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ÉLECTIONS

Plan eau, factures et fuites : Gabriel Attal veut faire de la maîtrise de la ressource un test concret pour les ménages

Gabriel Attal promet un plan « massif » sur l’eau, avec moins de fuites, davantage de réutilisation et un tarif protégé pour les premiers litres. Un projet qui met directement les collectivités et les ménages au centre du débat.

Élu local anonyme tenant un dossier devant une mairie, dans une scène de reportage claire sur la gestion de l’eau.
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Quand l’eau manque, qui paie la facture ?

Quand les nappes baissent, que les restrictions tombent et que les factures montent, une question revient vite : comment garantir l’eau du robinet sans faire exploser le prix pour les ménages ? C’est ce casse-tête que Gabriel Attal veut placer au cœur de sa campagne, avec un plan présenté comme « massif ».

Le sujet est plus concret qu’il n’y paraît. En France, l’eau potable alimente les foyers, mais aussi l’économie locale, l’agriculture, les commerces et les services publics. Or la pression s’accroît avec le changement climatique, des sécheresses plus fréquentes et un réseau vieillissant. L’enjeu n’est donc pas seulement d’avoir assez d’eau. Il faut aussi la faire circuler, la traiter, la protéger et la payer.

Le cœur de la promesse : moins de fuites, plus de recyclage

L’ex-Premier ministre dit vouloir récupérer « 1.000 milliards de litres d’eau » d’ici 2035. Le calcul repose sur une idée simple : réduire les pertes dans les réseaux. Aujourd’hui, le rendement moyen des réseaux de distribution d’eau potable en France tourne autour de 80 %. Autrement dit, environ 1 litre sur 5 se perd en route, surtout à cause des fuites. L’Observatoire national des services d’eau et d’assainissement rappelle que, pour 5 litres mis en distribution, 1 litre revient au milieu naturel sans atteindre l’usager.

Le plan annoncé vise d’abord les collectivités les moins performantes. L’idée est de mieux orienter les crédits vers les réseaux les plus dégradés, puis de proposer un montage de financement prêt à l’emploi aux communes ou intercommunalités les plus fragiles. En clair, il s’agirait d’aider les territoires qui n’ont ni les moyens techniques ni la trésorerie pour lancer seuls des travaux lourds.

Autre pilier : la réutilisation des eaux usées traitées, ou REUT. La France avance déjà dans ce domaine, mais à petits pas. Le ministère de la Transition écologique a simplifié les procédures en 2023 et fixé des objectifs de montée en puissance, avec 1.000 projets visés d’ici 2027 et un volume réutilisé multiplié par dix d’ici 2030. En 2026, un grand projet agricole à Argelès-sur-Mer a encore illustré ce virage, en alimentant 60 exploitants et près de 700 hectares.

Un tarif bas pour les premiers litres, mais une équation difficile

Gabriel Attal promet aussi un « bouclier tarifaire » pour les litres dits essentiels. L’objectif affiché est de garantir un tarif bas et fixe pour les premiers volumes consommés, en fonction de la taille du foyer. Le dispositif serait ciblé sur les classes moyennes et populaires. Sur le papier, la mesure protège le pouvoir d’achat. Dans les faits, elle soulève une question simple : qui compense la différence ?

Car l’eau a déjà un coût réel. Au 1er janvier 2024, le prix moyen global de l’eau en France s’établissait à 4,69 € TTC par mètre cube, dont 2,32 € pour l’eau potable et 2,37 € pour l’assainissement collectif. Ce prix varie fortement selon les territoires, l’état des réseaux et les choix de gestion. Un tarif « bas et fixe » pour les premiers litres ne peut donc fonctionner que si le reste de la facture, ou l’impôt, prend le relais.

Ce point compte pour les ménages modestes, qui subissent davantage une hausse sur une dépense incompressible. Mais il compte aussi pour les communes rurales ou périphériques, où le coût par abonné grimpe vite quand le réseau est étendu, peu dense et ancien. Là, la promesse sociale peut se heurter à une réalité très prosaïque : les tuyaux à remplacer, les stations à moderniser et les chantiers à financer.

Ce que disent les autres acteurs : urgence climatique, mais vigilance sur les usages

Les défenseurs d’une politique plus offensive sur l’eau insistent sur l’urgence climatique et la vétusté des infrastructures. Greenpeace rappelle que le changement climatique, la surconsommation et les réseaux d’adduction anciens menacent directement la ressource. De son côté, la FNCCR, qui représente de nombreuses collectivités et opérateurs publics, insiste sur le rôle central des communes pour assurer la continuité du service, renouveler les réseaux et mieux intégrer la gestion de l’eau dans les politiques locales.

Mais les critiques existent aussi. Sur la réutilisation des eaux usées, les associations environnementales et les spécialistes de l’assainissement rappellent qu’il ne suffit pas de lever un frein administratif. Il faut des garanties sanitaires solides, des contrôles, des réseaux séparés quand c’est nécessaire et une gouvernance claire. L’Union européenne a d’ailleurs renforcé le cadre avec la directive sur le traitement des eaux résiduaires urbaines et le règlement sur la réutilisation de l’eau, qui encadrent davantage les usages et la sécurité.

La ligne d’Attal est donc lisible : investir dans les canalisations, simplifier la REUT, protéger les premiers litres et durcir les sanctions en cas de non-respect des arrêtés sécheresse. Il promet aussi un ministère dédié à l’eau. Cette architecture plaît aux élus qui veulent des moyens et une ligne claire. Elle peut aussi rassurer les ménages qui redoutent une hausse brutale de leur facture.

En revanche, elle laisse ouverte une autre question : l’eau doit-elle rester un service local très différencié, ou devenir un chantier national plus dirigé depuis l’État ? Les collectivités, qui financent et gèrent l’essentiel du quotidien, peuvent y voir un appui. Elles peuvent aussi y voir une reprise en main. Et c’est là que le débat devient politique, au sens le plus concret du terme.

Ce qu’il faudra surveiller

La suite dépendra de deux choses : la capacité à chiffrer le plan, puis la façon de le traduire en décisions rapides. Si la promesse avance, il faudra voir comment seront répartis les financements entre État, agences de l’eau et collectivités. Il faudra aussi regarder si la simplification de la réutilisation de l’eau se traduit, ou non, par davantage de projets sur le terrain. C’est là que se jouera la différence entre un slogan de campagne et une politique publique durable.

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RÉACTIONS

1 commentaire

  1. JY2M

    Je ne crois pas que face à la menace d’un second tour opposant les candidats RN et LFI un candidat unique représentant la gauche et la droite modérées soit une chose possible. En effet cela nécessiterait que des candidats comme Raphael Raphaël Glucksmann, Gabriel Attal ou Édouard Philippe par exemple retirent leur candidature en demandant aux électeurs de voter pour le candidat commun choisi et, même si c’est pour éviter un duel entre des candidats extrêmes, il n’est pas certain par exemple qu’un potentiel électeur de Glucksmann accepte de voter au premier tour pour Édouard Philippe ou un électeur de Gabriel Attal pour Bernard Cazeneuve. Et puisqu’il n’est pas possible d’interdire à des personnalités politiques de se présenter je crois que la seule chose possible serait que les électeurs se fient aux sondages, si ceux-ci ne se trompent pas trop, pour voter s’ils le souhaitent pour le candidat le mieux placé mais à mon avis cela ne serait seulement possible qu’au sein de leur famille politique, par exemple seulement pour les candidats socialistes ou apparentés pour la gauche, ou pour le candidat le mieux placé pour le bloc central, Attal et Philippe semblant s’être entendus là-dessus, avec une incertitude concernant ce que fera le candidat LR. Par contre si une entente pour choisir un candidat commun représentant la gauche, le centre et la droite modérées ne semble pas être possible des contacts entre leurs divers partis devraient être effectués dès maintenant pour envisager ce qu’il conviendrait de faire, même si cela ne se produira peut-être pas, en cas de victoire du candidat RN au second tour, que ce soit face à LFI ou face à un autre candidat. Et s’il est vrai que si le RN remportait la présidentielle un certain nombre de députés modérés pourraient décider de lui apporter leur soutien à l’issue des législatives qui suivraient il n’est pas certain que cela suffise pour que le RN obtienne une majorité absolue. Et dans ce cas il faudrait non seulement que la gauche non radicale, le bloc central et la droite modérée s’entendent pour l’empêcher d’appliquer son programme mais aussi pour gouverner à sa place en n’oubliant pas le problème de la dette publique gigantesque que nous avons c’est-à-dire en prenant aussi des mesures acceptables pour la réduire.

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