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ÉLECTIONS La sécurité sous tension à Orléans

À Orléans, la campagne du RN se heurte aux contrôles, aux restrictions et aux accusations de violences

Le congrès du Rassemblement national a lancé la campagne présidentielle de Marine Le Pen, sous forte surveillance à Orléans. Manifestations, contrôles visant un convoi de sans-papiers et accusations de violences lors d’évacuations ont marqué le week-end.

Un bus transportant des manifestants est contrôlé derrière une barrière mobile, sur une voie urbaine bordée de bâtiments ordinaires.
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En bref

À Orléans, le congrès du Rassemblement national a confirmé Jordan Bardella à la présidence et servi de lancement à la campagne présidentielle de Marine Le Pen. Les restrictions de circulation, les contrôles d’un convoi comprenant des sans-papiers et les accusations de violences lors de l’évacuation de militants ont placé la sécurité et le droit de manifester au cœur du week-end.

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Comment protéger un rassemblement politique sans empêcher ses opposants de se faire entendre ? À Orléans, le lancement de campagne du Rassemblement national a posé cette question très concrète aux habitants, aux manifestants et aux forces de l’ordre.

Les 24 et 25 octobre 2026, le parti d’extrême droite a réuni son XIXe congrès autour de Jordan Bardella et Marine Le Pen. Mais les contrôles policiers et les conditions d’évacuation de militants opposants ont aussi occupé le devant de la scène.

Deux dirigeants, une campagne présidentielle à installer

Le calendrier du week-end répondait à une répartition précise. Samedi, le RN renouvelait ses instances et reconduisait Jordan Bardella à sa présidence. Dimanche, il consacrait son grand meeting à la campagne présidentielle de Marine Le Pen. Le programme officiel du congrès du RN distinguait explicitement ces deux séquences.

Pour les sympathisants, le message recherché était celui de la continuité : une direction confirmée et un parti prêt à mener campagne. Pour les deux responsables, l’intérêt était également de montrer leur complémentarité, plutôt que de laisser la question du leadership occuper l’espace.

Ce congrès comportait toutefois une sélection bien avant les retrouvailles militantes. Les adhérents à jour de cotisation pouvaient voter en ligne du 21 septembre au 22 octobre. Pour briguer la présidence, les candidats devaient notamment obtenir le parrainage d’au moins 20 % du Conseil national élargi, selon les règles publiées par le parti.

Ces procédures organisent la vie interne du mouvement. Elles ne disent pas, à elles seules, comment convaincre les électeurs extérieurs au RN. C’est précisément l’enjeu du meeting présidentiel : transformer la mobilisation des adhérents en capacité de rassemblement plus large.

La sécurité, une protection aux effets très différents

Avant le congrès, les dirigeants du RN réclamaient des garanties pour leurs élus et leurs militants. Le 21 octobre, Marine Le Pen disait ne pas avoir d’inquiétude, estimant que le gouvernement avait pris les mesures nécessaires. Le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, annonçait alors un dispositif destiné à sécuriser à la fois le congrès et les manifestations déclarées, comme le rapporte ce point sur les préparatifs de sécurité à Orléans.

Sur place, quelque 3 000 policiers et gendarmes ont été déployés. Fermetures de commerces, restrictions de circulation et couvre-feu nocturne pour les moins de 15 ans ont modifié la vie quotidienne. Le maire, Serge Grouard, a finalement annoncé la levée des restrictions dimanche, dans une ville préservée des incidents redoutés, selon le bilan du dispositif et des manifestations.

Le coût pratique n’était donc pas le même pour tous. Les participants au congrès bénéficiaient d’une protection renforcée. Les commerçants concernés devaient interrompre leur activité. Les habitants, eux, adaptaient leurs déplacements à un événement politique qu’ils n’avaient pas nécessairement choisi.

Samedi, la manifestation anti-RN a réuni entre 13 000 et 26 000 personnes selon les décomptes rapportés, et s’est déroulée dans le calme. Dimanche, la préfecture a interdit les rassemblements sur un large périmètre. Une centaine d’opposants se sont néanmoins retrouvés à l’extérieur de cette zone, près du centre de rétention administrative.

Pour les sans-papiers, manifester expose à un autre risque

Les contrôles n’ont pas seulement compliqué les trajets. Des bus transportant des opposants, dont des personnes sans papiers, ont été arrêtés avant leur arrivée à Orléans. Un reportage sur le convoi organisé par des collectifs de sans-papiers décrit des fouilles et des contrôles d’identité à quelques kilomètres de la ville.

Le déplacement réunissait notamment la Marche des solidarités et la Coordination 75 des Sans Papiers. Des participants ont refusé de présenter leurs documents, par solidarité avec les personnes en situation irrégulière présentes dans le groupe.

Cette scène révèle une différence essentielle. Pour un manifestant disposant d’un titre de séjour, le contrôle constitue d’abord une contrainte. Pour une personne sans papiers, il peut aussi exposer sa situation administrative. La possibilité de participer à une mobilisation ne se joue donc pas seulement dans son autorisation : elle dépend également des risques individuels pris pour la rejoindre.

Des évacuations contestées, deux récits opposés

Dimanche, plusieurs militants de l’Union des étudiants juifs de France ont interrompu le début du discours de Jordan Bardella. Ils ont déployé une banderole dénonçant le racisme et l’antisémitisme du RN. Le service d’ordre les a ensuite évacués, comme le relate ce compte rendu de l’action de l’UEJF au congrès.

L’organisation étudiante a dénoncé des violences et annoncé déposer plainte pour violences en réunion. Sa présidente, Léa Hanoune, a indiqué qu’un militant avait été étranglé et qu’un autre saignait du nez. Ces déclarations décrivent les accusations portées par l’association, et non des conclusions judiciaires.

Jordan Bardella a présenté une lecture opposée. Il a accusé des militants d’« ultragauche » d’avoir perturbé l’événement et agressé des participants. À la tribune, il avait appelé au calme, puis invité la salle à chanter la Marseillaise pendant l’évacuation.

Le désaccord dépasse ainsi la seule interruption du discours. Le RN défend la protection de ses réunions ; l’UEJF conteste son image de normalisation et met en cause les moyens employés par son service d’ordre. Dans les prochains jours, il faudra distinguer l’annonce de plainte de son dépôt effectif, puis suivre les éventuelles suites judiciaires et les réponses du parti aux accusations précises de violences.

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