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ÉLECTIONS La bataille des héritiers

Primaire de la gauche : le retour de François Hollande peut-il bouleverser le duel entre Faure et Glucksmann ?

Olivier Faure invite François Hollande à rejoindre la primaire de la gauche, tout en préparant sa candidature. Le scrutin d’octobre départagera plusieurs lignes et devra préciser la stratégie d’union pour 2027.

Citoyens anonymes devant une mairie française, illustrant la participation locale autour de la primaire de la gauche
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En bref

Olivier Faure souhaite élargir la primaire socialiste à François Hollande, tandis qu’il prépare sa propre candidature. Raphaël Glucksmann bénéficie déjà du soutien de Boris Vallaud. Le scrutin d’octobre devra départager plusieurs personnalités et préciser la capacité de la gauche sociale-démocrate à s’unir avec les écologistes en vue de 2027.

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Qui représentera la gauche sociale-démocrate à l’élection présidentielle ? À quelques semaines du vote, le Parti socialiste cherche encore à élargir le casting. Olivier Faure pousse François Hollande à entrer dans la course, tout en préparant sa propre candidature.

Une primaire pour départager plusieurs lignes

La gauche sociale-démocrate doit choisir son candidat à l’élection présidentielle lors d’une primaire organisée en octobre 2026. Le premier tour est prévu les 9 et 10 octobre. Le second aura lieu les 16 et 17 octobre.

Le scrutin se déroulera en ligne, avec la possibilité d’installer des points de vote physiques dans les départements. Les électeurs voteront donc électroniquement, y compris lorsqu’ils se déplaceront dans un lieu prévu par l’organisation.

Cette primaire ne concerne pas seulement les adhérents du Parti socialiste. Les Français qui se reconnaissent dans le périmètre politique défini par l’accord pourront également participer. La participation est fixée à 15 euros, avec un tarif de 10 euros pour les étudiants et les personnes non imposables.

Le calendrier officiel de la primaire socialiste prévoit le dépôt des candidatures entre le 1er et le 15 septembre 2026.

Olivier Faure veut faire revenir François Hollande

À l’université d’été du PS, organisée à Blois, Olivier Faure a invité François Hollande à participer au scrutin. Le premier secrétaire du parti estime que l’ancien président dispose de la légitimité nécessaire pour se présenter.

« Oui, je souhaite qu’il participe à la primaire, il en a parfaitement la légitimité », a déclaré Olivier Faure le vendredi 28 août.

Les relations entre les deux hommes restent pourtant fraîches. Olivier Faure a travaillé auprès de François Hollande lorsque celui-ci dirigeait le Parti socialiste. Depuis, leurs stratégies politiques ont divergé.

François Hollande entretient l’idée d’un retour possible sans se déclarer immédiatement. Cette stratégie repose sur un scénario précis : la primaire pourrait échouer, ou la candidature de Raphaël Glucksmann pourrait perdre de son élan. L’ancien président pourrait alors apparaître comme une solution de repli.

Olivier Faure refuse cette logique. « Je ne crois pas beaucoup à la thèse du recours », a-t-il expliqué. Selon lui, un retour ne peut pas reposer sur l’espoir de voir son propre camp s’effondrer.

Faure prépare aussi sa candidature

Le premier secrétaire n’a pas encore officialisé sa participation. Il pourrait toutefois le faire dans les prochains jours, après l’université d’été de Blois.

Olivier Faure défend une ligne d’union entre les forces de gauche non insoumises. Il veut notamment construire un accord avec Les Écologistes. À ses yeux, cette alliance est indispensable pour espérer gagner la présidentielle.

« Il n’y a pas de victoire possible » sans les écologistes, affirme-t-il. Cette position distingue sa stratégie de celles qui misent sur une candidature socialiste autonome ou sur un élargissement limité à la seule famille sociale-démocrate.

Ce choix bénéficie d’abord à la direction du PS. Une primaire large peut renforcer le poids du parti dans les discussions à gauche. Elle peut aussi donner à Olivier Faure une tribune pour défendre son bilan et sa méthode.

Mais cette stratégie comporte un risque. En devenant candidat, le premier secrétaire devra convaincre au-delà de son appareil partisan. Il devra aussi répondre aux critiques internes qui lui reprochent une ligne jugée trop dépendante des accords entre partis.

Raphaël Glucksmann part avec un avantage politique

Raphaël Glucksmann figure déjà parmi les candidats déclarés. L’eurodéputé, membre de Place publique, bénéficie notamment du soutien de Boris Vallaud, le président du groupe socialiste à l’Assemblée nationale.

Ce ralliement est important. Boris Vallaud dispose d’une influence parlementaire et incarne une partie de la nouvelle génération socialiste. Son choix donne à Raphaël Glucksmann une assise plus large que celle d’une candidature strictement extérieure au PS.

Raphaël Glucksmann ne partage toutefois pas nécessairement la méthode de la primaire. Il veut construire une offre politique autonome, centrée sur la social-démocratie, l’Europe et le soutien à l’Ukraine. La question sera donc de savoir s’il accepte pleinement un processus organisé en grande partie par le PS.

Cette tension concerne directement les électeurs. Une primaire peut offrir un choix clair entre plusieurs orientations. Mais elle peut aussi accentuer les divisions si les candidats s’affrontent davantage sur la stratégie que sur le programme.

Les autres candidatures compliquent le rapport de force

Outre Raphaël Glucksmann, plusieurs personnalités socialistes ont indiqué vouloir participer au scrutin. Ségolène Royal, ancienne candidate à la présidentielle, est citée parmi les prétendants. Les députés Jérôme Guedj et Philippe Brun souhaitent également concourir.

Leur présence pourrait élargir le débat. Ségolène Royal dispose d’une expérience nationale et d’une notoriété supérieure à celle de nombreux responsables socialistes. Jérôme Guedj défend une ligne républicaine et sociale. Philippe Brun cherche, de son côté, à porter une parole plus offensive sur les questions économiques et industrielles.

La multiplication des candidatures peut toutefois disperser les soutiens. Chaque prétendant devra mobiliser des élus, des militants et des réseaux locaux. Elle rendra aussi plus difficile la lecture du résultat si aucun candidat ne se détache nettement.

Pour être enregistrés, les candidats issus du PS doivent obtenir des parrainages. Plusieurs voies sont prévues : quinze membres titulaires du conseil national, dix parlementaires socialistes, cinquante élus régionaux ou départementaux répartis dans plusieurs territoires, ou cinquante maires répartis dans au moins trois régions.

Cette règle favorise les personnalités déjà implantées. Les responsables disposant d’un réseau d’élus partent avec un avantage concret. À l’inverse, une candidature plus récente devra convaincre rapidement et franchir une première barrière organisationnelle.

Le vrai enjeu : quelle gauche pour 2027 ?

Derrière les rivalités de personnes, la primaire doit trancher une question stratégique. La gauche doit-elle présenter un candidat social-démocrate capable de parler au centre gauche ? Doit-elle construire une coalition plus large avec les écologistes ? Ou chercher un accord plus global avec l’ensemble des forces de gauche ?

Olivier Faure défend clairement la deuxième option. Il veut rassembler les partis de la gauche démocratique, écologique et républicaine autour d’un programme commun. L’accord prévoit d’ailleurs que les candidats s’engagent à proposer ce rassemblement.

Cette ambition peut répondre à une demande de stabilité. Les électeurs de gauche ont souvent été confrontés à une offre fragmentée. Une candidature commune pourrait limiter la dispersion des voix au premier tour.

Mais les partenaires potentiels ne partagent pas tous cette analyse. Certains écologistes craignent une primaire trop contrôlée par le PS. D’autres responsables de gauche refusent de s’enfermer dans un périmètre qui exclurait La France insoumise. La question du programme, notamment sur la redistribution, l’Europe et les institutions, reste donc déterminante.

Les prochaines étapes à surveiller

La première échéance est fixée au 15 septembre 2026. À cette date, les candidatures devront être déposées. La liste définitive permettra de mesurer la place réelle de François Hollande et d’Olivier Faure dans la compétition.

Ensuite, les parrainages montreront quels candidats disposent d’un appareil solide. Les soutiens politiques compteront également. Un nouveau ralliement parlementaire peut modifier rapidement le rapport de force.

Enfin, les deux tours des 9-10 et 16-17 octobre devront départager les lignes concurrentes. Le résultat dira autant qui représentera cette gauche que la stratégie retenue pour la présidentielle de 2027.

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