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INTERNATIONAL La fracture diplomatique du RN

Pourquoi la ligne de Macron sur Israël divise le RN et relance le débat sur le rôle du président

Louis Aliot critique la position d’Emmanuel Macron sur Israël et la Palestine après son discours à l’ONU. Le vice-président du RN défend aussi la baisse de la TVA sur les carburants et l’autonomie du parti face à Moscou.

Pompe à carburant verte d’une station-service française, en gros plan, avec autres pompes floues et soleil de fin de matinée.
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En bref

Après la reconnaissance française de l’État de Palestine, Louis Aliot accuse Emmanuel Macron de déséquilibrer son discours au détriment d’Israël. Le vice-président du RN défend parallèlement une baisse de la TVA sur les carburants, le maintien de la pression sur la Russie et la reconduction de Jordan Bardella à la tête du parti.

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Que change concrètement la prise de position de Louis Aliot après le discours d’Emmanuel Macron à l’ONU ? Le vice-président du Rassemblement national conteste la ligne diplomatique du chef de l’État, tout en défendant les choix de son propre parti sur l’énergie, la Russie et la prochaine présidentielle.

À l’ONU, Macron assume une ligne plus critique envers Israël

Le 22 septembre 2025, Emmanuel Macron a reconnu officiellement l’État de Palestine à la tribune des Nations unies. Il a défendu la solution à deux États : un État palestinien et un État israélien vivant côte à côte, avec des garanties de sécurité pour les deux populations.

Dans son discours, le président français a dénoncé les violences commises à Gaza et en Cisjordanie. Il a aussi critiqué la colonisation israélienne, c’est-à-dire l’installation de populations israéliennes dans des territoires palestiniens occupés, considérée comme illégale par le droit international.

Emmanuel Macron a toutefois rappelé que le Hamas devait être désarmé et exclu de la future gouvernance de Gaza. Il a également évoqué les otages israéliens détenus depuis l’attaque du 7 octobre 2023.

Le discours d’Emmanuel Macron sur la reconnaissance de la Palestine s’inscrit donc dans une position à double exigence : dénoncer les conséquences de la guerre pour les civils palestiniens et maintenir la condamnation du Hamas.

Aliot accuse le président de pratiquer « deux poids, deux mesures »

Louis Aliot juge pourtant cette approche déséquilibrée. Selon lui, Emmanuel Macron condamne désormais Israël de manière répétée, tout en parlant trop peu des crimes commis par le Hamas contre les Israéliens.

« Je pense qu’il nourrit une animosité à l’égard d’Israël qui est assez suspecte », affirme le maire de Perpignan. Il estime que le chef de l’État a changé de ton depuis les attentats du 7 octobre 2023.

Le responsable du RN reconnaît que le président condamne aussi le Hamas. Mais il considère que cette condamnation ne suffit pas à rétablir l’équilibre du discours présidentiel. Pour lui, la France devrait adopter une expression plus mesurée afin de préserver sa capacité à dialoguer avec toutes les parties.

Cette critique bénéficie politiquement au RN. Elle permet au parti de se présenter comme une force de fermeté sur la sécurité d’Israël, tout en affirmant soutenir une politique étrangère indépendante. Elle laisse cependant ouverte une question centrale : comment condamner les attaques du Hamas sans minimiser les responsabilités d’un gouvernement israélien dans la conduite de la guerre et dans l’expansion de la colonisation ?

La position française cherche précisément à tenir ces deux fils. Dans son intervention, Emmanuel Macron a soutenu l’accès humanitaire à Gaza et la création d’un État palestinien, tout en demandant le désarmement du Hamas et la libération des otages.

Carburants : le RN réclame une baisse de la TVA

L’échange entre Louis Aliot et le journaliste a aussi porté sur le prix de l’essence et du gazole. Le gouvernement a annoncé une aide de 450 millions d’euros pour les Français qui se rendent au travail, notamment face à la hausse des carburants.

Louis Aliot juge cette mesure trop limitée. Il insiste sur la situation des habitants des zones rurales et périurbaines. Dans ces territoires, la voiture sert à travailler, conduire les enfants, faire les courses ou rejoindre les services publics.

Le RN propose donc de réduire la TVA sur les carburants. Cette mesure ferait baisser le prix payé à la pompe, mais elle réduirait aussi les recettes fiscales de l’État. L’exécutif estime qu’une baisse de la consommation entraîne déjà mécaniquement une diminution des rentrées fiscales.

Le débat oppose ainsi deux approches. Le gouvernement privilégie une aide ciblée pour limiter le coût budgétaire. Le RN défend une baisse générale, qui profiterait à tous les automobilistes mais bénéficierait davantage aux ménages qui consomment beaucoup de carburant.

Le contexte international pèse aussi sur les prix. Louis Aliot cite les tensions autour du détroit d’Ormuz et les conséquences de l’invasion russe de l’Ukraine. Il refuse toutefois de supprimer l’embargo européen sur le pétrole russe tant que la guerre continue.

Il dénonce néanmoins une forme d’incohérence européenne. L’Union européenne a continué à importer du gaz russe, alors que ses restrictions ciblent davantage certaines énergies que d’autres. Cette dépendance complique la stratégie de pression économique contre Moscou.

Ukraine : le RN veut afficher son autonomie vis-à-vis de Moscou

Louis Aliot assume la condamnation de l’invasion russe et le soutien à l’Ukraine. Il affirme également vouloir maintenir la pression sur Moscou jusqu’à la résolution du conflit.

Cette ligne vise à répondre aux accusations régulièrement adressées au RN sur sa proximité passée avec la Russie. Le responsable frontiste cite les critiques de Dmitri Medvedev contre Marine Le Pen et Jordan Bardella. Pour lui, ces attaques prouvent que son parti ne suit pas les consignes du Kremlin.

Le RN défend cependant une issue rapide à la guerre. Louis Aliot souhaite un règlement avant l’hiver, tout en reconnaissant que les conditions d’un accord restent difficiles. Cette position cherche à combiner soutien à Kiev, refus d’un engagement militaire direct et volonté de négocier.

Macron peut-il se dire « garant » de la présidentielle ?

Louis Aliot conteste ensuite la volonté d’Emmanuel Macron de se présenter comme le garant de la campagne présidentielle à venir. Il rappelle que cette fonction appartient au Conseil constitutionnel, chargé de contrôler la régularité de l’élection présidentielle.

Le président de la République conserve toutefois un rôle institutionnel majeur jusqu’à la fin de son mandat. Il est chef de l’État et peut s’exprimer sur les menaces internationales. Mais Louis Aliot doute de sa neutralité politique.

Selon lui, Emmanuel Macron reste engagé contre le RN. Il ne pourrait donc pas agir comme un arbitre totalement extérieur à la compétition électorale. Cette accusation prépare déjà le débat sur l’influence de l’Élysée dans une campagne où le RN espère jouer un rôle central.

Une polémique qui fragilise encore la communication du RN

Interrogé sur la phrase « le travail rend libre », prononcée par Jean-Philippe Tanguy lors d’un meeting à Vierzon, Louis Aliot refuse de condamner son collègue. Cette formule renvoie directement à l’inscription allemande « Arbeit macht frei », placée à l’entrée de plusieurs camps de concentration nazis, dont Auschwitz.

Le député RN a ensuite expliqué que ses propos avaient été sortis de leur contexte et qu’il n’avait pas voulu faire référence à l’histoire nazie. Louis Aliot reprend cette défense. Il estime qu’il faut entendre la phrase précédente et celle qui suit avant de juger l’ensemble du raisonnement.

La polémique rappelle néanmoins la vulnérabilité du RN sur les sujets liés à l’antisémitisme et à la mémoire de la Shoah. Même lorsqu’un responsable affirme ne pas avoir voulu provoquer, le choix d’une formule historiquement chargée produit un effet politique immédiat.

Le prochain congrès confirmera la domination de Bardella

Enfin, Louis Aliot confirme qu’il ne sera pas candidat à la présidence du RN lors du congrès prévu fin octobre. Jordan Bardella sera le seul candidat à sa succession.

Aliot avait affronté Bardella lors de la précédente élection interne. Il estime désormais qu’il n’existe aucune raison de remettre en cause son mandat. Il refuse toutefois de le qualifier de « meilleur président » de l’histoire du parti, tout en jugeant qu’il exerce correctement ses fonctions.

Le congrès devrait donc surtout servir à conforter la direction actuelle. Les prochains mois permettront de mesurer si cette unité résiste aux débats sur la politique étrangère, le pouvoir d’achat, la relation avec les États-Unis et la stratégie présidentielle.

Deux échéances sont particulièrement surveillées : le congrès du RN à la fin du mois d’octobre et la poursuite de la séquence diplomatique ouverte par la reconnaissance française de l’État de Palestine. Le premier test portera sur la cohésion interne du parti. Le second sur la capacité de la France à défendre une position équilibrée entre sécurité d’Israël, protection des civils palestiniens et perspective d’un règlement politique.

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