À Bayonne, la majorité d’Etchegaray ouvre la voie aux décisions, tandis que l’abstention interroge la portée du scrutin
Jean-René Etchegaray obtient 35 des 45 sièges du conseil municipal avec 50,70 % des suffrages exprimés. À Bayonne, une abstention de 45,41 % nuance toutefois la portée de cette majorité.

Jean-René Etchegaray conserve la mairie de Bayonne après avoir obtenu 50,70 % des suffrages exprimés au second tour. Sa liste dispose de 35 sièges sur 45, tandis que les listes de Jean-Claude Iriart et Pascal Lesellier en totalisent dix. La participation atteint 54,59 %, avec 45,41 % d’abstention.
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Qui décidera des priorités de Bayonne, et avec quelle place pour les oppositions ? Le second tour des municipales donne à Jean-René Etchegaray une majorité solide, mais laisse aussi près d’un électeur inscrit sur deux hors des urnes.
Une victoire électorale qui donne les moyens de gouverner
Le 22 mars 2026, la liste « Bayonne l’essentiel c’est vous ! », conduite par Jean-René Etchegaray, arrive en tête. Classée divers centre, elle rassemble 9 876 voix, soit 50,70 % des suffrages exprimés. Elle obtient 35 des 45 sièges du conseil municipal.
Face à elle, « Rassemblés pour Bayonne – Elkarrekin Baionarentzat », menée par Jean-Claude Iriart, recueille 7 990 voix, soit 41,01 %. Cette liste d’union de la gauche remporte neuf sièges. « Unis pour Bayonne l’Alternative ! », conduite par Pascal Lesellier et classée à l’extrême droite, totalise 1 615 voix, soit 8,29 %, et un siège.
L’écart entre les deux premières listes atteint donc 1 886 voix. Mais leur poids dans l’assemblée municipale diffère bien davantage : 35 élus pour la majorité, contre neuf pour la principale opposition. Les résultats publiés par le ministère de l’Intérieur pour Bayonne détaillent cette répartition.
Une précision compte : les habitants élisent les conseillers municipaux, qui élisent ensuite le maire. Le résultat du 22 mars donne ainsi à Jean-René Etchegaray la majorité nécessaire pour conserver la mairie. Il ne s’agit pas, juridiquement, d’une élection directe du maire.
Pourquoi 50,70 % des voix donnent 35 sièges
Ce décalage vient de la prime majoritaire, un avantage en sièges accordé à la liste gagnante. À Bayonne, celle-ci reçoit d’abord la moitié des sièges, arrondie à l’entier supérieur. Les sièges restants se répartissent ensuite à la proportionnelle entre les listes ayant obtenu au moins 5 % des suffrages exprimés.
La liste arrivée en tête participe également à cette seconde répartition. Elle cumule donc la prime et sa part proportionnelle. Ce mécanisme explique pourquoi Jean-René Etchegaray dispose de près de 78 % des sièges avec un peu plus de la moitié des voix. Vie publique explique les règles de répartition des sièges municipaux.
Pour l’équipe gagnante, l’avantage est concret : elle peut faire adopter ses délibérations sans rechercher systématiquement un accord avec l’opposition. Cette stabilité facilite la conduite d’un programme. En contrepartie, les listes minoritaires pèsent moins dans les votes que dans les urnes.
Les neuf élus de Jean-Claude Iriart constituent néanmoins le principal groupe d’opposition. Ils pourront porter une autre lecture des décisions municipales et questionner les choix de la majorité. Pascal Lesellier disposera, lui, d’une représentation limitée à un élu : une présence institutionnelle, mais aucun pouvoir de blocage à lui seul.
Une participation qui limite la portée du résultat
Sur les 36 380 inscrits, 19 860 électeurs ont voté, soit une participation de 54,59 %. À l’inverse, 16 520 personnes ne se sont pas déplacées. L’abstention atteint donc 45,41 %. Ce chiffre ne permet pas, à lui seul, d’attribuer une motivation aux absents.
Parmi les votants, 199 ont déposé un bulletin blanc, soit 1,00 %, et 180 un bulletin nul, soit 0,91 %. Ces bulletins ne comptent pas dans les suffrages exprimés, qui s’élèvent à 19 481. C’est sur cette dernière base que se calculent les scores des listes.
Autre manière de lire le scrutin : les voix de la liste gagnante représentent 27,15 % des inscrits. Cela ne remet pas en cause sa victoire. En revanche, cette proportion rappelle la différence entre obtenir une majorité électorale et recueillir l’adhésion d’une majorité de tous les électeurs inscrits.
Pour les habitants, l’enjeu dépasse donc le seul partage des sièges. Les décisions municipales concernent aussi ceux qui n’ont pas voté, ainsi que les résidents qui ne figurent pas sur les listes électorales.
Le logement montre les limites d’une victoire municipale
Une majorité confortable ne signifie pas que la mairie décide seule de tout. Le logement l’illustre : Bayonne appartient aux 24 communes du Pays basque où l’encadrement des loyers s’applique depuis le 25 novembre 2024. Le dispositif concerne notamment les nouveaux baux et les renouvellements.
Cette règle cherche à contenir les loyers excessifs dans un territoire où l’accès au logement subit de fortes tensions. Elle bénéficie directement aux locataires concernés. Pour les propriétaires bailleurs, elle limite le loyer demandé selon les caractéristiques du logement. La présentation de l’encadrement des loyers au Pays basque précise son fonctionnement.
Les intérêts diffèrent donc selon la situation des habitants. Un locataire qui renouvelle son bail n’affronte pas les mêmes contraintes qu’un propriétaire occupant. De même, appliquer un plafond de loyer et augmenter l’offre de logements répondent à deux problèmes distincts.
La décision publique dépend ici de plusieurs niveaux, notamment de l’État et de l’agglomération. Le scrutin attribue à la liste Etchegaray 17 des 22 sièges communautaires bayonnais, contre quatre à la liste Iriart et un à celle de Lesellier. Ces sièges représentent Bayonne, pas une majorité automatique dans toute l’agglomération.
Une opposition importante dans les urnes, minoritaire au conseil
Le résultat dessine ainsi deux réalités. Jean-René Etchegaray dispose d’une nette capacité de décision. Mais les 41,01 % obtenus par Jean-Claude Iriart donnent aussi un poids électoral substantiel à une alternative de gauche. Confondre domination au conseil et absence de contestation serait donc trompeur.
Dans les prochaines délibérations municipales, les points à surveiller seront concrets : crédits accordés aux projets, calendrier des investissements et réponses aux propositions minoritaires. C’est dans ces votes que se mesurera l’usage de la majorité obtenue le 22 mars.



