Face au risque de dispersion, le centre et la droite cherchent une candidature commune pour peser dans la présidentielle de 2027
Yaël Braun-Pivet appelle à une candidature commune du centre et de la droite, mais Gérard Larcher refuse d’être le candidat de rassemblement proposé. Entre accord politique et primaire, les prétendants restent divisés sur la méthode comme sur le choix du candidat.

Yaël Braun-Pivet veut rassembler le centre et la droite derrière un seul candidat pour la présidentielle de 2027. Gérard Larcher refuse cette proposition et maintient son soutien à Bruno Retailleau. L’accord se heurte aussi au désaccord sur une éventuelle primaire, alors que les sondages montrent des prétendants concurrents et des électorats aux préférences différentes.
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Comment choisir quand plusieurs candidats proches se disputent les mêmes électeurs, au risque de tous manquer le second tour ? Au centre et à droite, cette question domine désormais les discussions sur la présidentielle de 2027.
Yaël Braun-Pivet propose une candidature commune. Gérard Larcher, dont elle a avancé le nom, décline : « Je ne suis pas candidat à l’élection présidentielle ». Son refus laisse entière la question du rassemblement.
Un nom écarté, un désaccord toujours ouvert
La présidente de l’Assemblée nationale a formulé sa proposition mardi 27 octobre 2026. Elle souhaite réunir les candidats et les formations allant « du MoDem à la droite républicaine ». L’objectif est électoral : préserver une chance d’accéder au second tour face aux autres blocs.
Dans son appel à une candidature unique du centre et de la droite, Yaël Braun-Pivet privilégie un compromis entre les prétendants. Elle ne fait pas d’une primaire, ce vote préalable pour désigner un candidat, une condition obligatoire.
Gérard Larcher lui oppose une réponse nette. Le président du Sénat remercie son homologue, mais rappelle que son « seul candidat » reste Bruno Retailleau. Son entourage met également en avant son engagement dans la présidence du Sénat, fonction qu’il souhaite continuer à exercer.
Ce refus ne porte donc pas seulement sur une candidature personnelle. En maintenant son soutien à Retailleau, Larcher conserve un point d’ancrage partisan. Il ne se place pas au-dessus de la compétition pour devenir le candidat de compromis recherché par Braun-Pivet.
Les sondages accentuent la pression
L’inquiétude repose sur un rapport de force défavorable. Dans sa septième vague du baromètre de la présidentielle de 2027, l’Ifop mesure Marine Le Pen entre 34 % et 38 % des intentions de vote, selon les configurations. Jean-Luc Mélenchon atteint entre 15 % et 20 %.
Dans l’hypothèse où Édouard Philippe représente seul le bloc central, il recueille 15 %, contre 21 % fin septembre. Gabriel Attal obtient 13 % lorsqu’il occupe cette place. À droite, Bruno Retailleau se situe entre 5 % et 7,5 %, selon les scénarios étudiés par le même institut.
Ces chiffres expliquent l’urgence exprimée par les partisans d’un accord. Ils ne constituent toutefois ni un résultat anticipé ni la preuve qu’une candidature commune gagnerait. Les hypothèses diffèrent, et les intentions de vote peuvent évoluer pendant la campagne.
Surtout, additionner les scores des concurrents ne permet pas de calculer celui d’un candidat unique. Un électeur attaché à une personnalité ou à une orientation peut refuser le compromis. Le rassemblement des responsables ne garantit pas celui de leurs électeurs.
Une primaire ne profite pas à chacun de la même façon
Deux chemins se dessinent : un accord entre candidats ou une compétition organisée pour les départager. Franck Louvrier, maire LR de La Baule, défend la seconde option. Il estime que les résultats des sondages imposent désormais de sortir de la dispersion.
David Lisnard, Bruno Retailleau et Gabriel Attal ne ferment pas la porte à cette perspective. Édouard Philippe, lui, s’y oppose. Cette divergence compte : sans participation des principaux concurrents, une primaire ne réglerait qu’une partie du problème.
Les intérêts diffèrent aussi. Pour les candidats moins bien placés dans les intentions de vote nationales, une primaire offrirait une nouvelle compétition. Elle leur permettrait de défendre leur projet devant un électorat spécifique. Pour Philippe, elle ajouterait une épreuve à une candidature déjà engagée.
Pour autant, le refus d’une primaire n’efface pas la question de la légitimité du choix. Un accord négocié peut éviter une campagne interne conflictuelle. Mais il réserve davantage de pouvoir aux responsables des partis, là où un vote donne directement la parole aux participants.
La règle du jeu devient donc centrale : qui pourrait voter, quels candidats participeraient et quel engagement prendraient les perdants ? Sans réponses communes, le mot « primaire » désigne une intention, pas encore une solution opérationnelle.
Les électeurs du centre et de droite ne veulent pas tous le même candidat
Le désir d’unité ne supprime pas les différences politiques. Un sondage Ipsos bva de mars 2026 sur une primaire du centre et de la droite l’illustrait déjà. À cette date, 82 % des sympathisants de cet ensemble souhaitaient une primaire.
Mais leurs préférences divergeaient. Parmi les sympathisants LR, 59 % citaient Bruno Retailleau pour porter une candidature unique, contre 40 % Édouard Philippe. Ces résultats autorisaient deux choix successifs : ils ne correspondaient donc pas à un vote départageant définitivement les candidats.
Cette différence éclaire le soutien maintenu par Larcher. Un rassemblement très large peut favoriser la personnalité la plus acceptable au centre, tout en demandant aux électeurs de droite de renoncer à leur premier choix. À l’inverse, un accord dominé par LR peut éloigner une partie des centristes.
Pour les citoyens, l’enjeu dépasse ainsi le nombre de noms sur le bulletin. Il concerne les engagements qui survivraient au compromis : dépenses publiques, services publics, sécurité ou protection sociale. Une candidature commune ne clarifie le choix que si elle porte aussi des arbitrages compréhensibles.
La prochaine étape : passer des appels aux règles
Le refus de Gérard Larcher ferme une piste, pas le débat. Dans les prochaines semaines, il faudra surveiller les réponses des prétendants à la proposition de Braun-Pivet : acceptent-ils une discussion commune, sur quel programme et selon quelle procédure ?
Le signe décisif sera moins un nouveau nom qu’un engagement partagé : un calendrier, des règles de désignation et l’acceptation du résultat. C’est à cette condition que l’appel au rassemblement pourra devenir une candidature unique pour 2027.



