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ACTUALITé NATIONALE

Face aux incendies, LFI veut revoir la sécurité civile et promet plus de moyens pour les pompiers et les territoires

Face à la hausse des incendies, LFI annonce une refonte de la sécurité civile: retraite à 57 ans pour les pompiers, budget porté à un milliard et 50 000 volontaires visés d’ici 2030.

Salle municipale lumineuse avec micros, dossiers flous et chaise vide lors d’une réunion sur la sécurité civile.

Quand les feux gagnent du terrain, qui paie l’addition ?

Quand les incendies se multiplient, la question n’est pas seulement de savoir combien de camions partent en intervention. Elle est aussi simple que brutale : qui forme les équipes, qui les paie, et qui les protège sur la durée ? Dans la sécurité civile, cette réponse engage à la fois l’État, les départements, les communes et les sapeurs-pompiers eux-mêmes.

Le débat est revenu au premier plan après une saison 2022 hors norme. Les services de l’État ont alors comptabilisé plus de 70 000 hectares brûlés sur l’ensemble de l’été, avec une activité de feu exceptionnelle en Gironde et dans d’autres régions habituellement moins exposées. Le ministère de l’Intérieur a ensuite présenté cette séquence comme un tournant pour la prévention, la lutte et la reconstruction des massifs.

Ce que propose LFI

Face à cette pression, La France insoumise dit vouloir refondre la sécurité civile. Le parti annonce une dizaine de mesures à présenter en septembre. Parmi elles : un retour à la retraite à 57 ans pour les pompiers, une hausse du budget à un milliard d’euros, le recrutement de 50 000 volontaires d’ici 2030, et la création d’une « banque nationale de surveillance médicale » pour suivre les maladies liées à l’activité des sapeurs-pompiers.

La source fournie mentionne aussi un effort sur les moyens aériens, avec davantage de kits pour équiper l’A400M et l’idée de porter à six le nombre d’avions adaptés. Le ministère de l’Intérieur a, lui, confirmé le 17 juillet une convention avec Airbus pour expérimenter l’équipement d’un A400M en kit de largage, signe que le sujet des moyens aériens n’est plus théorique.

Sur le volontariat, le décalage entre l’objectif politique et la réalité du terrain reste central. L’État rappelle qu’environ 200 000 sapeurs-pompiers volontaires représentent près de 80 % des effectifs et constituent le socle du modèle français. Il a aussi lancé, le 24 avril 2026, un plan d’actions 2026-2028 pour faciliter l’engagement, mieux associer les employeurs et recruter davantage de jeunes.

Ce que ça changerait concrètement

Le retour à 57 ans pour les pompiers viserait d’abord les professionnels les plus exposés physiquement. L’argument est clair : sur un incendie, l’âge pèse sur l’endurance, la récupération et la résistance à la chaleur. Mais cette mesure aurait un coût immédiat pour les employeurs publics, déjà sous tension, car elle obligerait à remplacer plus vite des agents expérimentés.

Le financement est le nerf de la guerre. Le Sénat rappelle que le programme budgétaire « Sécurité civile » pèse environ 994,9 millions d’euros en autorisations d’engagement et 882,7 millions en crédits de paiement dans le projet de budget 2026. Mais le budget consolidé des services d’incendie et de secours dépasse très largement cette enveloppe : il a atteint 5,6 milliards d’euros en 2022, financés surtout par les départements, les communes et intercommunalités. Autrement dit, l’État n’assure qu’une partie du coût réel du système.

C’est là que le débat devient politique. Les partisans d’un effort massif de l’État disent que la lutte contre les feux relève d’une mission régalienne, donc nationale. Les élus locaux, eux, rappellent qu’ils financent déjà l’essentiel des SDIS, alors que leurs marges budgétaires se réduisent. Le même constat ressort du Sénat : les besoins augmentent avec les interventions, les équipements et la formation, tandis que les collectivités encaissent déjà la hausse d’autres dépenses obligatoires.

La « banque nationale de surveillance médicale » répond à un vrai angle mort. L’Anses recommande depuis plusieurs années une base de données centralisée pour suivre les expositions et les risques sanitaires des sapeurs-pompiers. Cette demande devient plus pressante avec les fumées, la chaleur, les particules et les produits de combustion, qui exposent différemment les volontaires, les professionnels et les militaires.

Les voix contradictoires et les limites du modèle

La critique la plus solide ne vient pas seulement du camp adverse, mais de l’architecture même du système. Le modèle français repose très fortement sur les volontaires, qui assurent la couverture des territoires, surtout loin des grandes villes. Or l’État lui-même admet que ce volontariat doit être protégé et consolidé, car il est fragilisé par le vieillissement, les contraintes d’emploi et la difficulté à concilier garde, vie privée et travail salarié.

Autre limite : promettre 50 000 volontaires supplémentaires d’ici 2030 suppose de convaincre les employeurs, les communes et les actifs eux-mêmes. Le ministère de l’Intérieur souligne justement que l’engagement bénévole repose sur la disponibilité locale, des conventions avec les employeurs et des indemnités horaires modestes, même si elles sont exonérées d’impôt et de prélèvements sociaux. Sans relais dans les entreprises et les services publics, le recrutement reste un slogan plus qu’un plan.

Sur les moyens aériens, l’idée de renforcer la flotte n’est pas contestée sur le fond. Mais la question est celle du rythme et des arbitrages. L’État dispose déjà de 12 hélicoptères bombardiers d’eau et peut activer la solidarité européenne en cas de besoin. Le cœur du problème n’est donc pas seulement le nombre d’appareils ; c’est la capacité à financer, entretenir et coordonner un outil plus large alors que les incendies deviennent plus fréquents et plus étendus.

Ce qu’il faut surveiller

La suite se jouera à la rentrée, quand les Insoumis doivent détailler leurs mesures. Il faudra alors regarder trois points de près : le chiffrage réel du passage à un milliard d’euros, le mode de financement des SDIS, et la place laissée aux collectivités locales dans une réforme annoncée comme nationale. En parallèle, le budget 2026 de la sécurité civile et les suites du plan sur le volontariat diront si l’exécutif préfère renforcer l’existant plutôt que changer de modèle.

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