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ÉLECTIONS

Les Français sanctionnent toujours Macron, tandis que Lecornu résiste un peu et que 2027 se dessine déjà dans les sondages

Emmanuel Macron tombe à 21 % d’avis favorables dans le dernier baromètre Ipsos bva-CESI, quand Sébastien Lecornu progresse légèrement à 28 %. Le sondage installe aussi Jordan Bardella et Marine Le Pen en tête des personnalités les plus attendues pour 2027.

Bureau institutionnel français vide avec dossier fermé et drapeau tricolore partiel, illustrant la baisse de popularité de l’exécutif

Une photo de l’opinion, pas un verdict

Qui reste crédible quand le climat politique se tend ? Et qui, au contraire, commence à capitaliser sur l’usure du pouvoir ? Le dernier baromètre Ipsos bva-CESI pour La Tribune Dimanche apporte une réponse nette : Emmanuel Macron reste très rejeté, tandis que Sébastien Lecornu grappille un peu de terrain.

Le chef de l’État recueille 21 % d’opinions favorables, en baisse de deux points, contre 75 % d’opinions défavorables. Le Premier ministre atteint 28 % d’opinions favorables, soit un point de plus qu’en avril, mais reste nettement plus critiqué que soutenu. Dans le même temps, le président bénéficie de moins en moins de l’effet d’agenda international, selon l’analyse du sondeur Brice Teinturier.

Ce que dit vraiment ce baromètre

Ce type de sondage ne mesure pas une élection. Il prend le pouls du moment. Mais il dit beaucoup sur le rapport de force politique. Quand un président tombe à 21 % d’opinions favorables, il ne s’agit pas seulement d’une mauvaise semaine. C’est le signe d’une défiance installée, durable, qui pèse sur toute la majorité.

Le cas du Premier ministre est différent. Sébastien Lecornu ne décolle pas vraiment. Mais il résiste mieux que l’Élysée. Dans un système où le président nomme le Premier ministre et où le gouvernement conduit la politique de la nation, cette distinction compte. Elle dit que le locataire de Matignon peut servir d’amortisseur. Ici, l’amortisseur fonctionne mal, mais il existe encore.

La mécanique institutionnelle française le rappelle : le président fixe le cap, le Premier ministre met en œuvre l’action du gouvernement, et le Parlement contrôle l’exécutif. Quand la popularité de l’un s’effondre, celle de l’autre ne suffit pas toujours à la compenser. La marge de manœuvre politique se rétrécit alors vite, surtout quand les Français associent leurs difficultés au pouvoir en place. C’est le cas de la très forte inquiétude économique soulignée par le sondage.

Les ministres qui tirent leur épingle du jeu

Dans ce paysage, Gérald Darmanin ressort nettement en tête des ministres les plus appréciés, avec 44 % d’avis positifs. Laurent Nuñez suit loin derrière, à 22 %, puis Aurore Bergé à 13 %. Jean-Noël Barrot et Serge Papin ferment ce groupe de tête, tous deux à 12 %.

Ce classement dit quelque chose d’important : les Français ne jugent pas le gouvernement comme un bloc homogène. Certains ministres gardent une image plus solide que la ligne collective. Cela peut aider sur un dossier précis. Mais cela ne règle pas le problème central : quand l’exécutif dans son ensemble inspire peu de confiance, les bonnes notes individuelles restent fragiles et souvent sans effet durable.

Pour les soutiens du pouvoir, ce genre de sondage sert d’alerte. La popularité ne fait pas une politique, mais elle conditionne la façon dont une réforme est reçue, comment une annonce est perçue et jusqu’où un gouvernement peut pousser son avantage. Pour les oppositions, au contraire, ces chiffres offrent un carburant précieux. Ils alimentent l’idée d’un pouvoir affaibli, isolé, presque à bout de souffle.

2027 : la bataille se prépare déjà

Le même baromètre projette déjà la prochaine présidentielle. En tête, Jordan Bardella recueille 34 % de satisfaits en cas d’accession à l’Élysée, devant Marine Le Pen à 33 %. Gabriel Attal suit à 24 %, Éric Ciotti et Marion Maréchal à 23 % chacun.

À gauche, François Hollande progresse à 18 %. Raphaël Glucksmann reste à 16 %, comme Dominique de Villepin et Jean-Luc Mélenchon. Là encore, le message est clair : le vote d’adhésion se structure tôt, et il s’organise déjà autour de figures qui incarnent des blocs politiques identifiés. Le RN profite toujours d’une visibilité forte. La gauche, elle, reste morcelée. Et le centre cherche encore son champion crédible.

Mais il faut lire ces chiffres avec prudence. Un sondage de popularité ne prédit pas une présidentielle. Il mesure des impressions, à un instant donné, dans un pays traversé par la fatigue politique, les inquiétudes économiques et la défiance envers les partis. Il favorise souvent les personnalités déjà très identifiées, pas forcément celles qui finiront au second tour.

C’est précisément ce qui rend ce baromètre utile. Il montre qui part avec de l’avance dans l’opinion, mais aussi qui souffre de plafonds très bas. Dans l’équation de 2027, cela compte autant que les déclarations de candidature.

Ce qu’il faut surveiller maintenant

Le prochain rendez-vous important sera moins un vote qu’une nouvelle mesure de l’opinion. Si la courbe d’Emmanuel Macron continue de baisser et si Sébastien Lecornu ne transforme pas son petit rebond en dynamique durable, l’exécutif entrera dans une zone plus inconfortable encore. À l’inverse, un redressement, même modeste, pourrait montrer que la séquence internationale ou gouvernementale finit par produire un effet politique. Pour l’instant, le signal reste le même : l’Élysée s’épuise, Matignon tient un peu mieux, et 2027 commence déjà à structurer tout le reste.

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