Dupont-Aignan mise sur la sortie de l’Union européenne pour répondre aux inquiétudes des Français sur les prix et l’avenir
Pour sa quatrième campagne présidentielle, Nicolas Dupont-Aignan fait de la sortie de l’Union européenne le cœur de son projet. Il promet notamment une baisse des carburants, une nouvelle politique énergétique et 10 000 euros pour chaque nouveau-né.

Nicolas Dupont-Aignan lance sa quatrième campagne présidentielle avec une promesse centrale : sortir la France de l’Union européenne. Il lie cette rupture à une baisse des taxes sur les carburants, à une reprise du contrôle énergétique et à la création d’un capital de 10 000 euros pour chaque nouveau-né. Le financement et les conséquences restent à préciser.
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Que changerait concrètement une sortie de l’Union européenne pour le prix de l’essence, l’électricité ou les frontières ? C’est autour de cette question que Nicolas Dupont-Aignan veut installer sa quatrième campagne présidentielle.
Une candidature construite autour du « Frexit »
Le président de Debout la France a lancé sa campagne samedi 19 septembre. Il revendique une ligne claire : proposer la sortie de la France de l’Union européenne. « Je serai le seul candidat qui propose de sortir de cette prison qu’est l’Union européenne », a-t-il déclaré.
Le terme « Frexit » désigne un retrait de la France de l’Union européenne, sur le modèle du Brexit britannique. Une telle décision ne pourrait pas être appliquée par une simple annonce présidentielle. Elle supposerait une procédure de négociation avec les autres États membres, ainsi qu’un important débat institutionnel et politique en France.
Nicolas Dupont-Aignan présente cette rupture comme la condition préalable à une « reconstruction de l’Europe sur des bases saines ». Selon lui, la France doit retrouver une pleine maîtrise de ses frontières, de son budget et de ses choix économiques.
Le candidat souverainiste a déjà défendu cette orientation lors de ses trois précédentes candidatures. Il n’a toutefois jamais dépassé 5 % des suffrages exprimés au premier tour. Lors de l’élection présidentielle de 2022, il a obtenu moins de 5 %, ce qui a limité le remboursement public de ses dépenses de campagne, comme le rappelle la décision de la Commission nationale des comptes de campagne.
Des promesses centrées sur le pouvoir d’achat
La sortie de l’Union européenne n’est pas présentée comme un objectif institutionnel isolé. Nicolas Dupont-Aignan veut la relier à des mesures très concrètes pour les ménages.
Il promet notamment de réduire de 40 centimes le prix du litre de carburant. Pour y parvenir, il propose de baisser les taxes sur l’essence et le gazole. Une telle mesure bénéficierait directement aux automobilistes, surtout dans les territoires ruraux et périurbains, où la voiture reste souvent indispensable pour travailler ou accéder aux services publics.
Cette baisse profiterait toutefois davantage aux personnes qui roulent beaucoup. Les ménages sans voiture ou disposant de revenus modestes en bénéficieraient moins. Son financement pèserait aussi sur les recettes publiques, sauf compensation par d’autres économies ou par de nouvelles recettes.
Le candidat veut également sortir du marché européen de l’électricité. Il estime que cette décision permettrait de réduire les prix. Le marché européen organise les échanges d’électricité entre pays et encadre une partie de la formation des prix. En sortir donnerait davantage de liberté à l’État français, mais cela modifierait aussi les conditions d’achat et de vente d’électricité avec les pays voisins.
La mesure pourrait donc avantager l’État et les consommateurs si les coûts baissent réellement. Elle créerait aussi de nouvelles responsabilités pour la France, notamment en matière d’investissement, de production et de sécurité d’approvisionnement. Les effets ne seraient pas identiques pour un grand industriel, une petite entreprise ou un particulier.
Le financement repose sur une économie annoncée de 15 milliards d’euros
Nicolas Dupont-Aignan affirme qu’une sortie de l’Union européenne permettrait à la France d’économiser 15 milliards d’euros. Il souhaite utiliser cette somme pour réduire la dette et financer un capital de 10 000 euros pour chaque nouveau-né français.
Ce capital serait placé sur un livret d’épargne-retraite. Le dispositif viserait à donner aux jeunes générations un patrimoine de départ et à compléter, à long terme, les revenus de retraite. Le candidat défend une logique de capitalisation : l’argent serait investi au nom de l’enfant et utilisé plus tard.
Le coût global dépendrait du nombre de naissances et des règles de gestion du fonds. La mesure poserait aussi plusieurs questions. Qui administrerait ces comptes ? Quel rendement serait garanti ? Que se passerait-il en cas de déménagement à l’étranger ou de décès prématuré ? Le financement annoncé devrait également couvrir la durée complète du dispositif, et pas seulement sa première année.
Le montant de 15 milliards correspond à une estimation politique de l’économie réalisée. Il ne représente pas mécaniquement une somme disponible dans le budget de l’État. Le budget européen est financé par plusieurs recettes, dont les contributions nationales, une part de la TVA, les droits de douane et une contribution liée aux déchets plastiques non recyclés. La présentation de ces ressources par Vie publique rappelle que les contributions nationales constituent l’essentiel du financement.
Une rupture qui dépasserait la seule question budgétaire
La France est un contributeur important au budget de l’Union. Mais elle reçoit aussi des financements européens. Ils soutiennent notamment l’agriculture, les territoires, la recherche et certains investissements publics.
La France bénéficie également du marché unique. Les entreprises peuvent vendre leurs produits dans les autres pays membres avec des règles communes. Les salariés, les étudiants et les citoyens peuvent circuler plus facilement. La Représentation de la Commission européenne en France souligne que le marché unique donne accès à un espace de plus de 445 millions de consommateurs.
Une sortie pourrait donc rendre certaines décisions plus autonomes. Elle pourrait aussi imposer de renégocier les échanges commerciaux, les normes, les droits de douane et la circulation des personnes. Les grands groupes pourraient disposer de moyens pour absorber cette transition. Les petites entreprises exportatrices seraient davantage exposées aux formalités et aux changements de règles.
Sur l’immigration, Nicolas Dupont-Aignan veut « récupérer nos frontières ». La France contrôle déjà une partie de ses frontières extérieures et participe à la coopération européenne. Une sortie modifierait cette organisation. Elle donnerait à Paris davantage de latitude, mais obligerait aussi le pays à gérer seul plusieurs accords, contrôles et dispositifs de coopération.
Ukraine, souveraineté et concurrence politique
Le candidat propose par ailleurs de supprimer l’aide française à l’Ukraine. Cette position s’inscrit dans une volonté de réduire les engagements extérieurs de la France et de recentrer les dépenses sur les priorités nationales.
Ses adversaires lui opposeront le coût stratégique d’un retrait. L’Union européenne consacre une partie de son budget à l’aide à l’Ukraine et à la sécurité du continent. Le budget européen adopté pour 2026 atteint 192,8 milliards d’euros en engagements, selon le Conseil de l’Union européenne.
Cette ligne distingue Nicolas Dupont-Aignan du Rassemblement national, qui a longtemps défendu une transformation de l’Union de l’intérieur plutôt qu’une sortie immédiate. Elle le place aussi en concurrence avec d’autres forces souverainistes, sur un électorat sensible aux prix, à l’immigration et au sentiment de perte de contrôle politique.
La question centrale sera donc celle de la crédibilité. Pour convaincre au-delà de son socle électoral, le candidat devra détailler le calendrier de sortie, les conséquences commerciales, le financement de ses promesses et les garanties pour les ménages.
Les prochaines étapes à surveiller
La campagne devra d’abord transformer les annonces en programme chiffré. Les propositions sur le carburant, l’électricité, le capital de 10 000 euros et l’aide à l’Ukraine devront être précisées.
Il faudra aussi observer la place prise par la question européenne dans les autres candidatures. Si plusieurs prétendants défendent une renégociation des traités ou une rupture avec certaines règles européennes, Nicolas Dupont-Aignan devra démontrer ce qui distingue son projet.
Enfin, sa capacité à obtenir les parrainages nécessaires et à dépasser le seuil des 5 % constituera un premier test politique. Jusqu’ici, ses trois candidatures présidentielles n’ont pas franchi ce cap.



