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Blue Origin : la fusée New Glenn explose à Cap Canaveral, un revers majeur pour Bezos dans la course à l’espace

La fusée New Glenn de Jeff Bezos a explosé sur sa rampe de lancement à Cap Canaveral lors d'un essai à feu, la nuit du 28 mai. Aucun blessé, mais le programme spatial et le contrat avec Amazon pour ses satellites Leo sont sérieusement compromis.

Un boule de feu spectaculaire, une rampe détruite, et des années de travail à rebâtir. Jeudi soir, à 21 heures, Cap Canaveral s’est embrasée.

La mégafusée New Glenn, développée par Blue Origin — la société spatiale de Jeff Bezos, fondateur d’Amazon — a explosé sur sa rampe de lancement lors d’un essai de mise à feu des moteurs, à la base spatiale de Cap Canaveral, en Floride. La fusée de 57 mètres devait effectuer la semaine suivante son quatrième vol pour mettre en orbite un lot de satellites internet Amazon Leo. Personne n’a été blessé dans l’explosion. La rampe de lancement, elle, est hors d’usage.

Les images captées en direct par des équipes de presse et diffusées sur les réseaux sociaux montrent une déflagration d’une ampleur rare : le premier étage de 57 mètres s’effondre d’abord sur lui-même, puis le méthane liquide et l’oxygène s’embrasent en une boule de feu orange visible à plusieurs kilomètres à la ronde. Des habitations proches de Cocoa Beach ont été secouées par le souffle.

« Très rough day, mais on va reconstruire »

Jeff Bezos a pris la parole quelques heures après l’incident, via les réseaux sociaux. « Tout le personnel est sain et sauf », a-t-il assuré, avant de promettre de « reconstruire tout ce qui a besoin de l’être ». Blue Origin, dans un communiqué laconique, a évoqué « une anomalie lors du test de mise à feu » et annoncé qu’une enquête était ouverte.

La NASA, de son côté, a indiqué être « au courant de l’anomalie » et a promis de travailler avec Blue Origin pour en identifier les causes et évaluer les impacts sur les programmes Artémis et Moon Base, deux missions lunaires auxquelles New Glenn est associée. Jared Isaacman, administrateur de l’agence spatiale américaine, a rappelé que « le vol spatial est impitoyable ».

Un seul pas de tir, un programme entier à l’arrêt

La situation de Blue Origin est particulièrement fragile. Contrairement à SpaceX, qui opère plusieurs rampes de lancement sur différentes bases, la société de Bezos ne dispose que d’une seule rampe pour New Glenn à Cap Canaveral. Cette rampe est désormais hors service pour une durée indéterminée. À titre de comparaison, quand SpaceX avait perdu sa rampe lors de l’explosion d’un Falcon 9 en septembre 2016, la société avait mis trois mois à reprendre ses vols, et la rampe était restée hors service plus d’un an.

Les enjeux commerciaux sont considérables. Ce quatrième vol était le premier d’un contrat de 24 lancements qu’Amazon avait passé avec Blue Origin pour construire son réseau Leo — le concurrent direct de Starlink, le service internet par satellite d’Elon Musk. Amazon avait présenté la semaine précédant l’accident New Glenn comme une « fusée lourde réutilisable » sur laquelle elle comptait pour déployer son réseau. Un Atlas V d’United Launch Alliance doit désormais prendre le relais vendredi pour lancer un autre lot de satellites Leo.

La troisième mission de New Glenn, en avril 2026, avait déjà subi une défaillance cryogénique dans le deuxième étage, entraînant la perte d’un satellite. L’explosion de jeudi soir s’inscrit donc dans une série de déboires qui fragilise la position de Blue Origin face à un SpaceX dont la cadence de lancements et le bilan de fiabilité restent, à ce stade, sans équivalent dans le secteur privé. Les délais et les coûts de remise en état de la rampe seront déterminants pour la suite du programme.

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