Sondage présidentielles 2027 : Bardella devant Le Pen, Philippe reste le principal rival centriste selon un sondage Ipsos
À moins d'un an du scrutin, un sondage Ipsos bva publié début juin 2026 confirme la domination du RN avec 31 à 36 % des intentions de vote. Jordan Bardella y devance légèrement Marine Le Pen, dont la candidature reste suspendue à la justice.

À moins d’un an de l’élection présidentielle d’avril 2027, un sondage change-t-il vraiment la donne ? Pas toujours. Mais celui qu’Ipsos bva et le CESI École d’ingénieurs ont publié le 1er juin 2026 pour Le Parisien confirme une tendance qui s’ancre depuis plusieurs mois : le Rassemblement national est en position de force, et le centre n’a pas encore tranché entre ses deux prétendants.
L’enquête a été menée les 27 et 28 mai 2026 auprès de 1 500 personnes inscrites sur les listes électorales. Elle teste huit hypothèses différentes de premier tour, en faisant varier les candidats présents ou absents. Un exercice utile pour mesurer les équilibres réels du paysage politique, à une période où les déclarations officielles de candidature restent rares.
Le RN domine, Bardella légèrement devant Le Pen
Le résultat central de cette étude Ipsos bva est sans surprise : le futur candidat du Rassemblement national, arrivera en tête dans toutes les configurations testées, avec des intentions de vote oscillant entre 31 % et 36 %. Une position dominante face à laquelle aucun parti ne rivalise pour l’instant.
Cependant, un détail retient l’attention : Jordan Bardella, président du RN, obtient des scores supérieurs à ceux de Marine Le Pen. Un écart qui reste limité, mais révélateur de l’évolution du parti. Bardella, 30 ans, n’est plus seulement le visage jeune du mouvement. Il est désormais perçu comme l’incarnation présidentielle crédible .
Pour Marine Le Pen, la situation est plus complexe. Condamnée en première instance en mars 2025 à cinq ans d’inéligibilité avec exécution provisoire dans l’affaire des assistants parlementaires du Front national au Parlement européen, elle attend le verdict de son procès en appel. La cour d’appel s’est engagée à rendre sa décision avant l’été 2026. Si la peine d’inéligibilité est confirmée ou dépasse deux ans, sa candidature à l’Élysée serait définitivement compromise. Elle-même a demandé à Jordan Bardella de se préparer à prendre le relais.
Philippe tient, Attal progresse, Mélenchon reste en embuscade
Derrière le bloc RN, c’est Édouard Philippe, maire du Havre, qui apparaît comme le mieux placé. Le sondage Ipsos bva le crédite de 13 % à 14,5 % lorsqu’il est en concurrence avec Gabriel Attal, et de 17,5 % à 19 % quand l’ex-Premier ministre ne se présente pas. Une solidité qui s’inscrit dans la durée : depuis l’annonce de sa candidature en septembre 2024, Philippe a maintenu un niveau stable dans tous les instituts.
Gabriel Attal, ancien Premier ministre de 37 ans, se situe entre 8,5 % et 9,5 % en présence de Philippe, et entre 14,5 % et 17,5 % s’il était seul à représenter le centre. Il a officialisé sa candidature le 20 mars 2026 sur franceinfo, après le vote massif du Conseil national de Renaissance en sa faveur. Les deux hommes ont conclu un pacte de gentlemen : le moins bien placé se retirera si les sondages dessinent un second tour RN-LFI.
À gauche, Raphaël Glucksmann est crédité de 11 % à 14 % selon les configurations, et Jean-Luc Mélenchon se maintient entre 13 % et 13,5 % quelle que soit l’hypothèse testée. Une constance qui le place régulièrement en position de troubler le jeu pour la qualification au second tour, en cas de division du camp central. Bruno Retailleau, candidat des Républicains, obtient de 7,5 % à 10 % selon les scénarios.
Un an avant le scrutin, les incertitudes restent entières
Ces chiffres doivent être lus avec précaution. Les sondages à un an d’un scrutin présidentiel sont notoirement peu prédictifs. En 2022, La France insoumise était donnée autour de 9 % et a réalisé 22 % ; le RN, alors projeté à 29 %, a finalement obtenu 23 %. Les dynamiques de campagne, les candidatures finales et les événements imprévus peuvent tout redistribuer.
Ce que ce sondage Ipsos bva mesure, c’est un état de l’opinion à un instant donné. Et cet état révèle une gauche fragmentée, un centre divisé entre deux prétendants qui se neutralisent en partie, et un RN qui capitalise sur cette dispersion. Le scénario d’un second tour entre un candidat RN et Jean-Luc Mélenchon, régulièrement agité comme repoussoir par les partisans du centre, n’est pas celui que donne ce sondage. Mais il reste dans les marges du possible si Philippe et Attal persistent tous les deux jusqu’au bout.
Les prochaines semaines seront décisives à au moins un titre : la cour d’appel doit rendre son verdict sur le cas de Marine Le Pen avant l’été. Cette décision reconfigurera mécaniquement la course, soit en ramenant la cheffe historique du RN dans la compétition, soit en actant définitivement la candidature Bardella. L’un ou l’autre de ces scénarios changera les équilibres que ce sondage photographie aujourd’hui.



