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ÉLECTIONS La droite face à ses frontières

Primaire à droite : pourquoi la ligne de David Lisnard sur le RN met déjà à l’épreuve l’unité avant 2027

David Lisnard affirme qu’il ne gouvernera ni avec le RN ni avec les macronistes, mais ses appels à une primaire ouverte suscitent des critiques. Le désaccord sur ses frontières politiques pourrait compliquer la désignation d’un candidat commun pour 2027.

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En bref

David Lisnard réclame une primaire pour départager les candidats de la droite et du centre, tout en assurant qu’il ne gouvernera ni avec le RN ni avec les macronistes. Marc Fesneau et Jean-François Copé contestent sa ligne, notamment en raison de l’ouverture envisagée à Sarah Knafo et de ses liens avec Éric Ciotti. Le désaccord porte aussi sur le programme et sur les limites d’un rassemblement

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Choisir un candidat commun, mais pour gouverner avec qui ? Pour les électeurs de droite et du centre, la querelle autour de David Lisnard pose cette question avant la présidentielle de 2027.

Une primaire qui divise avant même son organisation

Une primaire doit permettre aux électeurs de départager plusieurs prétendants avant l’élection présidentielle. Encore faut-il s’accorder sur les participants et sur les engagements du vainqueur. C’est précisément ce qui oppose aujourd’hui plusieurs responsables de la droite et du centre.

David Lisnard défend une compétition large, dont il a longtemps envisagé qu’elle puisse inclure Sarah Knafo. L’eurodéputée appartient à Reconquête, le parti d’extrême droite d’Éric Zemmour. Cette ouverture nourrit les critiques de responsables qui veulent maintenir une séparation nette avec ce camp.

Le dimanche 1er novembre, le maire de Cannes et candidat à la présidentielle a donc précisé sa position sur X. « Ma démarche est INDÉPENDANTE comme ma droite est indépendante », écrit-il. Il assure qu’il ne gouvernera « ni avec les “macronistes” ni avec le RN ».

Le désaccord dépasse toutefois cette promesse. Il concerne aussi les personnalités avec lesquelles construire une candidature commune. Jean-François Copé résume les divergences : certains souhaitent aller vers le centre-gauche, tandis que Lisnard envisage une ouverture à Knafo. Édouard Philippe refuse, lui, le principe de la primaire.

Deux critiques : les alliances et la frontière avec l’extrême droite

Marc Fesneau, chef des députés Modem, accuse David Lisnard de « préparer la grande alliance avec l’extrême droite, comme Sarah Knafo ». Cette accusation motive son refus d’inclure le maire de Cannes dans une éventuelle primaire. Il s’agit d’un procès d’intention politique, pas de l’annonce d’un accord établi.

Le responsable centriste défend un autre périmètre, allant des sociaux-démocrates à la droite républicaine. Son objectif est donc différent : élargir le rassemblement vers le centre-gauche, plutôt que vers la droite de la droite. Cette formule donnerait davantage de place aux électeurs et aux formations centristes.

Jean-François Copé formule une critique voisine, mais insiste sur les relations de Lisnard avec Éric Ciotti. Celui-ci a conclu une alliance avec le RN en juin 2024. Le maire LR de Meaux estime que David Lisnard n’est « pas très clair » sur sa ligne.

Pour Copé, les marques de proximité avec Ciotti fragilisent la séparation avec le parti de Marine Le Pen. Il réclame une frontière politique étanche. Lisnard présente au contraire ses appels à Ciotti comme une invitation à quitter l’alliance avec le RN. Les deux hommes donnent donc un sens opposé au même rapprochement.

Lisnard distingue gouvernement, débat et vote

Le refus de gouverner avec le RN ne signifie pas, chez David Lisnard, un refus de tout échange avec l’extrême droite. Son mouvement, Nouvelle Énergie, rapporte ainsi un débat avec Sarah Knafo devant près de 200 chefs d’entreprise à Paris. Le compte rendu, publié le 2 juillet 2026, évoque notamment l’économie et la réforme de l’État.

Sa justification repose surtout sur les programmes. Dans sa position officielle sur une alliance avec le RN, Nouvelle Énergie met en avant son opposition à une politique économique qu’il juge trop interventionniste. Autrement dit, il reproche au RN d’accorder trop de place à l’État dans l’économie.

Mais Lisnard distingue également une alliance d’un choix de second tour. Son mouvement rappelle qu’il s’est déclaré prêt à voter pour tout candidat opposé à Jean-Luc Mélenchon, y compris Marine Le Pen. Cette hiérarchie explique pourquoi ses détracteurs ne considèrent pas son refus d’un gouvernement commun comme une clarification suffisante.

Trois questions restent ainsi distinctes : avec qui débattre, pour qui voter et avec qui gouverner. Les confondre ferait disparaître une partie du désaccord. Les séparer permet aussi de comprendre les exigences différentes des électeurs centristes et de ceux que Lisnard souhaite rassembler à droite.

Derrière les candidatures, des choix économiques concrets

Cette confrontation ne porte pas seulement sur des étiquettes. David Lisnard défend une réduction des dépenses publiques, un allégement des prélèvements et une baisse de la fiscalité sur la transmission du patrimoine. Il propose aussi de développer la retraite par capitalisation, c’est-à-dire financée par une épargne investie.

Ces priorités visent notamment les entrepreneurs, les investisseurs et les ménages qui souhaitent transmettre des biens. Leur portée diffère donc selon le patrimoine détenu. Pour les salariés et les retraités, les questions centrales concernent davantage le financement des pensions et les modalités de transition entre systèmes.

Un rassemblement électoral ne réglerait pas automatiquement ces arbitrages. La critique adressée au RN par Lisnard porte justement sur la compatibilité entre les promesses de retraite et la réduction des dépenses. Les électeurs auraient donc besoin d’un programme commun, pas seulement d’un candidat commun.

Édouard Philippe face à la demande de clarification

La primaire présente aussi des intérêts différents selon les candidats. Pour un prétendant cherchant à élargir sa visibilité, elle offre une confrontation directe avec des figures plus installées. Pour ces dernières, elle impose une étape supplémentaire et le risque de perdre avant la présidentielle.

Lisnard promet d’accepter une défaite dans cette compétition. En revanche, il maintiendrait sa candidature si aucune primaire n’avait lieu. Les engagements publiés par Nouvelle Énergie sur la primaire confirment cette double position. Le refus d’organiser le scrutin ne ferait donc pas disparaître sa candidature.

Le maire de Cannes demande désormais à Édouard Philippe de préciser son périmètre. L’intervention annoncée du maire du Havre au journal de 20 heures de TF1, le 1er novembre, constitue la prochaine échéance. Deux éléments seront déterminants : sa réponse sur le principe d’une primaire et les partenaires qu’il accepterait d’y retrouver.

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