Présidentielle 2027 : le duo Zemmour-Knafo veut capter les Français sans dire qui portera réellement le projet
Sarah Knafo lance une consultation citoyenne sur le programme, tandis qu’Éric Zemmour entretient le flou sur sa candidature. À un an de 2027, Reconquête teste sa capacité à peser sans dévoiler son ticket final.

Un prompt optimisé est pré-rempli pour chaque moteur. Les résultats générés par l'IA peuvent différer du contenu original.
À qui profite le flou autour de 2027 ?
Dans la famille Zemmour-Knafo, la vraie question n’est pas seulement de savoir qui sera candidat. C’est de comprendre qui tient la main sur la suite du projet politique, et avec quelle méthode. À un peu moins d’un an de l’échéance présidentielle, le duo cherche à éviter l’image d’une rivalité interne tout en gardant les cartes en main.
Le cadre est simple. L’élection présidentielle française se déroule au suffrage universel direct, en deux tours, pour un mandat de cinq ans. La prochaine aura lieu en 2027. À ce stade, la bataille ne se joue donc pas seulement sur les idées. Elle se joue aussi sur la capacité à exister médiatiquement, à structurer un camp et à préparer une candidature crédible.
Sarah Knafo lance la consultation, Zemmour calme le jeu
Fin avril, Sarah Knafo a mis en ligne une plateforme participative sur le programme pour la présidentielle 2027. Le site se présente comme un espace où les citoyens peuvent proposer des idées, voter pour des priorités et contribuer à la construction d’un programme. Les conditions d’utilisation précisent que la plateforme vise « la construction du programme politique pour l’élection présidentielle de 2027 » et qu’elle est éditée par Sarah Knafo.
Sur cette même plateforme, Sarah Knafo explique vouloir passer « du constat aux solutions » et construire un programme « sérieux, chiffré, applicable ». Le message est clair : capter des préoccupations concrètes, les faire remonter, puis les transformer en ligne politique. Pour Reconquête, l’intérêt est évident. Cette méthode permet de donner une image d’ouverture et d’écoute, au moment où le parti cherche encore à élargir son audience au-delà de son noyau dur.
Éric Zemmour, lui, a tenu à couper court aux spéculations. Jeudi 21 mai, il a assuré qu’il n’y avait « aucun problème » entre eux. Il a dit avoir entendu Sarah Knafo souhaiter qu’il soit candidat. Début mai déjà, il avait expliqué être à ses côtés pour préparer le programme et se « préparer » lui aussi, tout en laissant ouverte l’idée d’une primaire à droite.
Dans le même temps, son livre Le Suicide français a été réédité cette semaine. L’éditeur présente cette nouvelle version comme une édition actualisée de l’essai paru en 2014. Là encore, le signal politique compte autant que le signal éditorial : Zemmour continue d’occuper le terrain intellectuel et médiatique, même sans avoir tranché formellement sa candidature.
Ce que cette stratégie change vraiment
Cette séquence éclaire une réalité simple : dans les formations politiques très personnalisées, le programme sert aussi de test de leadership. Ici, la consultation participative ne vaut pas seulement pour son contenu. Elle sert à mesurer qui attire l’attention, qui incarne le projet et qui peut parler au-delà du cercle militant. Autrement dit, elle aide à arbitrer un rapport de force interne sans annoncer la couleur trop tôt.
Pour Sarah Knafo, le bénéfice est double. D’un côté, elle consolide son image de figure montante, déjà visible à Paris lors des municipales de 2026. De l’autre, elle s’installe comme architecte du programme, ce qui lui donne une place centrale même si elle ne porte pas la candidature finale. Pour Éric Zemmour, l’enjeu est différent : rester le chef de file incontesté sans apparaître en retrait face à une alliée devenue très visible.
Le mécanisme politique est classique, mais efficace. Une personnalité très exposée lance la phase d’élaboration. Le chef du parti rappelle qu’il est toujours là. Et chacun laisse planer l’hypothèse d’un scénario encore ouvert. Cette souplesse évite une guerre de succession publique. Elle permet aussi de garder la main sur les militants, les donateurs et les futurs soutiens locaux, au moment où les parrainages de la présidentielle restent une condition incontournable pour figurer sur le bulletin de vote.
Le débat n’est pas neutre pour les électeurs. Les sympathisants de Reconquête peuvent y voir une preuve de vitalité et de méthode. Les électeurs plus larges, eux, peuvent aussi y lire une communication très verrouillée, centrée sur un couple politique et sur une même marque idéologique. La consultation promet d’ouvrir la porte aux idées venues de l’extérieur. Mais la décision finale reste concentrée au sommet. C’est là que se situe la limite du dispositif.
Les critiques en face, et la suite à surveiller
La critique la plus évidente vient de ceux qui contestent déjà la méthode Reconquête. Pour eux, cette plateforme ressemble moins à une grande délibération citoyenne qu’à un outil de campagne déguisé. Le soupçon est simple : faire remonter des idées, oui, mais surtout occuper l’espace, valoriser une figure politique et préparer l’affiche de 2027. Cette lecture est d’autant plus plausible que la communication du site met fortement en avant Sarah Knafo et son rôle personnel dans la construction du programme.
À l’inverse, les soutiens de Knafo et Zemmour peuvent défendre une logique plus pragmatique. Dans un pays où une partie des électeurs se sent tenue à distance des partis, la consultation donne l’impression d’une politique moins verticale. Elle permet aussi de repérer des thèmes porteurs : pouvoir d’achat, sécurité, école, santé. Le risque, toutefois, est connu : si les contributions restent filtrées, la promesse de participation peut sembler plus symbolique que réelle.
Un autre élément compte : le calendrier. La présidentielle de 2027 approche, et la séquence des prochains mois dira si Reconquête s’oriente vers une candidature Zemmour, une montée en puissance de Knafo, ou une architecture plus subtile entre les deux. La possibilité d’une primaire à droite, que Zemmour dit ne pas exclure, reste une variable à surveiller. Elle pourrait redistribuer les rôles, ou au contraire rester théorique si aucun accord large ne se dessine.
Le prochain rendez-vous politique n’est donc pas un vote immédiat, mais une clarification. Il faudra observer la suite des prises de parole, les premiers enseignements de la consultation en ligne et, surtout, la façon dont Reconquête présentera son camp au moment où les autres forces politiques commencent elles aussi à se positionner pour 2027. C’est là que le flou actuel devra céder la place à une vraie stratégie.



