Le gouvernement a saisi le parquet de Paris au sujet d’une possible « reconstitution » du groupe antifasciste la Jeune Garde, officiellement dissous, à la suite de l’agression mortelle du militant d’extrême droite Quentin Deranque, a indiqué, mardi 24 février, au quotidien Le Monde un participant à une réunion à l’Élysée, confirmant une information de l’Agence France‑Presse (AFP).
Une saisie du parquet et des dates précises
Le même participant a précisé que le parquet de Paris avait été saisi « il y a deux jours » d’un « dossier de reconstitution de ligue dissoute de la Jeune Garde ». Compte tenu de la date de la réunion, cette saisie remonterait au 22 février.
Les autorités examinent ces éléments après la mort de Quentin Deranque, 23 ans, survenue le 14 février, selon la chronologie fournie par les interlocuteurs cités lors de la réunion. Le décès fait suite à des coups portés lors d’une agression attribuée à des membres de l’ultragauche. Plusieurs suspects mis en examen sont, d’après les mêmes sources, liés à la Jeune Garde, groupe fondé en 2018 à Lyon et dissous en juin 2025.
Enquête et velléités de reconstitution
Selon le responsable présent à la réunion, les services de renseignement surveillaient déjà des « velléités de reconstitution » de groupuscules liés au mouvement dissous, et ce « sur cinq territoires au moins ». Les faits de Lyon ont, d’après lui, rendu le dossier « suffisamment étayé » pour saisir le parquet.
La formulation utilisée — « reconstitution de ligue dissoute » — renvoie à un cadre juridique précis qui vise les tentatives de recréation d’une organisation précédemment interdite. Les autorités entendent à présent établir si les éléments recueillis permettent d’engager des poursuites sous ce chef d’accusation.
Mesures administratives et procédures de dissolution
Lors de la réunion à l’Élysée, le chef de l’État a demandé au ministère de l’Intérieur de lancer des procédures de dissolution contre cinq « émanations » locales identifiées comme liées à la Jeune Garde. Le participant a refusé de préciser sur quels territoires ces structures opèreraient.
Par ailleurs, et sans lien direct avec le décès du militant, des procédures de dissolution étaient déjà engagées contre trois structures « d’ultradroite » et une « d’ultragauche ». Selon la même source, ces démarches devraient aboutir « dans les deux mois qui viennent ».
Depuis l’élection d’Emmanuel Macron en 2017, le gouvernement rappelle avoir dissous 24 groupes relevant de ce que l’exécutif qualifie de « mouvance ultra ». Celui‑ci assure ne pas privilégier « un camp par rapport à un autre ». Le président a également exprimé sa « préoccupation » sur le risque d’incidents durant la campagne des élections municipales de mars et a demandé à l’exécutif de veiller à ce que le scrutin « se déroule sereinement ».
Conséquences politiques et sécuritaires
Selon la source ayant pris la parole à l’issue de la réunion, depuis le décès de Quentin Deranque « 22 permanences parlementaires de LFI ont été dégradées ». Cette information a été rapportée au cours des échanges mais n’a pas été détaillée davantage dans le compte rendu disponible.
Étaient présents autour du président le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, le ministre de la Justice, Gérald Darmanin, la porte‑parole du gouvernement, Maud Bregeon, ainsi que des représentants de Matignon et des services de renseignement, d’après le même participant.
Contexte : la Jeune Garde et ses origines
La Jeune Garde, créée en 2018 à Lyon, figure au cœur du dossier. Le groupe avait été fondé, selon le texte initial du compte rendu, notamment par Raphaël Arnault, aujourd’hui député de La France insoumise. La structure avait été dissoute en juin 2025. Plusieurs personnes mises en examen dans l’affaire de Lyon sont présentées comme appartenant à cette mouvance.
Le signalement de possibles reconstitutions et la saisine du parquet témoignent d’un glissement du dossier vers une phase judiciaire potentiellement marquée par des investigations complémentaires. Les autorités suivent de près les suites de l’enquête, à la fois pour établir les responsabilités pénales et pour apprécier la nécessité de nouvelles mesures administratives.
Les éléments et citations cités ici proviennent du compte rendu d’un participant à la réunion, transmis au quotidien Le Monde, et d’une confirmation de l’AFP. Les informations rapportées correspondent exclusivement au contenu de ce compte rendu et n’ajoutent pas d’éléments nouveaux au dossier public.





