Gabriel Attal et Édouard Philippe au centre.

Désormais, Édouard Philippe atteint 15 % lorsqu’il représente seul ce bloc. Il reste ainsi deux points derrière le candidat de La France insoumise. Avec Gabriel Attal également dans la course, l’ancien Premier ministre descend à 13 %, à égalité avec Raphaël Glucksmann. Gabriel Attal recueille alors 4 %.

À l’inverse, quand Gabriel Attal figure seul au centre, il obtient 9,5 %. Raphaël Glucksmann atteint dans cette hypothèse 15,5 %, contre 17 % pour Jean-Luc Mélenchon. L’ordre d’arrivée existe dans les résultats publiés. Il ne suffit toutefois pas à établir une qualification certaine.

Au centre et à droite, des candidatures qui se concurrencent

Ces configurations montrent une contrainte concrète : plusieurs personnalités peuvent viser des électeurs proches, sans obtenir ensemble un meilleur résultat. Elles ne permettent cependant pas de savoir comment chaque électeur changerait réellement de choix après un retrait.

Pour Édouard Philippe, l’absence de Gabriel Attal correspond à un score plus élevé. Pour Raphaël Glucksmann, c’est la présence du seul Gabriel Attal qui offre la configuration la plus favorable. Ces résultats donnent donc des arguments différents aux candidats et à leurs soutiens, plutôt qu’une consigne évidente de rassemblement.

À droite, Bruno Retailleau atteint son meilleur niveau, 11,5 %, lorsque Gabriel Attal représente seul le centre. Dans une autre configuration, sans Gabriel Attal mais avec David Lisnard, ce dernier recueille 6,5 %, contre 5,5 % pour Bruno Retailleau. La présentation des hypothèses électorales par Ipsos détaille ces variations.

Le bénéfice politique n’est donc pas identique pour tous. Marine Le Pen dispose d’une avance importante dans cette enquête. Ses concurrents doivent d’abord se départager. Pour leurs électeurs, la question devient aussi stratégique : maintenir une préférence ou privilégier une candidature jugée mieux placée.

Après le 17 octobre, une colère qui ne désigne pas un responsable unique

L’enquête mesure également les réactions aux violences survenues lors des manifestations du 17 octobre. Parmi les personnes interrogées, 58 % expriment de la colère, 37 % de l’inquiétude et 33 % de la honte. Ces émotions décrivent le climat politique, pas nécessairement les raisons d’un choix électoral.

Par ailleurs, 81 % jugent le gouvernement « responsable de cette situation ». Les groupes politiques radicaux recueillent 79 %, les partis de gauche 62 % et les forces de l’ordre 52 %. Ces réponses ne constituent pas un partage exclusif des responsabilités : une même personne peut mettre en cause plusieurs acteurs.

Autre distinction essentielle : une responsabilité attribuée dans un sondage n’équivaut pas à une responsabilité établie par une enquête judiciaire. Ces chiffres mesurent des perceptions. Ils ne tranchent ni le déroulement précis des violences, ni les responsabilités individuelles.

Enfin, 80 % des répondants estiment qu’Emmanuel Macron n’a pas eu « la bonne attitude » durant la semaine écoulée. Cette proportion atteint 71 % pour Jean-Luc Mélenchon et 43 % pour Marine Le Pen. Le candidat insoumis peut donc progresser électoralement tout en subissant un jugement négatif sur son attitude. Les deux indicateurs répondent à des questions différentes.

Des marges étroites et un précédent à garder en tête

L’étude repose sur 1 500 personnes inscrites sur les listes électorales, interrogées en ligne selon la méthode des quotas. Cette méthode cherche à reproduire les caractéristiques de la population adulte. La marge d’erreur annoncée va de 0,7 à 2,5 points selon les résultats.

Un écart de 1,5 point entre Jean-Luc Mélenchon et Raphaël Glucksmann mérite donc de la prudence. La Commission des sondages rappelle qu’une enquête décrit l’opinion à un instant donné. Son rapport sur les enquêtes électorales et leurs limites souligne aussi l’importance de la participation dans la précision des mesures.

Le précédent de 2022 éclaire cette bataille sans prédire sa répétition. Jean-Luc Mélenchon avait obtenu 21,95 % au premier tour, derrière Marine Le Pen, à 23,15 %. Un score supérieur aux 17 % mesurés ici n’avait donc pas suffi pour se qualifier. Tout dépend aussi du niveau des autres candidats.

À Orléans, une avance électorale confrontée à ses opposants

La prochaine échéance visible sera le meeting de Marine Le Pen, dimanche 25 octobre à Orléans. Le RN entend y lancer sa campagne. Mais cette démonstration de force rencontre une opposition : une manifestation contre son congrès est annoncée le 24 octobre, avec notamment Olivier Faure et Sophie Binet. Leur mobilisation exprime une inquiétude face à son éventuelle arrivée au pouvoir.

Les prochaines enquêtes permettront surtout de surveiller trois éléments : la persistance du recul du centre, l’écart entre les candidats de gauche et la stabilité de Marine Le Pen. Il faudra les comparer à candidatures équivalentes, pour distinguer une évolution des électeurs d’un simple changement de scénario.

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