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ÉLECTIONS

À droite, Wauquiez mise sur la primaire pour peser sur 2027 et garder la main sur l’unité du camp

Laurent Wauquiez ne cherche plus seulement à exister dans la course à 2027. Il veut imposer la primaire droite 2027 comme levier d’un rassemblement plus large, malgré les résistances internes à LR.

Place de ville française animée, passants anonymes près de la mairie et d’un marché de quartier.

À droite, la vraie question n’est plus « qui parle ? », mais « qui décide ? »

À moins de deux ans de la présidentielle de 2027, la droite cherche encore son point d’équilibre. Et dans cette bataille, Laurent Wauquiez ne veut plus forcément être le candidat. Il veut surtout peser sur le choix final, sur la ligne, et sur la place qu’occupera Les Républicains dans le camp de droite.

Ce n’est pas un détail. Depuis la réforme des statuts de LR et les débats ouverts au sein du parti, la désignation du candidat à la présidentielle est devenue un enjeu stratégique majeur. Les adhérents ont désormais un rôle central, mais la question du périmètre reste entière : candidature strictement LR, primaire interne, ou primaire plus large ouverte à des figures du centre droit.

Wauquiez se repositionne en arbitre de la droite

Laurent Wauquiez, qui préside le groupe Droite républicaine à l’Assemblée nationale, a laissé entendre qu’il ne jouerait pas la carte de l’alignement. Il a voté blanc lors de la consultation interne de LR sur le mode de désignation du candidat, qu’il a jugée incomplète. Selon lui, la vraie question n’était pas seulement de choisir un candidat LR, mais de savoir s’il fallait bâtir un rassemblement plus large à droite et au centre droit.

Autrement dit, il ne cherche plus à apparaître comme l’unique recours. Il se place en bâtisseur de coalition. Cette posture lui permet de rester visible sans s’enfermer dans une bataille frontale avec Bruno Retailleau, désormais investi par le parti comme candidat LR à la présidentielle.

Cette stratégie lui donne aussi une marge de manœuvre. À droite, le temps joue contre les candidatures dispersées. Les Républicains savent qu’une multiplication des ambitions pourrait les condamner à rester sous le seuil nécessaire pour accéder au second tour. C’est précisément pour cela que le débat sur la méthode de désignation est devenu aussi politique que le débat sur le programme.

Le fond du sujet : une primaire pour unir, ou pour disperser ?

Wauquiez pousse une idée qui brouille les lignes habituelles : une primaire allant de Gérald Darmanin à Sarah Knafo, donc bien au-delà du seul périmètre LR. Pour ses partisans, l’avantage est clair. Une telle méthode pourrait désigner une figure capable de rassembler une partie de la droite classique, du centre droit et d’une sensibilité plus sécuritaire. Pour ses adversaires, elle créerait surtout une usine à gaz impossible à faire accepter par tous.

Le problème est très concret. Les statuts de LR prévoient que les modalités de désignation relèvent d’un vote des adhérents réunis en congrès, sur proposition du président du mouvement et après consultation du bureau politique. Mais, dans les faits, personne ne peut obliger Édouard Philippe, Gabriel Attal ou Xavier Bertrand à entrer dans une primaire de la droite. C’est là que la mécanique se grippe.

Pour les militants LR, la question est double. Ils veulent d’abord éviter une nouvelle guerre des chefs. Ils veulent aussi savoir si leur parti sert encore de colonne vertébrale à la droite, ou seulement de point de départ à un arrangement plus large. Dans cette équation, les gagnants potentiels sont ceux qui disposent d’une base électorale assez solide pour imposer leur nom ; les perdants sont les appareils qui n’ont plus le monopole de l’incarnation.

Retailleau contre Wauquiez : la compétition est ouverte, pas la trêve

Bruno Retailleau a réagi sans détour. Il a estimé que Laurent Wauquiez n’était pas dupe et qu’il continuerait à le gêner autant qu’il le peut. Le patron de LR défend, lui, une logique différente : consulter les adhérents, faire trancher le parti, puis avancer sur un projet commun. Dans son récit, la démocratie interne doit servir à éviter les « petits arrangements » entre élus.

Cette réponse dit beaucoup de la séquence en cours. Retailleau veut incarner l’autorité et la clarté. Wauquiez, lui, veut conserver sa capacité de nuisance, ou de rassemblement, selon le point de vue. Entre les deux, il y a moins une rupture qu’une rivalité de méthode. L’un met en avant la désignation par les militants. L’autre refuse de s’enfermer dans un cadre qu’il juge trop étroit.

Un regard critique existe aussi à l’intérieur même de la droite. Gérard Larcher plaide pour une primaire entre candidats de la droite et du centre, mais pas au-delà. D’autres cadres jugent l’élargissement irréaliste. Leur argument est simple : une primaire trop ouverte peut promettre l’unité, puis finir sans candidat unique si les prétendants centraux refusent d’y participer. Dans ce cas, la droite aurait perdu du temps et exposé ses divisions au grand jour.

Ce que Wauquiez protège vraiment : sa place dans l’après-2027

Le calcul de Laurent Wauquiez est aussi personnel. Après avoir vu lui échapper la présidence de LR et plusieurs postes ministériels, il a intérêt à redevenir indispensable autrement. Son capital politique ne tient plus seulement à une ambition élyséenne directe. Il tient à sa capacité à influencer le programme, à faire et défaire les alliances, et à peser sur le candidat qu’il jugera le plus fréquentable.

C’est ce qui rend sa posture efficace. Il parle à la fois aux élus qui veulent garder LR au centre du jeu et à ceux qui pensent qu’une recomposition plus large est inévitable. En clair, il se réserve plusieurs issues. Si la droite se referme, il peut se présenter comme gardien de l’identité du parti. Si elle s’ouvre, il peut revendiquer le rôle de passeur.

Ce qu’il faudra surveiller d’ici les prochains mois

Le vrai rendez-vous arrive vite. LR doit encore clarifier sa méthode de désignation, puis tester sa capacité à transformer un accord interne en dynamique nationale. Si la droite ne parvient pas à départager ses prétendants ou à définir un périmètre crédible, la campagne de 2027 risque de commencer avec un handicap majeur : plusieurs ambitions, mais aucune évidence. Et c’est là que Laurent Wauquiez, même sans être candidat, peut encore redevenir incontournable.

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