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ACTUALITé NATIONALE Le siège laissé vacant

Après la mort de François Patriat, la majorité présidentielle doit organiser sa succession au Sénat et en Côte-d’Or

La mort de François Patriat bouleverse la majorité présidentielle au Sénat et la succession politique en Côte-d’Or. Son parcours, de ministre socialiste à fidèle soutien d’Emmanuel Macron, laisse un héritage majeur à préserver.

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En bref

François Patriat, sénateur de la Côte-d’Or et président du groupe RDPI, est mort à 83 ans après plus de cinquante ans de vie publique. Sa disparition oblige la majorité présidentielle à désigner un nouveau chef de groupe au Sénat et intervient avant le renouvellement sénatorial de septembre, qui devait déjà organiser sa succession dans son département.

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Que devient une circonscription quand disparaît celui qui l’a représentée pendant des décennies ? En Côte-d’Or, la mort de François Patriat ouvre une période de transition politique, au-delà de l’émotion suscitée par les hommages.

Une disparition après un demi-siècle de vie publique

François Patriat est mort mercredi 19 août, à l’âge de 83 ans. Le sénateur de la Côte-d’Or était hospitalisé depuis plusieurs jours à Dijon.

Président du groupe RDPI au Sénat, qui rassemble les sénateurs macronistes, il occupait une place particulière dans la majorité présidentielle. Il était aussi l’un des premiers responsables politiques à avoir soutenu Emmanuel Macron, avant son élection à la présidence de la République en 2017.

Son parcours avait commencé bien avant l’arrivée du macronisme. Docteur vétérinaire de formation, François Patriat avait été élu conseiller général de la Côte-d’Or en 1976. Il avait ensuite exercé les fonctions de maire, de député, de ministre, de président du conseil régional de Bourgogne, puis de sénateur.

Il siégeait au Sénat depuis 2008. Il avait été réélu en 2014 puis en 2020. En juin 2026, il avait annoncé qu’il ne briguerait pas un nouveau mandat lors des élections sénatoriales prévues le 27 septembre.

Cette décision devait mettre fin à plus de cinquante ans de vie politique. Sa mort intervient donc quelques semaines avant un scrutin qui devait déjà organiser sa succession en Côte-d’Or.

Une figure de la Bourgogne et de la majorité présidentielle

Les hommages ont rapidement dépassé les rangs du groupe présidentiel. Emmanuel Macron a salué « un ami cher ». Le chef de l’État a également estimé que « la Côte-d’Or et la Bourgogne perdent l’un de leurs plus fidèles serviteurs » et que « la République » perdait « l’un de ses plus infatigables artisans ».

Le Premier ministre Sébastien Lecornu a décrit une figure « attachante » de la vie politique. « Beaucoup perdent un ami », a-t-il déclaré, en insistant sur la constance de son engagement public.

Gabriel Attal, ancien Premier ministre et candidat déclaré à l’élection présidentielle, a rendu hommage à un homme qui « a dédié sa vie à l’intérêt général ». Il a aussi souligné sa manière de diriger le groupe RDPI avec « détermination et constance ».

François Bayrou, lui aussi ancien Premier ministre, a retenu un tempérament singulier. Dans un monde politique « formaté et corseté », François Patriat était, selon lui, « vivant » et ne renonçait pas à sa personnalité.

Le président du Sénat, Gérard Larcher, a évoqué un collègue « chaleureux, engagé, amical ». Il a également rappelé son attachement à son métier de vétérinaire, une profession que François Patriat continuait de revendiquer avec fierté.

À gauche, l’eurodéputé socialiste François Kalfon a dit sa « tristesse » et son « choc ». Il a insisté sur leurs relations amicales, malgré des trajectoires politiques devenues différentes.

À l’extrême droite, le député du Rassemblement national Sébastien Chenu a parlé d’un « adversaire courtois, drôle et amoureux de sa Bourgogne ». Cette réaction illustre la réputation d’un élu capable de maintenir des relations personnelles avec ses opposants.

Un itinéraire politique marqué par plusieurs bascules

François Patriat avait commencé sa carrière au Parti socialiste. Il avait été secrétaire d’État au Commerce, puis ministre de l’Agriculture dans le gouvernement de Lionel Jospin, entre 2000 et 2002.

Il avait également présidé le conseil régional de Bourgogne. Cette expérience régionale avait renforcé son ancrage dans un territoire où les questions agricoles, viticoles et rurales occupent une place centrale.

Son ralliement à Emmanuel Macron avait constitué un tournant. Présent au lancement d’En Marche en 2016, il avait contribué à installer le mouvement dans les réseaux politiques locaux et parlementaires.

Après l’élection présidentielle de 2017, il avait créé le groupe macroniste au Sénat. Cette structure est devenue le groupe RDPI. Elle a permis au pouvoir exécutif de disposer d’un relais au sein d’une assemblée où la majorité présidentielle n’a jamais détenu seule la majorité.

Le Sénat est en effet élu au suffrage indirect par un collège de grands électeurs. Les sénateurs représentent les collectivités territoriales et travaillent dans une institution où les compromis entre groupes jouent un rôle important.

Pour le camp présidentiel, François Patriat était donc un responsable politique expérimenté. Il connaissait les élus locaux, les équilibres territoriaux et les habitudes de la Haute Assemblée. Pour ses adversaires, il restait néanmoins un représentant assumé de la politique menée depuis 2017.

Ce que sa disparition change concrètement

La première conséquence concerne le groupe RDPI. François Patriat en était le président. Un nouveau responsable devra être choisi pour organiser le travail des sénateurs macronistes et porter leur ligne dans les discussions parlementaires.

Cette succession intervient dans un contexte institutionnel difficile. Le groupe présidentiel doit composer avec une majorité sénatoriale dominée par la droite et le centre. Il doit donc négocier texte par texte, notamment sur les budgets et les réformes sensibles.

La deuxième conséquence concerne la Côte-d’Or. Le siège que François Patriat devait quitter sera renouvelé lors des élections sénatoriales du 27 septembre. Sa disparition transforme toutefois cette succession politique en hommage électoral potentiel.

Les équilibres locaux ne dépendent pas seulement de l’étiquette macroniste. Ils reposent aussi sur les maires, les conseillers municipaux et les réseaux d’élus qui composent le collège électoral. Dans un département rural, la capacité à défendre les communes et leurs financements pèse souvent autant que l’image nationale d’un candidat.

Enfin, son décès prive le Parlement d’un élu disposant d’une longue mémoire politique. François Patriat avait connu plusieurs alternances, exercé des responsabilités gouvernementales et accompagné la transformation du paysage partisan.

Une succession déjà observée de près

La majorité présidentielle devra désormais éviter une période d’incertitude au Sénat. Le choix du prochain président du groupe RDPI donnera une indication sur la stratégie des macronistes jusqu’à la fin du quinquennat.

Dans son département, la compétition pour le siège sénatorial sera également suivie avec attention. Le candidat qui lui succédera devra préserver l’ancrage local du groupe présidentiel tout en s’adressant à des élus parfois éloignés des affrontements nationaux.

Les hommages ont insisté sur la chaleur humaine de François Patriat. Mais son héritage reste aussi politique. Il a représenté une génération d’élus passés du socialisme gouvernemental au macronisme, en conservant un fort attachement aux territoires.

Dans les prochaines semaines, trois échéances seront à surveiller : la désignation du nouveau président du groupe RDPI, la campagne sénatoriale en Côte-d’Or et le renouvellement partiel du Sénat le 27 septembre 2026.

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