À l’ONU, les citoyens attendent des réponses aux guerres, au climat et aux dérives de l’intelligence artificielle
La 81e Assemblée générale de l’ONU réunit les dirigeants à New York sur fond de guerres en Ukraine et au Moyen-Orient. La régulation de l’IA, le climat et la succession d’António Guterres sont aussi au cœur des discussions.

La 81e Assemblée générale des Nations unies rassemble les dirigeants à New York alors que les guerres en Ukraine et au Moyen-Orient se prolongent. Les discussions porteront aussi sur l’encadrement de l’intelligence artificielle, le dérèglement climatique et le choix du prochain secrétaire général de l’organisation.
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À quoi sert encore une grande réunion internationale quand les guerres s’enlisent, que les prix de l’énergie s’envolent et que les grandes puissances ne s’accordent plus sur les règles communes ? C’est la question qui accompagne l’ouverture, mardi 22 septembre 2026 à New York, du débat général de la 81e session de l’Assemblée générale des Nations unies.
Pendant près d’une semaine, les dirigeants du monde se succéderont à la tribune. Près de 130 chefs d’État et de gouvernement sont attendus en personne. En parallèle, les rencontres bilatérales – ces échanges entre deux pays – serviront à négocier loin des caméras.
Une semaine diplomatique sous tension
L’Assemblée générale ne peut pas, à elle seule, mettre fin aux conflits. Elle offre toutefois un espace où les États peuvent présenter leurs positions, construire des coalitions et tenter de faire avancer des textes communs.
Le thème officiel de cette session résume l’ambition affichée : « Rétablir la confiance, gérer la transformation : une ONU au service de tous ». Le programme prévoit notamment des réunions sur le climat, la montée du niveau des mers, les pandémies, la gouvernance de l’intelligence artificielle et la paix.
Le débat général se tient du mardi 22 au lundi 28 septembre 2026, avec une interruption le dimanche. La session annuelle a officiellement commencé le 8 septembre et doit se poursuivre jusqu’au 7 septembre 2027. Le calendrier officiel de la 81e Assemblée générale de l’ONU détaille les principales échéances.
Pour la France, cette semaine commence dans un contexte nord-américain particulièrement sensible. Emmanuel Macron s’est rendu à Saint-Pierre-et-Miquelon du 19 au 21 septembre. Il y a rencontré le Premier ministre canadien Mark Carney, lors de la première visite officielle d’un chef de gouvernement canadien dans l’archipel.
Cette séquence permet à Paris et Ottawa d’afficher leur proximité. Elle intervient aussi après plusieurs déclarations de Donald Trump sur l’Amérique du Nord, qui ont suscité des réactions au Canada et en France. La question de la souveraineté des territoires et celle du rapprochement entre l’Europe et le Canada pourraient donc s’inviter dans les discussions new-yorkaises.
L’Ukraine et le Moyen-Orient au centre des échanges
Emmanuel Macron doit s’entretenir avec Volodymyr Zelensky. Le président ukrainien doit également rencontrer Donald Trump à New York. Ces échanges interviennent alors que la guerre déclenchée par la Russie contre l’Ukraine se poursuit et que Kyiv multiplie les attaques de drones contre des cibles situées sur le territoire russe.
Les États-Unis tentent parallèlement de relancer une médiation. Deux émissaires américains se sont récemment rendus à Moscou et à Kyiv. Mais les positions restent éloignées sur les conditions d’un éventuel cessez-le-feu, les territoires occupés et les garanties de sécurité dont l’Ukraine pourrait bénéficier.
Pour les Ukrainiens, l’enjeu est de conserver un soutien politique et militaire international. Pour les États européens, il s’agit aussi de maintenir une ligne commune face à la Russie. Pour les États-Unis, la rencontre doit permettre de tester la possibilité d’une initiative diplomatique. Ces intérêts ne coïncident pas toujours.
Le Moyen-Orient occupera également une place centrale. Emmanuel Macron doit échanger avec les dirigeants iranien, qatari, syrien et égyptien. Les conséquences de la guerre entre Washington et Téhéran, lancée en février, devraient être évoquées, notamment ses effets sur la sécurité régionale et sur les prix des carburants.
Cette hausse touche différemment les acteurs. Les pays importateurs d’énergie voient leurs coûts augmenter. Les ménages subissent une pression supplémentaire sur les transports et le chauffage. Les États producteurs peuvent, eux, bénéficier de recettes plus élevées, tout en étant exposés à une instabilité régionale accrue.
À Gaza, la guerre se poursuit près de trois ans après les attaques du 7 octobre. L’absence de représentation palestinienne à New York, après le refus d’accès au territoire américain pour certains dirigeants palestiniens, a été dénoncée par l’Union européenne. De son côté, Israël sera représenté par Benyamin Nétanyahou.
Cette présence pourrait provoquer de nouvelles tensions. Le maire de New York, Zohran Mamdani, a appelé à l’exécution du mandat d’arrêt délivré par la Cour pénale internationale contre le Premier ministre israélien. Les États-Unis ne reconnaissent pas cette juridiction. La question illustre le fossé entre les règles internationales défendues par certains États et leur application concrète.
L’intelligence artificielle entre innovation et contrôle
L’intelligence artificielle s’impose comme un autre sujet majeur. Les incidents liés à son utilisation et les alertes lancées par plusieurs responsables du secteur alimentent les appels à une régulation internationale.
Le débat porte sur plusieurs risques : la diffusion de fausses informations, les manipulations électorales, les cyberattaques, l’emploi et l’usage militaire de systèmes autonomes. Les États souhaitent conserver leur capacité d’innovation. Ils veulent aussi éviter qu’une course technologique ne réduise les garanties de sécurité.
António Guterres défend une « coordination mondiale » sur l’intelligence artificielle. Plusieurs pays pourraient soutenir cette approche. Un débat spécifique au Conseil de sécurité est également envisagé.
La France cherche à se positionner sur ce terrain. Emmanuel Macron doit réunir plusieurs dirigeants autour de la protection des enfants face aux réseaux sociaux et à l’intelligence artificielle. Pour les gouvernements, l’objectif est de mieux encadrer les plateformes. Pour les entreprises technologiques, des règles trop lourdes pourraient ralentir la recherche et favoriser leurs concurrents étrangers.
Climat et avenir de l’ONU : les dossiers de fond
La crise climatique sera abordée mercredi 23 septembre. Une journée de haut niveau sera ensuite consacrée, jeudi 24 septembre, à la montée du niveau des mers. Les petits États insulaires y voient une menace directe pour leurs populations, leurs infrastructures et parfois leur existence territoriale.
Cette question rappelle que les conséquences des crises mondiales ne sont pas réparties également. Les grandes puissances disposent davantage de moyens pour protéger leurs côtes. Les États insulaires, eux, disposent de moins de ressources alors qu’ils sont souvent parmi les plus exposés.
En coulisses, les États discutent aussi de la succession d’António Guterres, dont le mandat s’achève le 31 décembre 2026. La procédure prévoit une sélection par le Conseil de sécurité, avant une nomination par l’Assemblée générale.
Michelle Bachelet a retiré sa candidature le 25 mars 2026. Plusieurs personnalités restent en lice, dont Carolyn Rodrigues-Birkett, candidate présentée par le Guyana, mais aussi l’ancienne présidente de l’Assemblée générale María Fernanda Espinosa, l’ancien président sénégalais Macky Sall et le directeur général de l’Agence internationale de l’énergie atomique, Rafael Mariano Grossi. La liste officielle des candidatures au poste de secrétaire général de l’ONU est régulièrement mise à jour.
Le futur secrétaire général devra composer avec une organisation fragilisée par les retards de paiement, les rivalités entre grandes puissances et la multiplication des crises. Les États-Unis, premier contributeur financier de l’ONU, contestent régulièrement certaines dépenses et orientations de l’organisation.
Ce qu’il faudra surveiller
Les premières prises de parole de Donald Trump et d’Emmanuel Macron donneront le ton de la semaine. Les rencontres consacrées à l’Ukraine et au Moyen-Orient permettront surtout de mesurer les éventuelles marges de dialogue.
Il faudra aussi observer les initiatives sur l’intelligence artificielle, les engagements climatiques et la question palestinienne. Enfin, la bataille pour la succession d’António Guterres pourrait se préciser dans les prochaines semaines, à mesure que les membres du Conseil de sécurité tenteront de trouver un candidat acceptable pour les cinq membres permanents.



