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INTERNATIONAL

Frappes sur Larak, missiles en Jordanie et Brent à 90 dollars : l’escalade entre l’Iran et les États-Unis menace l’Europe

Les hostilités reprennent dans le détroit d'Ormuz après un mois d'accalmie. Frappes américaines, riposte iranienne, pétrole en hausse : les conséquences pour l'Europe et la France s'annoncent durables.

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Un mois d’accalmie, et puis tout recommence. Le 31 août, les forces américaines ont bombardé deux lanceurs de roquettes iraniens sur l’île de Larak, en plein détroit d’Ormuz. Téhéran a riposté dans la foulée avec des missiles et des drones contre des cibles américaines en Jordanie et aux Émirats arabes unis. Résultat : trois morts côté iranien, huit missiles interceptés au-dessus de la Jordanie, un drone détecté dans les eaux émiraties, et le baril de Brent qui repasse au-dessus des 90 dollars. Pour l’Europe, ce regain de tension n’est pas un événement lointain : c’est une facture énergétique qui arrive.

Larak, l’île qui cristallise la crise

Selon le Centcom, le commandement militaire américain pour le Moyen-Orient, les Gardiens de la Révolution avaient été observés en train de préparer le lancement de roquettes chargées de mines marines dans le détroit d’Ormuz. Les frappes sur Larak avaient donc un objectif préventif : empêcher un nouveau minage du passage maritime par lequel transitent 20 % du pétrole mondial et un cinquième du gaz naturel liquéfié (GNL) de la planète.

La riposte iranienne a été immédiate. Des missiles ont visé des cibles américaines en Jordanie, où huit projectiles ont été abattus, et un drone a pénétré l’espace aérien des Émirats arabes unis. Abu Dhabi a dénoncé « une escalade dangereuse ». Les forces armées iraniennes ont mis en garde les États voisins contre une « riposte bien plus forte » si de nouvelles frappes étaient lancées depuis leur territoire.

Le président iranien Massoud Pezeshkian a tenu un discours en apparence contradictoire avec les actes de son armée, affirmant ne pas vouloir la poursuite de la guerre. Ce décalage illustre les tensions internes au régime entre la ligne diplomatique de la présidence et la posture offensive des Gardiens de la Révolution.

Sept mois de conflit, des négociations au point mort

Le conflit entre Washington et Téhéran est entré dans son septième mois. Tout a basculé le 28 février 2026, lorsque les États-Unis et Israël ont lancé l’opération « Epic Fury » contre des sites militaires iraniens, entraînant la mort du Guide suprême Ali Khamenei. L’Iran a répliqué en fermant le détroit d’Ormuz le 4 mars, provoquant ce que l’Agence internationale de l’énergie a qualifié de plus grande perturbation de l’approvisionnement pétrolier de l’histoire.

Le Brent avait alors bondi au-dessus de 120 dollars le baril. Un cessez-le-feu temporaire en avril avait fait retomber la pression, mais les négociations n’ont jamais abouti. Le regain de frappes du 31 août confirme que la spirale n’est pas brisée. Donald Trump a averti sur Fox News qu’il y aurait « une réponse » et que les États-Unis allaient « frapper fort ».

L’Europe prise en étau

Pour les Européens, chaque épisode d’escalade à Ormuz se traduit concrètement à la pompe et sur la facture de gaz. Selon PwC, même si la France dépend peu directement du pétrole iranien grâce à une diversification accélérée après 2022, le choc se transmet par trois canaux : le prix du brut, celui des produits raffinés (le gazole peut rester cher même quand le baril baisse) et celui du gaz, qui pèse directement sur l’industrie chimique, les engrais et la métallurgie.

L’Europe tire entre 12 et 14 % de son GNL du Qatar, dont l’intégralité transite par Ormuz. La France a partiellement réduit cette exposition, avec 23 % de ses importations de brut venant désormais d’Amérique du Nord et 21 % d’Afrique subsaharienne. Reste que les marchés sont interconnectés : quand Ormuz tousse, les prix montent partout.

Trump a d’ailleurs demandé à plusieurs pays, dont la France, d’envoyer des navires de guerre pour sécuriser le détroit. La position française reste prudente : Paris appelle à la désescalade sans s’engager dans un dispositif militaire élargi, conscient que toute implication directe pourrait faire de la France une cible de la riposte iranienne.

Ce qui vient

La séquence diplomatique de la semaine s’annonce chargée pour Emmanuel Macron, attendu en Suède, aux Pays-Bas et au Royaume-Uni. Le sujet iranien sera sur chaque table. L’enjeu immédiat pour l’Europe est de savoir si cette reprise des hostilités est un épisode isolé ou le début d’une nouvelle phase d’escalade qui ferait remonter durablement le Brent au-dessus des 100 dollars, avec des conséquences directes sur l’inflation européenne à huit mois de la présidentielle française.

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