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ANALYSES & OPINIONS Le choix des priorités

Dépenses militaires ou services publics : le choix budgétaire qui pèse sur le pouvoir d’achat des Français

Fabien Roussel conteste la hausse des dépenses militaires et défend un réinvestissement dans les services publics. Il propose aussi une baisse de la TVA pour répondre à la crise énergétique et à la vie chère.

Atelier industriel avec machines et pièces métalliques, évoquant la production d’armes et les arbitrages budgétaires.
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En bref

Fabien Roussel demande de limiter l’effort consacré aux armées et de privilégier les hôpitaux, les écoles et l’agriculture. Il relie cette orientation à la hausse des prix de l’énergie et propose une baisse de la TVA. Son intervention oppose ainsi sécurité militaire, pouvoir d’achat et financement des services publics.

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Quand les dépenses militaires augmentent et que les prix de l’énergie montent, une question revient dans les foyers : quelles priorités l’État doit-il financer en premier ? Le candidat communiste Fabien Roussel répond en mettant en cause la logique de « l’économie de guerre ».

Un débat sur les priorités budgétaires

Le 16 septembre, Fabien Roussel a appelé à « mettre un stop sur l’économie de guerre » et au « surarmement de la France et de l’Union européenne ». Le secrétaire national du Parti communiste français défend ainsi une autre répartition des dépenses publiques.

Son choix est clair. Il souhaite davantage d’investissements dans « les hôpitaux, les écoles et nos agriculteurs », plutôt que dans la production d’armes. Selon lui, « l’effort de guerre » pèse désormais trop lourdement sur l’économie française.

Cette position s’inscrit dans un débat ancien sur le niveau des dépenses militaires. La loi de programmation militaire est un texte qui fixe, sur plusieurs années, les moyens accordés aux armées. La programmation 2019-2025 prévoyait 295 milliards d’euros pour la défense, avec l’objectif d’atteindre 2 % du produit intérieur brut en 2025. Le ministère des Armées présente cette trajectoire comme une remontée en puissance.

Pour Fabien Roussel, le problème ne se limite toutefois pas à une ligne budgétaire. Il concerne la direction générale donnée au pays. Le candidat communiste refuse que la préparation militaire devienne le principal horizon politique de la France et de l’Europe.

La critique d’une « escalade guerrière »

Fabien Roussel dénonce une « escalade guerrière ». Il estime que « l’Otan veut nous emmener dans un conflit de haute intensité » et que les États-Unis feraient tout pour que la guerre s’enlise en Europe.

Un conflit de haute intensité désigne une guerre entre armées régulières, avec des moyens importants, des combats prolongés et une forte consommation de munitions. Cette hypothèse conduit les États à renforcer leurs stocks, leurs équipements et leur industrie de défense.

Le candidat communiste rejette cette orientation. Il affirme que la guerre contribue à faire monter les prix de l’énergie et prive la France du gaz russe. Il réclame, à l’inverse, le retour à un « esprit de sécurité collective et de paix en Europe ».

Il dit également n’avoir « aucune confiance en Donald Trump dans ses négociations avec Vladimir Poutine ». Sa proposition repose sur une diplomatie présentée comme prioritaire. « Nous voulons une diplomatie de la paix et que ça arrive le plus vite possible », affirme-t-il.

Cette critique vise directement le rôle de l’Otan. L’Alliance atlantique présente pourtant la défense collective comme son principe central. En vertu de l’article 5, une attaque contre un membre est considérée comme une attaque contre l’ensemble de l’Alliance, même si chaque pays décide des mesures qu’il juge nécessaires. Le fonctionnement de la défense collective de l’Otan est détaillé par l’Alliance.

Des choix qui ne produisent pas les mêmes effets

Le choix entre défense et services publics ne se résume pas à une opposition comptable. Les dépenses militaires financent des équipements, mais aussi des emplois industriels, des chaînes de sous-traitance et des capacités technologiques. Elles profitent donc en priorité aux territoires qui accueillent des entreprises de défense.

À l’inverse, une réorientation vers l’hôpital, l’école ou l’agriculture bénéficierait davantage aux services publics locaux et aux secteurs confrontés à des besoins immédiats. Les effets seraient particulièrement visibles dans les territoires ruraux, où les fermetures de services et la hausse des coûts de production pèsent fortement.

Le débat oppose aussi deux temporalités. Les investissements militaires s’inscrivent souvent sur plusieurs années. Les dépenses de santé, d’éducation ou d’aide aux agriculteurs répondent à des urgences quotidiennes. Pour les ménages, la priorité se mesure d’abord à la facture d’énergie, au prix du carburant ou à l’accès aux soins.

Le gouvernement et les responsables militaires défendent une autre logique. Ils considèrent que la France doit disposer de moyens suffisants pour protéger son territoire, ses citoyens et ses intérêts. Dans cette perspective, la modernisation des armées ne serait pas seulement une dépense. Elle participerait aussi à l’autonomie stratégique du pays.

La question porte donc sur le niveau acceptable de cet effort. Même les défenseurs du réarmement doivent répondre à une contrainte : chaque crédit consacré à la défense ne peut pas être utilisé simultanément pour réduire les déserts médicaux, soutenir les revenus agricoles ou renforcer l’école.

Le pouvoir d’achat au cœur du message

Fabien Roussel relie la question militaire à celle de la vie chère. Il dénonce la hausse des prix des carburants et réclame un « état d’urgence énergétique ».

Sa mesure phare consiste à baisser immédiatement la TVA de 20 % à 5 %. Cette taxe est un impôt intégré au prix payé par le consommateur. Une baisse de son taux pourrait réduire certaines factures, mais son effet dépendrait aussi de la répercussion réelle par les entreprises.

Le coût pour les finances publiques constituerait un autre point de discussion. Une baisse de TVA réduit directement les recettes de l’État. Elle peut soutenir le pouvoir d’achat à court terme, mais elle impose ensuite de compenser cette perte par des économies, d’autres recettes ou une hausse de la dette.

Les ménages dépendants de leur voiture seraient les premiers concernés par une baisse du prix des carburants. Les foyers urbains, qui utilisent davantage les transports collectifs, en bénéficieraient moins directement. De même, une baisse générale de TVA profiterait aussi aux ménages aisés, qui consomment davantage en valeur absolue.

Le candidat communiste lie enfin l’inflation alimentaire à la mobilisation sociale. Il appelle à « de grandes mobilisations dans la rue » et évoque une « forme de révolution ». Si le gouvernement « continue de proposer des remèdes douloureux », il promet de soutenir la contestation.

Un affrontement politique appelé à durer

Cette prise de position oppose deux visions de la sécurité. Pour Fabien Roussel, la sécurité passe d’abord par la paix, les services publics et la protection du pouvoir d’achat. Pour les partisans d’un effort militaire renforcé, elle suppose au contraire des armées capables de répondre à des menaces durables.

Le débat concerne aussi l’Europe. Réduire le réarmement européen peut limiter les dépenses à court terme. Mais cela peut également accroître la dépendance envers les États-Unis ou d’autres puissances pour la protection du continent. Renforcer les capacités européennes exige, à l’inverse, des moyens financiers et industriels importants.

Les prochaines étapes dépendront donc des arbitrages budgétaires et des choix de politique étrangère. Il faudra surveiller l’évolution des prix de l’énergie, les décisions concernant les dépenses militaires et la capacité du gouvernement à répondre aux revendications sur le pouvoir d’achat.

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