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ÉLECTIONS La gauche sous tension

À gauche, Marine Tondelier prépare l’autonomie des écologistes tout en misant encore sur une union pour 2027

Marine Tondelier défend une candidature écologiste autonome, tout en appelant au dialogue avec les forces de gauche. Les désaccords sur une primaire et les alliances fragilisent encore la perspective d’un candidat commun en 2027.

Journaliste préparant un sujet politique dans une rédaction locale française, avec carnet, micro et carte floue
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En bref

Marine Tondelier veut maintenir une candidature écologiste pour la présidentielle de 2027, sans fermer la porte à un accord avec les autres forces de gauche. Les Écologistes restent divisés entre un rapprochement avec La France insoumise, une alliance avec le Parti socialiste et Raphaël Glucksmann, ou une campagne autonome.

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À gauche, les électeurs savent déjà que plusieurs candidatures pourraient se disputer le même espace politique en 2027. Mais ils ne savent toujours pas qui portera une éventuelle candidature commune. À Grenoble, Marine Tondelier a tenté de tenir les deux bouts : préparer une campagne écologiste et garder ouverte la porte de l’union.

Une gauche encore loin du candidat commun

La présidentielle de 2027 se prépare dans un paysage éclaté. Jean-Luc Mélenchon veut imposer la ligne de La France insoumise. Raphaël Glucksmann cherche à rassembler une gauche sociale-démocrate et pro-européenne. Marine Tondelier défend, elle, une orientation écologiste capable de peser sur le programme et sur le choix du candidat.

Depuis plusieurs mois, les discussions autour d’une primaire de la gauche et des écologistes se heurtent aux désaccords entre les partis. Une primaire est un vote organisé pour désigner un candidat commun avant l’élection. Elle suppose toutefois que les principales forces acceptent de participer au même processus.

Ce n’est pas le cas aujourd’hui. Jean-Luc Mélenchon et Raphaël Glucksmann ont chacun exprimé leurs réserves face à cette formule. Le Parti socialiste, de son côté, s’est rapproché de Place publique pour réfléchir à une procédure plus limitée. Cette décision a refroidi les responsables écologistes qui réclamaient une primaire ouverte.

Les Écologistes ont néanmoins confirmé leur volonté de défendre une candidature pour 2027. Le parti a désigné Marine Tondelier pour le représenter dans le processus de primaire envisagé par une partie de la gauche. Son bureau politique a aussi prévu de poursuivre une campagne autonome si cette solution ne voyait pas le jour. Le communiqué du bureau politique des Écologistes sur la présidentielle de 2027 formalise cette double stratégie.

Marine Tondelier veut éviter le choix entre deux camps

En marge du lancement des universités d’été de son parti, jeudi 20 août à Grenoble, Marine Tondelier a réaffirmé sa disponibilité pour discuter avec toutes les forces de gauche.

« Certains disent si les Verts soutiennent Jean-Luc Mélenchon, je m’en vais. Certains disent si les Verts soutiennent Raphaël Glucksmann, je m’en vais », a-t-elle déclaré. Elle a ensuite renvoyé la décision au moment où les rapports de force et les propositions seront plus clairs : « On prendra la bonne décision au bon moment. »

La dirigeante écologiste a aussi résumé sa position par une formule : « Personne n’aura raison seul dans cette élection. » Elle estime qu’une victoire de la gauche nécessitera un accord plus large que le seul rassemblement autour d’un parti ou d’une personnalité.

Son inquiétude porte toutefois sur le risque de disparition de l’espace politique écologiste dans les négociations. « Une partie de la gauche essaie de tuer une autre partie de la gauche et demande aux écolos de tenir la gâchette », a-t-elle affirmé. Son objectif, dit-elle, reste que « notre camp gagne » et que « les écologistes fassent partie de la solution ».

Dans le même temps, Marine Tondelier se dit « évidemment candidate ». Elle assure ne pas vouloir transformer sa candidature en enjeu personnel. Elle redoute cependant qu’une candidature écologiste ne soit plus possible si les discussions entre les autres forces de gauche se concluent sans son parti. Elle a donc écrit aux formations partenaires pour les alerter sur ce risque.

Chez les écologistes, trois orientations se confrontent

Le débat ne se limite pas à un désaccord tactique. Il oppose plusieurs visions de l’avenir de la gauche.

Une première tendance souhaite renouer avec La France insoumise. Elle considère que Jean-Luc Mélenchon conserve la base militante la plus solide à gauche et qu’une stratégie de rupture avec lui pourrait réduire les chances d’accéder au second tour. La députée Sandrine Rousseau et Waleed Mouhali figurent parmi les responsables favorables à cette ouverture. Cyrielle Châtelain a également appelé à reprendre les discussions avec les insoumis, sans limiter les échanges au Parti socialiste.

Cette ligne bénéficie aux responsables qui veulent maintenir une gauche offensive sur les salaires, les services publics, la planification écologique et la réforme des institutions. Elle peut aussi séduire les électeurs qui ont soutenu le Nouveau Front populaire en 2024 et souhaitent prolonger cette dynamique.

Mais elle comporte un coût politique. Les relations entre La France insoumise et une partie des socialistes et des écologistes restent très dégradées. Les divergences portent notamment sur la stratégie électorale, la politique internationale, la méthode de gouvernement et la place de Jean-Luc Mélenchon. Pour les opposants à cette alliance, la rupture est déjà « consommée ».

Une deuxième tendance privilégie un rapprochement avec le Parti socialiste et Raphaël Glucksmann. Yannick Jadot défend cette orientation. Il appelle à refonder la gauche autour de la « social-écologie », c’est-à-dire une politique qui combine transition environnementale et protection sociale. Il critique une unité qu’il juge devenue principalement formelle.

Cette stratégie peut attirer les électeurs écologistes et sociaux-démocrates qui veulent une alternance sans alliance avec La France insoumise. Elle s’appuie aussi sur des accords locaux déjà conclus entre socialistes et écologistes, notamment pour les élections municipales et certaines échéances sénatoriales.

Son point faible est cependant l’absence d’accord sur le mode de désignation du candidat. Le Parti socialiste et Place publique ne souhaitent pas nécessairement participer à une primaire ouverte à toute la gauche. Pour les écologistes, ce choix risque de réduire leur influence et de transformer l’union en simple ralliement à une candidature déjà décidée.

Enfin, une troisième orientation défend une candidature autonome de Marine Tondelier. Elle permettrait aux Écologistes de présenter leur propre programme et de mesurer directement leur poids électoral. Le parti a d’ailleurs conforté cette ligne en validant son projet présidentiel à une très large majorité, avec 95 % des suffrages exprimés au sein de son conseil fédéral. Les grandes orientations du programme présidentiel écologiste comprennent notamment des propositions institutionnelles, sociales et environnementales.

Un choix qui pèsera différemment selon les électeurs

Pour les grandes formations, la multiplication des candidatures peut servir à négocier plus durement. Chacune cherche à conserver son identité, ses financements, ses élus et sa capacité de mobilisation. Pour les petits partis, en revanche, une candidature séparée peut offrir une visibilité utile, mais aussi réduire leur poids dans les discussions finales.

Les électeurs sont eux aussi placés devant un arbitrage. Une candidature unique peut éviter la dispersion des voix au premier tour. Elle peut toutefois obliger certains partis à renoncer à une partie de leurs priorités ou de leurs alliances. À l’inverse, plusieurs candidatures permettent de défendre des lignes plus lisibles, mais elles rendent plus incertain l’accès au second tour.

Les premières enquêtes disponibles illustrent cette difficulté. Dans une étude Ifop publiée en juin 2026, Marine Tondelier apparaît derrière Jean-Luc Mélenchon et Raphaël Glucksmann dans les configurations testées. Ces chiffres ne prédisent pas le résultat de 2027, mais ils expliquent pourquoi la question du rassemblement reste centrale pour les écologistes. Lire les résultats détaillés de l’enquête Ifop sur les intentions de vote.

Les prochaines semaines seront décisives

La séquence de Grenoble doit permettre à Marine Tondelier de consolider sa candidature et de maintenir le dialogue avec ses partenaires. Elle devra aussi répondre aux contestations internes, alors que certains écologistes souhaitent rejoindre Jean-Luc Mélenchon et d’autres Raphaël Glucksmann.

Le calendrier des discussions sur une éventuelle primaire, les déclarations de Raphaël Glucksmann et les choix du Parti socialiste seront les premiers indicateurs à surveiller. Le point essentiel sera de savoir si les partenaires de gauche acceptent une procédure commune, ou si chacun préfère avancer avec sa propre candidature.

Pour Marine Tondelier, l’équation restera donc inchangée : être prête à partir seule, tout en empêchant que cette préparation ferme définitivement la porte à l’union.

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