Visite d’Emmanuel Macron à Marseille : inaugurations et message sécuritaire contre le narcotrafic, acteurs locaux frustrés après le meurtre de Mehdi Kessaci

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Déplacement présidentiel à Marseille (16 décembre) : Emmanuel Macron inaugure la nouvelle aile des Baumettes, le commissariat 13e‑14e et visite l’extension de la gare Saint‑Charles dans le cadre du plan « Marseille en grand ». La tournée veut afficher la fermeté de l’État face au narcotrafic et aux « narchomicides » après l’assassinat de Mehdi Kessaci.

Un « face aux lecteurs » organisé par le journal La Provence, programmé depuis plusieurs semaines pour débattre du danger des réseaux sociaux et des fake news, ouvre la journée de déplacement présidentiel à Marseille.

Au programme figurent ensuite des visites inaugurales du nouveau bâtiment de la prison des Baumettes et du commissariat regroupant les 13ᵉ et 14ᵉ arrondissements, situés au cœur des quartiers nord. La tournée doit se conclure sur le chantier de l’extension de la gare Saint-Charles. Ces étapes mettent en lumière des projets emblématiques du plan « Marseille en grand ».

Un déplacement sous haute tension symbolique

Plus d’un mois après l’assassinat de Mehdi Kessaci, 20 ans, petit frère d’Amine Kessaci — militant connu pour son action contre le narcotrafic — le programme de la visite présidentielle du mardi 16 décembre vise à réaffirmer l’attention portée par l’exécutif à la deuxième ville de France.

Le déplacement intervient alors que, depuis ce meurtre, deux autres jeunes hommes, dont un adolescent de 15 ans, ont été tués dans ce que la presse qualifie de « narchomicides ». Ce contexte sécuritaire douloureux confère à la présence présidentielle une dimension à la fois politique et symbolique.

Une volonté affichée de montrer l’action de l’État

« Le chef de l’Etat entend prouver qu’il répond bien aux enjeux régaliens posés par la lutte contre le narcotrafic », explique, depuis Paris, un très haut fonctionnaire récemment passé par Marseille. Cette formulation souligne la volonté du gouvernement de marquer sa détermination sur les sujets de sécurité et d’ordre public.

Emmanuel Macron lui-même l’a répété dans un entretien au journal La Tribune Dimanche, le 14 décembre : « Nul ne peut nier que les choses bougent et que l’Etat est au rendez-vous avec constance et sans tergiverser. » La citation, prononcée deux jours avant le déplacement, sera sans doute invoquée pour illustrer le message que veut porter la présidence.

Les inaugurations prévues — la nouvelle aile des Baumettes et le commissariat des 13ᵉ‑14ᵉ — constituent des réponses matérielles et symboliques à des attentes locales parfois anciennes. Elles traduisent aussi la logique du plan « Marseille en grand », présenté comme un ensemble d’investissements et de réformes visant à transformer la ville sur plusieurs fronts.

La visite au chantier de l’extension de la gare Saint-Charles s’inscrit dans cet agenda urbain. La gare, point nodal des déplacements et symbole du renouveau territorial, sert souvent de spectaculaire conclusion aux déplacements officiels ; ici, elle doit illustrer les retombées concrètes des investissements engagés.

Cadre politique et impact local

Au plan politique, ce type de déplacement cherche à allier fermeté sur la sécurité et démonstration d’un engagement public pour le développement urbain. La juxtaposition d’étapes consacrées à la lutte contre la criminalité et d’autres dédiées à l’aménagement urbain traduit cette double logique.

Sur le terrain, la perception de ces initiatives varie selon les acteurs locaux. Pour certains, les inaugurations et annonces constituent des avancées concrètes ; pour d’autres, elles n’empêchent pas la persistance d’un sentiment d’insécurité dans certains quartiers, renforcé par la récente vague de violences.

Le calendrier de la visite — organisé autour d’événements médiatiques et de chantiers visibles — témoigne d’une stratégie de communication assumée par l’exécutif. Montrer des réalisations et rappeler des engagements peut servir à répondre aux critiques sur l’efficacité des politiques publiques.

Sans présumer des effets à long terme, la journée doit permettre de réinscrire Marseille au cœur du débat national sur l’ordre public, la prévention du narcotrafic et la transformation urbaine, tout en donnant à voir des réponses immédiates à des attentes locales.

Les citations et les éléments factuels rapportés ici sont tirés du programme annoncé et d’un entretien paru le 14 décembre dans La Tribune Dimanche. Les termes employés pour qualifier certaines violences — notamment l’expression « narchomicides » — figurent dans les comptes rendus de presse cités et sont reproduits ici tels qu’ils ont été rapportés dans les sources d’origine.

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