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ACTUALITé NATIONALE

En renonçant aux sénatoriales 2026, François Patriat laisse la Côte-d’Or chercher un successeur et expose la majorité macroniste

À 83 ans, François Patriat renonce à un nouveau mandat au Sénat. Son départ en 2026 ouvre une succession sensible en Côte-d'Or et retire à la majorité présidentielle l’un de ses appuis les plus anciens.

Devant une mairie de petite ville en Côte-d'Or, des habitants traversent une rue calme sous une lumière naturelle.

Un départ qui change la donne au Sénat

À quelques mois des sénatoriales du 27 septembre 2026, une question se pose déjà dans plusieurs camps : qui prendra la main quand des figures installées partiront ? En Côte-d’Or, le siège de François Patriat va justement s’ouvrir après trois mandats consécutifs au Sénat.

Ce scrutin n’a rien d’une élection directe. Les sénateurs sont choisis par un collège d’élus locaux, et la moitié du Sénat doit être renouvelée ce jour-là dans les départements de la série 2. Cela donne un poids particulier aux maires, aux conseillers municipaux et aux équilibres locaux.

François Patriat tourne la page

François Patriat ne se représentera pas en septembre 2026. À 83 ans, le sénateur de la Côte-d’Or met fin à une présence longue de dix-huit ans au Palais du Luxembourg, après avoir été élu en 2008 puis réélu en 2014 et en 2020.

Le parcours est plus ancien encore. Avant le Sénat, il a siégé quinze ans à l’Assemblée nationale comme député de la Côte-d’Or. Le Sénat rappelle aussi qu’il a exercé d’autres mandats locaux et nationaux, notamment comme maire de Chailly-sur-Armançon, président du conseil régional de Bourgogne, secrétaire d’État puis ministre.

Dans le groupe Rassemblement des démocrates, progressistes et indépendants, qu’il préside encore aujourd’hui, son départ marque la fin d’un repère politique. Ce groupe compte 19 membres, selon la dernière mise à jour du Sénat.

Ce que ce retrait dit de la majorité sénatoriale

Patriat n’est pas un sénateur comme les autres. Ancien socialiste passé du côté d’Emmanuel Macron, il a incarné au Sénat une fidélité constante au chef de l’État. Son retrait coïncide avec l’approche de la fin du second quinquennat, ce qui donne à son départ une portée politique plus large qu’un simple changement de visage.

Concrètement, cela compte pour plusieurs raisons. D’abord, le groupe RDPI perd un président expérimenté, capable de faire l’interface entre l’exécutif et la chambre haute. Ensuite, la majorité présidentielle au Sénat, déjà moins structurée que les grands blocs classiques, devra s’organiser sans l’un de ses rares visages historiques. Enfin, en Côte-d’Or, la succession relancera la bataille d’influence auprès des grands électeurs.

Le Sénat reste un lieu où l’ancrage local pèse lourd. Les élus qui y brillent longtemps doivent souvent leur stabilité à leur réseau de terrain, pas à la seule dynamique nationale. Le départ de Patriat illustre donc une réalité simple : quand une figure part, il ne s’agit pas seulement de remplacer un nom, mais tout un système d’alliances locales.

Qui y gagne, qui y perd ?

Pour les oppositions locales, cette vacance peut ouvrir une fenêtre. Un siège sortant d’un fidèle du président devient souvent un test de solidité pour la majorité présidentielle. Si le camp macroniste a encore des élus et des relais, il devra prouver qu’il peut exister sans son ancien capitaine.

À l’inverse, pour les réseaux locaux qui ont travaillé avec Patriat, le risque est celui d’une perte de continuité. Au Sénat, l’expérience compte autant que les étiquettes. Un départ de ce type peut redistribuer les équilibres entre maires ruraux, élus départementaux et formations politiques qui cherchent à capter les grands électeurs.

Du côté des critiques du macronisme, le moment est favorable pour rappeler qu’une fidélité personnelle au président ne remplace pas toujours une implantation politique solide. Cette lecture est évidemment intéressée, mais elle s’appuie sur un fait politique observable : le mouvement présidentiel a longtemps compté sur des personnalités venues d’autres horizons pour exister au Parlement.

Les lignes de fracture à surveiller

Le premier enjeu sera la composition des listes et des candidatures en Côte-d’Or. Le département fait partie des circonscriptions concernées par le renouvellement de la série 2, ce qui place la bataille au cœur du calendrier sénatorial de l’automne 2026.

Le deuxième enjeu sera politique. Le groupe RDPI doit garder une cohérence interne alors que son président s’efface. Le Sénat compte aujourd’hui huit groupes politiques, et chacun défend sa propre ligne sur les réformes, l’exécutif et le rapport aux autres forces du Palais du Luxembourg.

Le troisième enjeu sera plus symbolique. Le départ de François Patriat referme une séquence ouverte bien avant l’arrivée d’Emmanuel Macron à l’Élysée : celle d’un élu local devenu l’un des appuis les plus fidèles du macronisme au Parlement. Reste à voir qui, dans la majorité comme chez ses adversaires, saura transformer ce vide en avantage.

Les prochaines semaines diront si cette annonce ouvre seulement une succession locale, ou si elle annonce aussi le début d’un recomptage plus large des forces au Sénat. Le 27 septembre 2026, les grands électeurs trancheront.

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