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Patrick Bruel mis en examen pour viol : libre sous contrôle judiciaire, l’enquête s’annonce longue et les plaintes continuent d’affluer

Mis en examen pour viol, tentative de viol, agression sexuelle et harcèlement dans quatre affaires, Patrick Bruel est ressorti libre du tribunal de Nanterre mercredi soir. Le parquet avait requis son incarcération.

Libre, mais sous haute surveillance judiciaire. Patrick Bruel, 67 ans, a quitté le tribunal de Nanterre mercredi soir sous contrôle judiciaire, après plusieurs heures d’audience devant un juge des libertés et de la détention. Le parquet avait pourtant requis sa mise en détention provisoire. Les juges en ont décidé autrement.

Quatre mises en examen, quatre dossiers

Le chanteur et acteur est mis en examen dans quatre affaires distinctes : un viol à Neuilly-sur-Seine en 2008, une tentative de viol à Bruxelles en 2010, une agression sexuelle et du harcèlement sexuel à Perpignan en 2019, et un dossier de harcèlement sexuel à Ajaccio la même année. Dans quatre autres dossiers, il bénéficie du statut plus favorable de témoin assisté, notamment pour un viol allégué à Dinard en 2012 et un autre à l’Isle-sur-la-Sorgue en 2015.

Au total, le parquet de Nanterre avait ouvert une information judiciaire visant neuf victimes présumées, pour des faits s’échelonnant entre 2000 et 2019. Treize autres femmes, dont les témoignages couvrent une période allant de 1992 à 2008, ont vu leur dossier joint à la procédure, même si les faits semblent à ce stade couverts par la prescription.

Patrick Bruel conteste l’ensemble des accusations.

Des conditions de liberté strictes

Le contrôle judiciaire imposé par le juge des libertés est sévère. L’artiste a l’interdiction de quitter le territoire français, d’entrer en contact avec les plaignantes ou leur famille, et de fréquenter tout salon de massage. Il doit justifier de soins psychologiques et verser un cautionnement de 500 000 euros.

Ses avocates, Céline Lasek et Fanny Colin, ont indiqué que leur client participera à tous les actes de l’enquête et se tient à la disposition de la justice.

Du côté des plaignantes, la déception est réelle, mais mesurée. Me Iris Biehler, qui défend deux d’entre elles, avait salué la réquisition du parquet comme « un signal fort ». Me Carine Durrieu Diebolt, elle, posait une question plus tranchante sur BFMTV : « Combien de femmes faut-il pour accuser une célébrité, pour parvenir à des poursuites judiciaires ? » La décision de remise en liberté laisse un goût amer dans une partie du camp des accusatrices.

Un dossier qui grossit depuis 2022

L’affaire n’est pas née hier. Dès 2022, plusieurs femmes avaient déposé plainte contre Patrick Bruel. Certaines procédures avaient alors été classées sans suite, suscitant incompréhension et colère. L’affaire a repris de l’ampleur au printemps 2026, avec l’irruption de nouveaux témoignages et une accélération judiciaire notable.

Parmi les plaignantes figure Daniela Elstner, directrice générale d’UniFrance, l’organisme de promotion du cinéma français à l’étranger. Elle accuse le chanteur de tentative de viol et d’agression sexuelle lors d’un festival à Acapulco en 1997. L’animatrice Flavie Flament affirme, elle, avoir été violée en 1991, quand elle avait 16 ans, des faits a priori prescrits mais joints au dossier. Florima Treiber, ancienne Miss Alsace, et une kinésithérapeute prénommée Séverine ont déposé deux nouvelles plaintes les 27 mai et 3 juin 2026, défendues par Me Corinne Herrmann.

C’est cette même avocate qui déclarait ce jeudi matin sur RTL : « Ce n’est que le début de cette affaire », assurant que de nouvelles plaintes allaient encore être déposées.

La tournée annulée, l’instruction qui commence

La pression judiciaire a eu une conséquence immédiate sur la carrière de l’artiste. Patrick Bruel a annoncé l’annulation de la majeure partie de sa prochaine tournée, qui devait s’ouvrir à Paris à la mi-juin avant de le conduire dans les festivals d’été.

L’instruction débute à peine. Quatre juges d’instruction désignés par le parquet de Nanterre vont désormais conduire les investigations, entendre les témoins, confronter les versions. La dimension sérielle des accusations, avec des faits présumés couvrant près de trois décennies, pourrait aussi remettre en question certaines prescriptions initialement acquises.

Les prochains mois diront si le dossier s’étoffe encore. Et si d’autres voix se joignent aux plaignantes.

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