Présidentielle 2027 : Sarah Knafo impose le pouvoir d’achat dans un parti encore dominé par Éric Zemmour
Avec son livre consacré aux impôts et aux dépenses publiques, Sarah Knafo élargit le discours de Reconquête. Sa visibilité relance les interrogations sur la candidature présidentielle 2027 du parti.

Sarah Knafo utilise la sortie de son livre sur les impôts et les dépenses publiques pour s’imposer dans le débat politique. Cette exposition élargit le discours de Reconquête, mais ravive aussi la question du candidat du parti en 2027, entre une figure montante et Éric Zemmour, toujours aux commandes.
Un prompt optimisé est pré-rempli pour chaque moteur. Les résultats générés par l'IA peuvent différer du contenu original.
Qui incarnera Reconquête à la présidentielle de 2027 ? Pour l’instant, le parti d’Éric Zemmour avance avec deux visages. Le président prépare son retour politique. Sarah Knafo, elle, occupe déjà une grande partie de l’espace médiatique.
Une rentrée politique placée sous le signe de l’argent
Le livre de Sarah Knafo, Le Casse du siècle, paraît le 2 septembre 2026 chez Fayard. L’ouvrage compte 286 pages. Son premier tirage atteint 100 000 exemplaires. Plus de 25 000 précommandes auraient été enregistrées avant sa sortie.
L’eurodéputée de Reconquête y développe une accusation centrale : l’État utiliserait mal l’argent public et prélèverait trop d’impôts. Elle présente son ouvrage comme une enquête, nourrie par dix années de notes et de travail.
« Ce livre est l’aboutissement de dix années de notes et de travail. Il ne parle pas de moi mais de votre argent », explique-t-elle dans sa présentation. Elle affirme vouloir montrer aux Français comment leurs revenus sont utilisés.
Le thème n’a rien d’anodin. Le pouvoir d’achat, la fiscalité et la dette publique devraient compter parmi les sujets sensibles de la prochaine campagne présidentielle. En choisissant cet angle, Sarah Knafo cherche donc à sortir du seul débat sur l’immigration et l’identité. Ce sont les thèmes qui ont longtemps structuré la parole d’Éric Zemmour.
Dans les médias, la séquence est particulièrement visible. Sarah Knafo enchaîne les entretiens dans la presse écrite, à la radio et à la télévision. Cette exposition dépasse largement le cadre militant de Reconquête. Elle construit ainsi une image plus autonome, celle d’une responsable politique capable de porter ses propres sujets.
La « parenthèse Knafo » dans la course à 2027
Sarah Knafo n’est pas une nouvelle venue dans l’appareil de Reconquête. Conseillère proche d’Éric Zemmour pendant la présidentielle de 2022, elle est devenue l’une des figures les plus visibles du parti. Élue députée européenne en juin 2024, elle dispose désormais d’un mandat et d’une tribune institutionnelle.
Son ascension a alimenté les spéculations sur une candidature à l’Élysée. Depuis plusieurs mois, son nom circule dans les discussions sur la droite et l’extrême droite. Elle a aussi été citée dans l’hypothèse d’une primaire élargie, aux côtés de responsables issus de la droite classique.
Sarah Knafo assure pourtant qu’Éric Zemmour reste le « candidat naturel » de Reconquête. Le parti n’a pas officiellement désigné son représentant pour 2027. Éric Zemmour entretient lui-même l’hypothèse d’un retour. Il avait recueilli 7,07 % des voix au premier tour de la présidentielle de 2022.
La situation crée une ambiguïté politique. Le chef du parti conserve l’autorité formelle. Mais sa conseillère devenue élue nationale bénéficie aujourd’hui d’une visibilité croissante. Cette différence de traitement nourrit l’idée d’un possible passage de témoin, même si aucun choix définitif n’est annoncé.
Cette visibilité ne signifie pas automatiquement candidature. Un livre permet de tester un discours, d’élargir une audience et d’occuper le terrain. Il ne remplace ni une organisation de campagne, ni un réseau d’élus, ni les 500 parrainages nécessaires pour se présenter à l’élection présidentielle.
Deux stratégies pour un même parti
Éric Zemmour possède une notoriété nationale construite avant même la création de Reconquête. Il dispose aussi d’une expérience présidentielle et d’une base militante constituée autour de son nom. Pour le parti, le maintenir comme candidat potentiel garantit une continuité et évite d’ouvrir trop tôt une bataille interne.
Son principal handicap reste toutefois son score de 2022. Il avait devancé certains concurrents de droite sur plusieurs thèmes, mais il n’avait pas atteint le second tour. Depuis, Reconquête a perdu plusieurs figures importantes et peine à peser face au Rassemblement national, qui dispose d’une implantation électorale plus solide.
Sarah Knafo représente un autre profil. Plus jeune, elle peut mettre en avant une génération nouvelle. Son discours économique élargit également le registre du parti. Elle parle de dépenses publiques, de fiscalité et de cryptomonnaies. Cette orientation peut attirer des électeurs sensibles à la baisse des impôts, mais moins mobilisés par les thèmes identitaires.
Pour ses soutiens, cette évolution permettrait de rendre Reconquête plus audible dans une campagne dominée par les questions sociales. Pour ses adversaires, elle ne changerait pas la ligne générale du mouvement. Ils soulignent que le parti reste situé à l’extrême droite et que son discours sur l’immigration demeure central.
Cette opposition de lecture est importante. Le livre bénéficie d’abord à Sarah Knafo, qui gagne en autonomie et en reconnaissance. Il peut aussi servir Reconquête en imposant ses thèmes dans le débat. Mais il peut, à l’inverse, accentuer la comparaison avec Éric Zemmour et rendre plus visible la faiblesse actuelle du parti.
Le procès de l’État, entre colère fiscale et contraintes budgétaires
La critique de Sarah Knafo s’appuie sur une colère largement répandue. Beaucoup de ménages ont le sentiment de payer davantage sans bénéficier d’un service public à la hauteur. Les entreprises dénoncent également la complexité des prélèvements et des normes.
La réponse politique n’est pourtant pas simple. Réduire les impôts implique de réduire les dépenses, d’augmenter d’autres recettes ou d’accepter davantage de déficit. Chaque option produit des gagnants et des perdants. Les ménages les plus aisés peuvent bénéficier davantage d’une baisse de certains prélèvements. Les classes populaires dépendent souvent plus fortement des services publics et des prestations sociales.
Les petites entreprises sont, elles aussi, dans une situation différente de celle des grands groupes. Une simplification administrative peut leur apporter un gain immédiat. Mais une baisse uniforme des cotisations ne produit pas les mêmes effets selon les secteurs, les niveaux de salaire et la capacité à automatiser les tâches.
Les défenseurs de l’État social rappellent donc que les dépenses publiques financent aussi la santé, l’éducation, les retraites et les collectivités locales. Les critiques de la dépense répondent que l’efficacité ne se mesure pas seulement au montant engagé. Le débat porte ainsi moins sur l’existence de l’impôt que sur son usage, ses priorités et son contrôle.
Cette contradiction constitue le point sensible du projet de Sarah Knafo. Accuser l’État de « voler l’argent des Français » permet de formuler une colère claire. Transformer cette accusation en programme exige ensuite de préciser les économies envisagées, les services concernés et les conséquences pour les citoyens.
Ce qu’il faut surveiller avant la présidentielle
La première échéance sera politique avant d’être électorale : Reconquête devra clarifier son dispositif pour 2027. Le parti devra déterminer si Éric Zemmour reste son candidat, si Sarah Knafo prend sa place ou si une autre stratégie est envisagée.
Les prochaines prises de parole permettront aussi de mesurer la portée réelle du livre. Sarah Knafo restera-t-elle concentrée sur la fiscalité et les finances publiques ? Reviendra-t-elle davantage aux thèmes identitaires traditionnels de Reconquête ? La réponse dira si son exposition sert une campagne personnelle ou une relance collective.
Enfin, le rapport de force avec le Rassemblement national sera décisif. Reconquête devra prouver qu’il peut exister au-delà de la notoriété de ses dirigeants. Pour l’instant, Sarah Knafo attire les projecteurs. Éric Zemmour conserve le parti et l’étiquette présidentielle. La question est désormais de savoir si cette complémentarité tiendra jusqu’au choix du candidat.
Présentation officielle du livre Le Casse du siècle chez Fayard



