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ÉLECTIONS Le vote sous contrôle judiciaire

À Noisy-le-Sec, cinq signatures contestées pourraient renvoyer les électeurs aux urnes municipales

Le tribunal administratif de Montreuil a annulé les municipales de Noisy-le-Sec après avoir relevé cinq déclarations de candidature irrégulières. Un recours devant le Conseil d’État reste possible avant une éventuelle nouvelle élection.

Entrée du tribunal administratif de Montreuil, lieu de la décision sur l’annulation des municipales de Noisy-le-Sec
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En bref

Le tribunal administratif de Montreuil a annulé les élections municipales de Noisy-le-Sec après avoir constaté que cinq candidats d’une liste n’avaient pas signé personnellement leur déclaration. La décision peut encore être contestée devant le Conseil d’État. Si elle devient définitive, les habitants devront élire un nouveau conseil municipal dans les trois mois.

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À Noisy-le-Sec, les habitants pourraient devoir voter de nouveau. Pourtant, le scrutin municipal de mars 2026 avait déjà désigné une majorité et réparti les sièges au conseil municipal. Que s’est-il passé pour que cette élection soit annulée ?

Une formalité électorale qui change toute l’élection

Le tribunal administratif de Montreuil a annulé, mercredi 30 septembre 2026, les élections municipales de Noisy-le-Sec, en Seine-Saint-Denis. Le scrutin avait été remporté au second tour par la liste conduite par le maire communiste Olivier Sarrabeyrouse.

La décision porte sur la liste « Noisy au Cœur, la Liste Citoyenne », menée par Thomas Franceschini. Arrivée deuxième, elle avait obtenu 33,38 % des suffrages exprimés et sept sièges au conseil municipal.

Le tribunal estime que cinq candidats de cette liste n’ont pas signé eux-mêmes leur déclaration de candidature. Les signatures et les mentions manuscrites indiquant leur consentement n’auraient donc pas été rédigées par les personnes concernées.

Cette exigence figure à l’article L. 265 du Code électoral sur les déclarations de candidature. Elle vise à garantir qu’une personne inscrite sur une liste accepte réellement de se présenter.

Pour le tribunal, la liste a donc été constituée de manière irrégulière. Les votes obtenus par cette liste au second tour doivent être considérés comme nuls. Mais la juridiction ne s’est pas arrêtée à ces seuls bulletins.

Pourquoi le scrutin entier est annulé

En droit électoral, une irrégularité ne provoque pas automatiquement l’annulation de toute une élection. Le juge examine notamment son importance et ses conséquences sur la sincérité du scrutin. Cette notion désigne la capacité des électeurs à voter dans des conditions régulières, sans que la présentation des candidatures ne fausse le résultat.

Dans le cas de Noisy-le-Sec, la liste contestée n’était pas marginale. Elle avait recueilli plus d’un tiers des suffrages exprimés et remporté sept des 43 sièges du conseil municipal. Sa présence a donc pesé sur la répartition des voix et des élus.

Le tribunal considère ainsi que l’irrégularité a affecté l’ensemble des opérations électorales. L’annulation ne signifie pas que la liste arrivée en tête aurait nécessairement perdu sans cette candidature. Elle signifie que le scrutin ne peut pas être conservé dans sa forme actuelle.

Les résultats officiels montrent l’ampleur du rapport de force. La liste d’Olivier Sarrabeyrouse avait obtenu 46,75 % des suffrages exprimés, soit 4 715 voix et 32 sièges. La liste « Noisy au Cœur » avait recueilli 3 367 voix et obtenu sept élus. Deux autres listes avaient complété le conseil municipal avec trois et un sièges. Les résultats officiels des municipales à Noisy-le-Sec permettent de mesurer le poids de chaque candidature.

Une décision qui ne retire pas immédiatement la mairie

L’annulation ne provoque pas nécessairement le départ immédiat du maire. Les parties disposent jusqu’au 30 octobre 2026 pour saisir le Conseil d’État, qui juge les litiges relatifs aux élections municipales en appel.

Tant que la décision n’est pas définitive, le conseil municipal issu du scrutin peut continuer à fonctionner. Les élus conservent donc, à ce stade, leurs responsabilités locales. La situation pourrait toutefois évoluer si le Conseil d’État confirme l’annulation.

Dans ce cas, une nouvelle élection municipale devrait être organisée dans un délai de trois mois. Les électeurs seraient alors appelés à voter pour renouveler l’ensemble du conseil municipal, et non seulement pour remplacer les sept élus de la liste contestée.

Cette perspective crée une période d’incertitude pour la commune. Les projets engagés par la majorité peuvent se poursuivre, mais la préparation d’un nouveau scrutin peut modifier les priorités politiques. Les équipes devront aussi mobiliser à nouveau des candidats, des assesseurs et des électeurs dans un contexte de participation limitée.

Une décision qui renvoie les listes à leurs responsabilités

Le maire Olivier Sarrabeyrouse a dénoncé une remise en cause de sa victoire. Il a évoqué « l’amateurisme et les irrégularités » de la liste arrivée en deuxième position. Il affirme que sa majorité est prête à retourner devant les électeurs.

Cette réaction défend directement l’intérêt de la majorité municipale. Une nouvelle élection pourrait lui permettre de confirmer son avance, mais elle ferait aussi repartir la campagne dans une ville où plus d’un électeur sur deux ne s’était pas déplacé au second tour.

À l’inverse, la liste « Noisy au Cœur » conserve un intérêt évident à contester la décision. Ses candidats sont les premiers concernés par l’irrégularité relevée par le tribunal. Ils pourraient chercher à démontrer que les erreurs de signature ne justifiaient pas l’annulation du scrutin entier.

Le juge électoral joue ici un rôle de contrôle, mais il ne tranche pas un débat politique sur le programme des listes. Il vérifie la régularité de la candidature et l’effet possible de cette irrégularité sur le vote. Cette distinction est importante : l’annulation ne constitue pas une sanction politique du maire ni une validation du projet de l’opposition.

Le précédent rappelle aussi que les formalités de dépôt ne sont pas secondaires. Une fusion de listes entre les deux tours peut modifier rapidement la composition d’une candidature. Elle doit pourtant respecter les mêmes garanties individuelles qu’une liste déposée au premier tour. Chaque candidat doit pouvoir prouver son accord personnel.

Une nouvelle campagne déjà en ligne de mire

Le prochain rendez-vous est fixé au 30 octobre 2026. Jusqu’à cette date, les parties peuvent faire appel devant le Conseil d’État. La décision de cette juridiction déterminera si Noisy-le-Sec conserve son conseil municipal ou doit retourner aux urnes.

Si l’annulation est confirmée, la campagne repartira avec plusieurs inconnues. Les listes devront décider si elles reconduisent leurs alliances, si elles présentent de nouveaux candidats ou si elles modifient leur stratégie. Les électeurs, eux, devront se prononcer à nouveau sur un scrutin déjà tranché quelques mois plus tôt.

Il faudra donc surveiller trois éléments : le dépôt éventuel d’un appel, la position du Conseil d’État et le calendrier d’une éventuelle nouvelle élection. À Noisy-le-Sec, cinq signatures contestées ont suffi à remettre en jeu l’ensemble de la représentation municipale.

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