Bac de français 2026 : Rimbaud, Louise d’Épinay et une question qui plane sur les copies, celle de l’orthographe
Ce jeudi matin, 530 000 lycéens de première ont planché sur l'épreuve anticipée de français. Rimbaud en générale, théâtre en techno, et en toile de fond une question qui agite l'Éducation nationale : combien de fautes avant de perdre des points ?

Ce matin à 8 heures, les stylos se sont levés dans toute la France. 530 000 lycéens de première, répartis entre la voie générale et la voie technologique, ont entamé quatre heures d’épreuve anticipée de français, le premier rendez-vous officiel du baccalauréat 2026.
Pas de dictionnaire, pas de calculatrice. Juste une copie, un sujet, et le choix entre commenter un texte ou rédiger une dissertation.
Ce qui est tombé ce matin
En filière générale, les 385 000 candidats avaient le choix entre deux directions. Pour le commentaire, ils ont eu à traiter un extrait de l’Histoire de Madame de Montbrillant (1818) de Louise d’Épinay, auteure du XVIIIe siècle longtemps restée dans l’ombre des Lumières. Pour la dissertation, le sujet portait sur la poésie du XIXe au XXIe siècle, avec trois oeuvres au programme : le Cahier de Douai d’Arthur Rimbaud, La rage de l’expression de Francis Ponge, et Mes forêts d’Hélène Dorion.
En filière technologique (145 000 élèves), les sujets portaient sur le théâtre, avec Emile Augier au commentaire, et la littérature d’idées au programme de dissertation, autour des oeuvres de La Boétie, Fontenelle et Graffigny.
L’épreuve se termine à midi. Les résultats du bac ne seront connus qu’en juillet.
L’orthographe, l’autre sujet du jour
Cette session 2026 a une particularité. Le ministre de l’Éducation nationale Édouard Geffray a durci, via une circulaire publiée en mars, les critères de notation sur la qualité rédactionnelle, dans toutes les disciplines. Orthographe, syntaxe, grammaire : les correcteurs sont désormais invités à en tenir compte davantage. Une copie jugée incompréhensible ne peut plus obtenir la moyenne.
Sur le principe, l’idée fait peu débat. Les correcteurs eux-mêmes constatent depuis des années une dégradation de l’écrit. Des universités organisent des remises à niveau à l’entrée en première année.
Mais sur les modalités, c’est une autre histoire. Le SNES-FSU, premier syndicat du secondaire, a qualifié la mesure de « coup de communication » lundi sur franceinfo, faute de consignes opérationnelles claires transmises aux correcteurs. Pas de barème précis, pas de seuil chiffré. Combien de fautes pour pénaliser une copie ? La réponse reste floue.
La polémique a pris un tour savoureux début juin, quand le ministre lui-même a accepté un test d’orthographe en direct sur France 5. Il a trébuché sur accueil et dilemme, réussi rhododendron. « On fait tous des erreurs », a-t-il reconnu sur RTL.
Demain, les mêmes lycéens repasseront leurs stylos pour l’épreuve anticipée de mathématiques. Une journée à la fois.



