Élections israéliennes : l’alternance peut-elle changer la place des Palestiniens dans le débat politique ?
Le scrutin oppose Benjamin Netanyahou à Gadi Eisenkot, mais leurs positions convergent sur le rejet d’un État palestinien. Les négociations de coalition décideront aussi du poids des partis arabes et de l’avenir des institutions.

Le scrutin du 27 octobre oppose Benjamin Netanyahou à Gadi Eisenkot, sans offrir de perspective claire de création d’un État palestinien. La formation d’une majorité dépendra des alliances à la Knesset, alors que les principaux partis d’opposition écartent une coalition avec les formations arabes. Les choix du prochain gouvernement pèseront sur les institutions et les politiques envers les
Un prompt optimisé est pré-rempli pour chaque moteur. Les résultats générés par l'IA peuvent différer du contenu original.
Changer de Premier ministre peut-il changer l’avenir des Palestiniens ? En Israël, les élections du 27 octobre 2026 opposent deux camps sur le pouvoir et les institutions, mais beaucoup moins sur la perspective d’un État palestinien.
Un scrutin décisif, mais pas sur tous les sujets
Le choix ne se résume pas à deux hommes. Les électeurs désignent les 120 députés de la Knesset, le Parlement israélien. Les partis négocient ensuite une coalition, généralement autour d’une majorité de 61 sièges. Le seuil d’entrée au Parlement atteint 3,25 % des suffrages : quelques petites listes peuvent donc déterminer l’issue du scrutin.
Benjamin Netanyahou, chef du Likoud, affronte principalement Gadi Eisenkot, ancien chef d’état-major et dirigeant du parti centriste Yashar. Cependant, l’opposition reste fragmentée. Elle rassemble des formations de droite, du centre et de gauche, unies contre le Premier ministre sans partager un programme commun. Les sondages décrivent une course serrée, sans majorité garantie pour aucun bloc.
Après trois années de guerre, la responsabilité des dirigeants dans les défaillances du 7 octobre 2023 occupe une place centrale. Les exemptions militaires des ultraorthodoxes et l’avenir des contre-pouvoirs comptent également. Ces débats touchent directement les familles de soldats, les communautés religieuses et les citoyens préoccupés par l’indépendance de la justice.
Deux adversaires, une même opposition à l’État palestinien
Sur le conflit israélo-palestinien, l’alternative apparaît plus étroite. Eisenkot rejette lui aussi la création d’un État palestinien dans le contexte ouvert par l’attaque du Hamas. Le 27 août 2026, il qualifie d’illusoire la perspective de deux États. Son opposition à Netanyahou ne constitue donc pas une promesse de reprise des négociations vers l’indépendance palestinienne.
Les différences ne disparaissent pas pour autant. Eisenkot critique les violences de colons contre les Palestiniens en Cisjordanie. Il s’oppose aussi au projet de colonisation E1, qui compromettrait la continuité territoriale entre plusieurs centres de population palestiniens. Mais il justifie notamment ces critiques par les risques pour la légitimité internationale et les intérêts d’Israël, comme le montre son entretien sur l’État palestinien et la colonisation E1.
Cette distinction compte concrètement. Pour les Palestiniens exposés aux attaques de colons, une intervention plus ferme de l’armée pourrait modifier la sécurité quotidienne. Elle ne répondrait toutefois ni à la question de la souveraineté ni à celle de l’occupation. Pour les défenseurs des colonies, contenir les violences peut aussi servir à préserver leur implantation en limitant les critiques internationales.
Le pouvoir, la justice et le poids des alliés
Netanyahou défend son expérience et sa capacité à protéger Israël. Ses soutiens mettent en avant son bilan sécuritaire et économique. Ses adversaires lui reprochent au contraire les échecs ayant précédé le 7 octobre et sa conduite des guerres suivantes. Il demeure poursuivi en Israël pour corruption, fraude et abus de confiance, accusations qu’il conteste.
Le conflit institutionnel reste profond. En juillet 2023, sa majorité avait adopté une disposition limitant le contrôle de la Cour suprême sur les décisions gouvernementales. La Cour l’a annulée en janvier 2024. Derrière cette bataille juridique se trouve une question simple : qui peut empêcher un gouvernement de dépasser ses pouvoirs ?
Eisenkot propose, lui, de renforcer l’indépendance judiciaire et de clarifier les rapports entre les institutions. Les objectifs de Yashar recensés par l’Israel Democracy Institute comprennent également un service militaire ou national pour chaque citoyen. Ses électeurs peuvent donc attendre une rupture institutionnelle, sans nécessairement obtenir une rupture diplomatique.
Les petits partenaires disposent, eux aussi, d’intérêts précis. Netanyahou s’appuie sur l’extrême droite et les partis ultraorthodoxes. La nécessité de conserver leurs sièges leur donne un levier sur les politiques publiques. À l’inverse, remettre en cause les exemptions militaires répond aux demandes de ceux qui supportent déjà les contraintes du service. Ce conflit traverse la société bien au-delà des personnalités.
Les citoyens arabes, électeurs mais partenaires écartés
Une contradiction structure le scrutin : les partis arabes peuvent peser sur la majorité, mais les principales formations de l’opposition refusent une coalition avec eux. La note du service de recherche du Parlement européen sur les élections israéliennes souligne que cette exclusion augmente le risque de blocage.
Pour les citoyens palestiniens d’Israël, l’enjeu dépasse donc le remplacement du Premier ministre. Il concerne leur capacité à transformer leurs votes en décisions. Les habitants de Gaza et les Palestiniens de Cisjordanie, eux, ne choisissent pas le gouvernement israélien, malgré les conséquences directes de ses décisions sur leur existence.
Les stratégies arabes ne sont pas uniformes. Mansour Abbas, dirigeant de Ra’am, privilégie notamment les problèmes locaux et la lutte contre la criminalité dans les communautés arabes. Son parti avait rejoint une coalition gouvernementale en 2021. Ce précédent rappelle qu’une coopération demeure possible, même lorsque les principaux acteurs la rejettent pendant la campagne.
Après le vote, compter les partenaires autant que les sièges
La priorité donnée à la sécurité ne clôt pas le débat international. L’Union européenne soutient une solution à deux États et sanctionne des colons violents. Cette position offre un contrepoint au refus partagé par les deux principaux concurrents : une alternance à Jérusalem ne suffirait pas à régler les désaccords diplomatiques.
Le 27 octobre, il faudra donc regarder au-delà du parti arrivé premier. Le franchissement du seuil électoral par les petites listes, puis les conditions posées par chaque partenaire seront déterminants. Les négociations révéleront surtout quelles promesses résistent à la recherche des 61 sièges : exclusion des partis arabes, réforme du service militaire ou refus de gouverner avec Netanyahou.



