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ÉCONOMIE & SOCIéTé L’accès aux études en question

Parcoursup : ce que peut changer la refonte du système

Clémence Guetté conteste le remplacement annoncé de Parcoursup, qu’elle juge surtout cosmétique, et relie cette critique aux mobilisations sur le pouvoir d’achat. Elle annonce aussi vouloir redéposer une demande de commission d’enquête sur le racisme.

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En bref

Clémence Guetté estime que remplacer Parcoursup sans modifier les possibilités d’admission ne répondrait pas aux difficultés des jeunes. Les données officielles indiquent que 93,7 % des néobacheliers inscrits ont reçu une proposition en 2026, mais ce chiffre ne dit pas si elle correspondait à leur choix ni si leur situation leur permettait de l’accepter. La députée annonce aussi une nouvelle

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Changer la plateforme d’accès aux études supérieures permettra-t-il vraiment aux jeunes de mieux choisir leur avenir ? Derrière la bataille sur Parcoursup, une question demeure : les formations seront-elles plus accessibles, et à quelles conditions ?

Le 27 octobre, Clémence Guetté, députée LFI du Val-de-Marne et vice-présidente de l’Assemblée nationale, a d’emblée critiqué les annonces gouvernementales sur le remplacement de Parcoursup.

Parcoursup : changer le nom ou changer les possibilités ?

Pour Clémence Guetté, la fin annoncée de Parcoursup ne répond pas aux difficultés des candidats. « Ce n’est pas une bonne nouvelle car ça revient à un changement de nom », affirme-t-elle. Elle estime qu’« il n’y a rien dans les annonces du gouvernement » et conclut : « C’est de l’arnaque ».

Depuis 2018, la plateforme Parcoursup organise les candidatures et les réponses. En revanche, les établissements examinent les dossiers et disposent d’un nombre déterminé de places. Le fonctionnement de Parcoursup présenté par Service public rappelle ainsi le rôle des formations dans l’examen des vœux.

Modifier l’interface, le calendrier ou l’accès aux informations peut donc améliorer les démarches. Mais cela ne suffit pas, à lui seul, à augmenter les capacités d’accueil. Pour apprécier une réforme, il faut distinguer la simplicité de la procédure, les critères d’admission et les moyens des établissements.

Le gouvernement dispose néanmoins d’arguments pour défendre le dispositif actuel. Selon le bilan ministériel des admissions Parcoursup 2026, 93,7 % des néobacheliers inscrits ont reçu au moins une proposition. Parmi ces inscrits, 81 % en ont accepté une. Le premier indicateur mesure donc une possibilité d’admission, pas nécessairement une orientation choisie puis concrétisée.

Des résultats globaux qui ne disent pas tout des inégalités

Les chiffres nationaux apportent un contrepoint à la critique de LFI. Ils ne permettent toutefois pas de savoir, à eux seuls, si chaque candidat obtient la formation souhaitée, près de chez lui et à un coût supportable.

Pour une famille, la distance peut transformer une admission en problème de logement, de transport et de budget. C’est particulièrement important lorsque les ressources limitent la possibilité de quitter le domicile familial. À l’inverse, disposer d’une marge financière élargit les options envisageables. L’évaluation d’une réforme doit donc porter aussi sur les conditions concrètes d’études.

La procédure comprend déjà un mécanisme favorable aux candidats modestes : des taux minimaux de boursiers dans les formations. Le ministère estime que ces taux ont joué un rôle décisif pour près de 19 400 lycéens boursiers en 2026, dans son bilan de la campagne Parcoursup. Toute transformation devra donc préciser le devenir de cette protection.

Les intérêts ne se confondent pas. Les candidats attendent des choix compréhensibles et accessibles. Les établissements doivent organiser les admissions selon leurs capacités. Politiquement, l’exécutif peut mettre en avant les résultats de la procédure. LFI cherche, elle, à déplacer le débat vers les possibilités réelles offertes à la jeunesse. Le contenu précis de la réforme permettra de départager ces arguments.

Pouvoir d’achat : une colère politique, des indicateurs à distinguer

Clémence Guetté étend sa critique aux conditions de vie. Elle reproche à Emmanuel Macron de s’étonner des mobilisations sociales : « C’est son bilan qui a mis le pays dans une telle ébullition ». Elle évoque la pauvreté, la dette, une consommation affaiblie et des salaires stagnants pour défendre l’opposition à la politique gouvernementale.

Son évocation de dix millions de personnes pauvres correspond à un ordre de grandeur documenté. Pour 2023, l’Insee comptabilise 9,8 millions de personnes sous le seuil de pauvreté monétaire, soit 15,4 % de la population étudiée. Ce seuil correspond à 60 % du niveau de vie médian, celui qui partage la population en deux moitiés.

Le périmètre compte : ces données de l’Insee sur la pauvreté en 2023 concernent la France métropolitaine et les personnes vivant en logement ordinaire. Elles ne décrivent donc pas toutes les situations de précarité. Elles ne mesurent pas non plus directement la situation d’octobre 2026.

Enfin, constater la pauvreté ne suffit pas à attribuer son évolution à une seule décision politique. Dette publique, consommation, salaires et niveau de vie décrivent des réalités différentes. Les réunir dans une dénonciation relève du discours d’opposition ; les analyser exige de préciser les périodes et les mécanismes.

La députée affirme sa volonté de combattre la politique gouvernementale. En revanche, ses déclarations ne fixent pas de calendrier détaillé pour les manifestations, sit-in ou « casserolades » évoqués. À ce stade, il faut distinguer le soutien politique à la mobilisation de son organisation concrète.

Parole raciste : une enquête parlementaire annoncée, pas encore créée

Clémence Guetté annonce également vouloir « redéposer », le 27 octobre, une demande de commission d’enquête sur la libération de la parole raciste. Elle inscrit cette initiative dans le contexte de l’attentat raciste à Trappes qu’elle évoque. Cette annonce ne signifie pas que l’Assemblée a déjà créé la commission.

Une commission d’enquête permet aux parlementaires d’auditionner des responsables et de recueillir des documents pour contrôler l’action publique. Ses travaux durent au maximum six mois. Cependant, elle ne peut pas se substituer à la justice sur des faits faisant l’objet de poursuites, comme l’explique l’Assemblée nationale dans sa présentation des commissions d’enquête.

L’enjeu dépasse les affrontements partisans. Dans son rapport sur le racisme en 2024, la Commission nationale consultative des droits de l’homme souligne la sous-déclaration des actes et leurs conséquences sur la santé des victimes. Celles-ci attendent une protection effective ; les institutions doivent pouvoir évaluer leurs réponses.

Deux suites concrètes seront donc à surveiller : les modalités du remplacement de Parcoursup et le dépôt de la demande d’enquête. Pour cette dernière, le périmètre proposé et les soutiens parlementaires détermineront la portée réelle de l’initiative.

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