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INTERNATIONAL Le front occidental sous tension

Entre Trump et l’AfD, Macron face au double défi du soutien américain à l’Ukraine et de la poussée nationaliste

À New York, Emmanuel Macron tente de convaincre Donald Trump de préserver l’aide à l’Ukraine et de contenir la crise énergétique. En Allemagne, les victoires régionales de l’AfD fragilisent Friedrich Merz et les partis traditionnels.

Pompe à essence d’une station-service, avec les prix visibles, pour illustrer la hausse des carburants.
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En bref

Emmanuel Macron cherche à maintenir l’engagement des États-Unis auprès de l’Ukraine et à limiter les effets de la crise énergétique liée au conflit avec l’Iran. En Allemagne, l’AfD arrive en tête dans un deuxième scrutin régional, accentuant la pression sur Friedrich Merz et la CDU.

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Que peut encore obtenir Emmanuel Macron face à Donald Trump, alors que la guerre au Moyen-Orient fait grimper les carburants et fragilise le soutien américain à l’Ukraine ? À Berlin, une autre question inquiète : jusqu’où l’extrême droite allemande peut-elle progresser ?

À New York, Macron tente de peser face à Trump

Emmanuel Macron a rencontré Donald Trump lundi 21 septembre 2026 à New York. L’échange intervient dans un contexte international particulièrement tendu.

La guerre en Iran pèse sur les marchés de l’énergie. Les attaques contre les infrastructures et les tensions autour du détroit d’Ormuz perturbent les approvisionnements. Ce passage maritime est essentiel pour le transport mondial du pétrole.

Pour les ménages, la conséquence est directe : une hausse des prix des carburants peut rapidement toucher les déplacements, les livraisons et le coût des produits courants.

Avant son déplacement, Emmanuel Macron avait déjà réuni les responsables des partis représentés au Parlement. Il souhaitait évoquer les effets de la crise internationale sur la sécurité et le quotidien des Français. La réunion consacrée à la situation internationale a notamment porté sur l’Ukraine, l’Iran et le détroit d’Ormuz.

Face à Donald Trump, le président français cherche donc à défendre plusieurs intérêts à la fois. Il veut limiter l’envolée des prix de l’énergie. Il souhaite aussi préserver le soutien occidental à l’Ukraine.

Une influence française réelle, mais limitée

Emmanuel Macron peut dialoguer avec Donald Trump. Il peut proposer des initiatives diplomatiques. Il ne dispose toutefois d’aucun moyen direct pour imposer la ligne américaine.

La politique étrangère des États-Unis dépend d’abord des choix du président américain. Elle dépend aussi du Congrès, de l’opinion publique et des intérêts stratégiques de Washington.

La France peut néanmoins agir sur plusieurs leviers. Elle peut tenter de construire une position européenne commune. Elle peut mobiliser ses partenaires au sein de l’Organisation des Nations unies. Elle peut également proposer des mécanismes de protection des infrastructures énergétiques.

Selon les informations disponibles après la rencontre, Emmanuel Macron a notamment défendu des initiatives liées à la sécurité du détroit d’Ormuz. Il a aussi évoqué la protection de sites pétroliers saoudiens contre les attaques des rebelles houthis.

Ces propositions bénéficient d’abord aux consommateurs et aux entreprises dépendantes du pétrole. Elles répondent aussi aux préoccupations des États du Golfe. En revanche, elles exposent davantage les pays qui accepteraient de participer à des opérations de sécurisation dans une zone de conflit.

Sur l’Ukraine, la marge de manœuvre est encore plus étroite. Les Européens redoutent qu’un désengagement américain ne réduise fortement les capacités militaires ukrainiennes. Ils devraient alors financer davantage l’aide militaire et assumer une part plus importante de la sécurité du continent.

Pour les gouvernements européens, l’enjeu est stratégique. Pour les contribuables, il peut devenir budgétaire. Pour les Ukrainiens, il concerne directement la poursuite de la guerre et les conditions d’une éventuelle négociation.

En Allemagne, l’AfD confirme sa poussée

Le même jour, les résultats des élections régionales allemandes ont renforcé une autre inquiétude européenne. L’Alternative pour l’Allemagne, l’AfD, est arrivée en tête dans le Mecklembourg-Poméranie-Occidentale, dans le nord-est du pays.

Cette victoire intervient deux semaines après le succès historique du parti en Saxe-Anhalt. L’AfD prend donc la première place dans un deuxième territoire régional en peu de temps.

Dans le Mecklembourg-Poméranie-Occidentale, les résultats provisoires lui attribuent un peu plus de 38 % des voix. Le scrutin constitue un revers majeur pour la CDU, le parti conservateur du chancelier Friedrich Merz.

Le parti du chancelier subit également une défaite à Berlin. Dans la capitale, la gauche radicale arrive en tête, tandis que l’AfD progresse sans être en mesure de gouverner seule.

Ces élections ne déterminent pas directement la composition du gouvernement fédéral. Elles ont toutefois une forte portée politique. En Allemagne, les Länder disposent de compétences importantes, notamment en matière d’éducation, de police et d’aménagement du territoire.

Les résultats régionaux servent aussi de test pour le pouvoir central. Ils mesurent la popularité du chancelier et la capacité des partis traditionnels à conserver leur électorat.

Pourquoi l’extrême droite attire-t-elle une partie des électeurs ?

L’AfD s’appuie sur plusieurs thèmes : le rejet de l’immigration, la critique des politiques climatiques, la dénonciation des élites et la contestation du soutien à l’Ukraine.

Dans les régions de l’est de l’Allemagne, le parti profite aussi d’un sentiment de déclassement. Les difficultés économiques, le vieillissement de la population et la fermeture de services publics nourrissent la défiance.

Certains électeurs ne se reconnaissent plus dans les partis traditionnels. Ils utilisent alors leur vote pour sanctionner le gouvernement. Ce vote peut exprimer une adhésion au programme de l’AfD. Il peut aussi traduire une colère plus générale.

Cette dynamique ne signifie pas que tous les électeurs de l’AfD partagent les positions les plus radicales du parti. Elle montre toutefois que la formation est devenue un point de rassemblement pour une partie importante du mécontentement.

Les grands partis bénéficient d’un accès plus large aux institutions et aux réseaux économiques. L’AfD, elle, tire avantage de sa position d’opposition. Elle peut promettre une rupture sans avoir encore à gérer les conséquences concrètes de ses choix.

Un parti puissant, mais encore isolé

L’AfD reste comparable à d’autres partis nationalistes européens par son discours hostile à l’immigration, sa critique de l’Union européenne et sa volonté de renforcer les frontières nationales.

Elle conserve toutefois une particularité allemande. Les autres partis refusent officiellement de gouverner avec elle. Ce principe, appelé « cordon sanitaire », empêche pour l’instant l’AfD de diriger un Land, même lorsqu’elle arrive en tête.

Cette règle protège les partis traditionnels d’une alliance avec l’extrême droite. Elle prive aussi l’AfD d’un accès direct au pouvoir régional. Mais elle peut renforcer son discours de parti exclu par les élites.

La CDU se trouve au cœur de cette contradiction. Pour récupérer des électeurs partis vers l’AfD, elle peut durcir ses positions sur l’immigration et la sécurité. Si elle s’en éloigne trop, elle risque cependant de banaliser les thèmes de l’extrême droite et de fragiliser le refus des alliances.

Le chancelier Friedrich Merz doit donc répondre à une double pression. Il doit rassurer son électorat conservateur. Il doit aussi éviter que la CDU ne perde son identité de parti de gouvernement en courant après l’AfD.

Les prochaines échéances à surveiller

Sur le front international, les prochaines discussions à l’ONU permettront de voir si les propositions françaises sur le détroit d’Ormuz peuvent réunir des soutiens. Il faudra aussi observer la position américaine sur l’aide à l’Ukraine.

En Allemagne, l’enjeu immédiat sera la formation des coalitions régionales. L’AfD peut arriver en tête sans obtenir la majorité nécessaire pour gouverner.

La question sera donc moins de savoir si l’extrême droite progresse que de mesurer la capacité des autres partis à lui barrer l’accès au pouvoir sans ignorer le message des électeurs.

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