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ÉLECTIONS L’AMF au cœur d’un débat de confiance

Le double rôle de David Lisnard à l’AMF peut-il brouiller la représentation des maires dans la course à l’Élysée ?

Marc Fesneau conteste le cumul de la présidence de l’Association des maires de France et d’une candidature présidentielle par David Lisnard. En toile de fond : l’indépendance de l’AMF et la confiance des élus à l’approche du renouvellement de sa présidence.

Formulaire de présentation électorale vierge posé sur un comptoir de mairie, avec un stylo et des registres administratifs en arrière-plan.
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En bref

David Lisnard cumule la présidence de l’Association des maires de France et une candidature à l’élection présidentielle. Marc Fesneau estime que cette situation fragilise le pluralisme et l’indépendance de l’association. Le renouvellement de sa présidence fin novembre doit permettre aux élus de se prononcer sur la compatibilité des deux fonctions.

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Qui parle au nom des maires lorsqu’un même responsable représente leur association et mène sa propre bataille présidentielle ? Derrière la polémique sur David Lisnard, une question concrète apparaît : comment préserver la voix collective des communes pendant une campagne nationale ?

Une présidence contestée à l’approche de son renouvellement

Le 28 octobre 2026, Marc Fesneau, président du groupe MoDem à l’Assemblée nationale, a dénoncé le « mélange des genres » de David Lisnard. Le maire de Cannes cumule la présidence de l’Association des maires de France (AMF) et une candidature présidentielle sous les couleurs de Nouvelle Énergie.

Pour l’ancien ministre, ces deux engagements fragilisent une organisation qui doit défendre des élus de toutes sensibilités. Il réclame donc que David Lisnard renonce à briguer un nouveau mandat à sa tête, lors du renouvellement prévu fin novembre.

Son argument porte d’abord sur la représentation collective. L’AMF doit rester « indépendante des pouvoirs politiques » et faire « en son sein vivre le pluralisme », affirme-t-il. Autrement dit, les positions personnelles de son président ne doivent pas devenir celles de tous ses adhérents.

Cette critique rejoint une contestation déjà exprimée au sein de l’association. Le premier vice-président délégué, le socialiste André Laignel, et le maire de Bourg-en-Bresse, Jean-François Debat, ont eux aussi dénoncé la confusion entre les deux fonctions. Dans un courrier rendu public en octobre, ils demandent que le congrès de novembre ne devienne pas une étape de campagne présidentielle.

Les parrainages, un pouvoir individuel des élus

Marc Fesneau insiste notamment sur les signatures nécessaires pour concourir à l’Élysée. Si certains prétendants peinent à les obtenir, estime-t-il, la position du président de l’AMF pourrait nourrir des soupçons. Il évoque des « polémiques qui vont naître », sans établir l’existence d’une intervention de David Lisnard dans leur attribution.

Pour se présenter, un candidat doit réunir 500 parrainages d’élus provenant d’au moins 30 départements ou collectivités ultramarines. Un même territoire ne peut fournir plus de 50 signatures. Le Conseil constitutionnel vérifie ensuite les présentations et établit la liste des candidats.

Mais présider l’AMF ne donne pas le pouvoir de distribuer ces signatures. Dans une clarification publiée le 6 janvier 2022, David Lisnard rappelait lui-même que le parrainage relève d’une compétence individuelle des élus. L’association n’a pas à servir d’intermédiaire entre les maires et les candidats.

La distinction compte : le débat porte ici sur l’influence et la confiance, pas sur une maîtrise administrative des parrainages. Le président de l’AMF ne signe pas à la place des maires. En revanche, sa fonction lui offre une visibilité auprès d’élus que les candidats cherchent précisément à convaincre.

Des intérêts différents derrière une même association

Pour David Lisnard, conserver cette responsabilité permettrait de poursuivre son engagement auprès des communes tout en défendant un projet national. Pour ses concurrents, cette position pose une question d’équilibre : où s’arrête la représentation des maires et où commence la promotion d’un candidat ?

Les candidats solidement implantés disposent de relais pour approcher les élus. À l’inverse, ceux qui possèdent peu d’appuis locaux doivent construire ces contacts. Le principe d’un choix individuel ne supprime donc pas l’importance pratique des réseaux. C’est sur ce terrain que l’avertissement de Marc Fesneau prend son sens.

Les maires, eux, n’ont pas tous les mêmes besoins. Une grande ville dispose de services capables d’analyser les textes et de défendre ses dossiers. Une petite commune peut davantage compter sur l’expertise collective et la représentation associative. Si la parole de l’AMF devient politiquement suspecte, l’enjeu dépasse ainsi la compétition présidentielle : il touche son efficacité auprès des pouvoirs publics.

Il faut toutefois distinguer parrainage et adhésion politique. Dans sa prise de position de janvier 2022, David Lisnard rappelait également qu’une signature ne vaut pas nécessairement soutien. Cette distinction protège la liberté des élus : permettre à une candidature d’exister ne signifie pas reprendre son programme.

Des accusations d’alliance auxquelles Lisnard oppose son indépendance

Marc Fesneau élargit sa critique aux orientations du candidat. Il juge ses positions trop clivantes pour la fonction associative. Il lui reproche notamment de vouloir bouleverser les règles environnementales et d’urbanisme, avec des risques pour les populations selon lui. Il s’agit de son appréciation politique, et non d’un effet démontré.

Le responsable centriste évoque aussi de possibles rapprochements avec Éric Ciotti, voire Marine Le Pen. Mais ces hypothèses doivent être confrontées aux déclarations de l’intéressé. Dans un entretien du 22 octobre relayé par Nouvelle Énergie, David Lisnard affirme : « Je n’irai pas avec Marine Le Pen. » Il revendique une droite indépendante et défend une primaire ouverte de la droite et du centre.

Cette déclaration ne répond pas à toutes les interrogations sur la séparation des fonctions. Elle empêche toutefois de présenter une alliance avec le Rassemblement national comme acquise. De même, le vote que Marc Fesneau lui prête dans un duel Le Pen-Mélenchon reste un scénario avancé par son adversaire.

Les intérêts politiques sont donc croisés. Les critiques veulent préserver une représentation pluraliste, mais contestent aussi l’avantage de visibilité d’un concurrent. David Lisnard défend son autonomie, tout en bénéficiant du poids public de sa fonction associative. Aucun de ces intérêts ne suffit, à lui seul, à trancher le débat.

Fin novembre, un test de confiance interne

La prochaine échéance est le renouvellement de la présidence de l’AMF, prévu fin novembre. Il permettra de mesurer si les élus jugent compatibles les deux responsabilités. Les règles de séparation entre communication associative, moyens de l’organisation et activité présidentielle seront au cœur de cette appréciation, au-delà des seules déclarations d’indépendance.

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