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ÉLECTIONS Le pouvoir d’achat sous tension

Primaire gauche 2026 : Glucksmann mise sur l’écologie et le pouvoir d’achat pour convaincre les citoyens

À Montpellier, Raphaël Glucksmann défend une gauche de gouvernement face à la hausse des carburants et à l’urgence climatique. Sa candidature devra aussi surmonter les divisions de la gauche avant la présidentielle.

Des pompes à carburant dans une station-service, image illustrant la hausse du prix des carburants.
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En bref

À Montpellier, Raphaël Glucksmann a présenté sa candidature comme une réponse aux difficultés sociales et à l’urgence climatique. Il veut associer écologie, transports accessibles et soutien au pouvoir d’achat, tout en rassemblant la gauche sociale-démocrate face à l’extrême droite. La primaire doit départager les candidats en octobre.

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Que peut changer une candidature de gauche dans la vie quotidienne, quand les prix augmentent et que le climat se dégrade ? À Montpellier, Raphaël Glucksmann veut répondre à cette question par une promesse simple : reprendre le pouvoir pour agir concrètement.

Une candidature qui veut partir du quotidien

Vendredi 18 septembre 2026, Raphaël Glucksmann a défendu à Montpellier l’idée d’une gauche capable de gouverner et de transformer les conditions de vie. « Un président de gauche, un gouvernement de gauche, pour transformer la vie des Français », a-t-il déclaré devant la presse.

Le candidat participait à une réunion publique aux côtés de Michaël Delafosse, le maire socialiste de Montpellier. Il a présenté la ville comme un exemple local de sa ligne politique. Il a notamment cité les transports gratuits, la place donnée à l’écologie et la volonté de ne pas laisser les questions de sécurité de côté.

Le déplacement s’inscrit dans la campagne de la primaire de la gauche sociale-démocrate. Le premier tour est annoncé les 9 et 10 octobre 2026. Cette primaire doit départager plusieurs sensibilités de la gauche non mélenchoniste avant la présidentielle de 2027.

Raphaël Glucksmann cherche ainsi à occuper un espace précis : celui d’une gauche à la fois sociale, écologiste, européenne et attachée à l’exercice du pouvoir. Son objectif consiste aussi à convaincre des électeurs qui ne se reconnaissent ni dans le macronisme ni dans la stratégie de La France insoumise.

Carburants, climat et inquiétude sociale

À Montpellier, le candidat a dressé un tableau très sombre de la situation du pays. Il a parlé d’une « situation sociale catastrophique ». Il a particulièrement insisté sur la hausse du prix des carburants, qu’il juge appelée à « empirer ».

Cette question dépasse largement le prix affiché dans les stations-service. Pour les ménages qui utilisent leur voiture pour travailler, se soigner ou accompagner leurs enfants, une hausse durable pèse directement sur le budget. Les habitants des zones rurales et périurbaines disposent souvent de moins d’alternatives que les citadins.

Les conséquences ne sont pas identiques pour tous. Un salarié qui peut prendre les transports collectifs est moins exposé qu’un employé dépendant de sa voiture. De même, les ménages modestes consacrent une part plus importante de leurs revenus aux dépenses contraintes. Une hausse limitée en apparence peut donc réduire fortement leur reste à vivre.

Le candidat a également relié la crise sociale à la crise climatique. Il a évoqué un été marqué par des conditions météorologiques difficiles. Pour lui, ces deux problèmes doivent être traités ensemble, grâce à une transition écologique qui protège aussi le pouvoir d’achat.

Cette articulation constitue l’un des points centraux de son discours. L’écologie ne doit pas seulement imposer de nouvelles règles. Elle doit aussi proposer des solutions accessibles : transports abordables, rénovation des logements, baisse de la dépendance aux énergies fossiles et accompagnement des ménages.

Le pari des « 100 jours » écologiques

Raphaël Glucksmann a annoncé que Yannick Jadot serait chargé, en cas de victoire présidentielle, de piloter les « 100 jours de la révolution écologique ». Cette formule renvoie à une volonté d’agir rapidement au début du mandat, plutôt que de repousser les mesures à plus tard.

Un tel calendrier permettrait de donner une direction politique dès les premières semaines. Il ne suffirait toutefois pas à résoudre les difficultés concrètes. La transition écologique nécessite des investissements, des administrations capables de les conduire et un financement durable.

Elle suppose aussi de gérer des oppositions. Les entreprises de secteurs dépendants aux énergies fossiles peuvent craindre des normes plus strictes. Les ménages peuvent redouter de nouvelles dépenses. Les collectivités, elles, doivent disposer de moyens suffisants pour développer les transports, rénover les bâtiments ou adapter les villes aux fortes chaleurs.

Le cas de Montpellier illustre cette tension. Les transports gratuits peuvent faciliter les déplacements et réduire la place de la voiture. Mais leur financement repose sur des choix budgétaires locaux. Leur extension à d’autres territoires dépendrait donc des ressources disponibles, de la densité urbaine et de l’offre de transport existante.

Une gauche qui veut redevenir majoritaire

Au-delà des mesures annoncées, le candidat porte un message électoral. Il veut « réveiller l’enthousiasme » d’une gauche qu’il juge trop souvent enfermée dans la défensive. Selon lui, cette famille politique serait la seule capable de constituer un « barrage » contre l’arrivée au pouvoir de la famille Le Pen.

Cette stratégie bénéficie d’abord à la gauche sociale-démocrate. Elle lui permet de se présenter comme une force de gouvernement, capable de réunir des socialistes, des écologistes et des électeurs progressistes. Elle peut aussi attirer des élus locaux qui souhaitent défendre un projet de gauche sans s’allier avec La France insoumise.

Ses soutiens mettent en avant un profil jugé compatible avec l’exercice du pouvoir. Yannick Jadot défend notamment l’idée d’un rassemblement de la gauche sociale et écologiste autour d’une candidature commune. Plusieurs responsables socialistes ont aussi apporté leur soutien à Raphaël Glucksmann dans la perspective de la primaire.

Mais cette stratégie rencontre une contestation réelle. Une partie des écologistes estime qu’une candidature sociale-démocrate ne suffira pas à élargir la base électorale de la gauche. Marine Tondelier a notamment considéré qu’un candidat de ce type ne pouvait pas gagner seul la présidentielle.

La question du rassemblement reste donc entière. Raphaël Glucksmann veut construire une offre politique distincte de La France insoumise. Ses adversaires lui reprochent de risquer une nouvelle division de la gauche. La difficulté sera de convaincre à la fois les électeurs modérés et ceux qui attendent une rupture économique plus nette.

Ce que la primaire doit encore trancher

La primaire devra d’abord départager les candidats. Elle devra ensuite clarifier le programme commun et le périmètre du rassemblement. Une victoire de Raphaël Glucksmann ne réglerait pas automatiquement les tensions entre le Parti socialiste, les écologistes et les autres forces progressistes.

Le débat portera aussi sur la méthode. Faut-il privilégier une ligne clairement sociale-démocrate, avec l’objectif de gagner des électeurs au centre ? Ou faut-il chercher un accord plus large à gauche, au risque de rendre le projet moins lisible ?

Dans les prochaines semaines, les débats de la primaire permettront de mesurer la solidité de cette stratégie. Il faudra surtout observer les propositions sur le prix des carburants, les transports, la transition écologique et les alliances électorales.

L’échéance immédiate reste le premier tour de la primaire, prévu les 9 et 10 octobre 2026. C’est à cette occasion que les électeurs appelés à participer diront si la promesse d’une gauche capable de « transformer la vie des Français » peut devenir une dynamique présidentielle.

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