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ACTUALITé NATIONALE

Vive la France

La France a récemment distingué les meilleurs chercheurs étrangers présents dans nos laboratoires. Une occasion rare d’entendre une voix positive sur nous, nos atouts, nos différences. Tous les lauréats l’ont rappelé avec force : notre pays est admiré et dispose d’atouts uniques face à ses concurrents. Et, avouons-le, ça fait du bien.

Début juin, dans les très chics salons du Quai d’Orsay, se tenait la soirée Alumni Day, consacrée aux scientifiques ayant étudié chez nous et qui y poursuivent une brillante carrière de scientifique. Une manière de célébrer des talents venus du monde entier, qui produisent de l’intelligence, des brevets, des innovations, des start-up, et contribuent ainsi à notre souveraineté. Leur parcours et leurs discours en disent long sur le regard que nous portons sur nous-même.

Disons-le : notre rapport à la France, à ses institutions, à ses dirigeants, voire à ses réussites, est pour le moins critique. Cela vient sans doute d’une tradition politique et intellectuelle où l’on débat beaucoup, où l’on conteste, où l’on questionne systématiquement l’autorité. Cette exigence est une force. Mais elle devient une faiblesse lorsqu’elle nous empêche de voir le verre à moitié plein.

Les Français sont prompts à critiquer, à souligner ce qui ne fonctionne pas, à dénoncer ce qui bloque. Bref, nous sommes des râleurs. Mais cette lucidité permanente ne devrait pas nous faire oublier l’essentiel : si l’on en croit ces « étrangers », la France reste un pays admiré, attractif, créatif, capable d’accueillir et de produire de l’excellence.

Lors de cette soirée au Quai d’Orsay, il fallait voir ces chercheurs français d’adoption exprimer, au cours d’une table ronde passionnante, tout l’amour qu’ils portent à notre pays et toute la reconnaissance qu’ils lui témoignent pour les avoir accueillis dans les meilleurs laboratoires.

Selon eux, ces laboratoires n’ont rien à envier à d’autres systèmes, moins ouverts et plus rigides.

À les écouter, la France dispose d’infrastructures de qualité, d’une organisation scientifique solide et d’une exigence académique de très haut niveau. Le visiteur de passage, qui serait arrivé au milieu de la conversation, aurait sans doute pensé que l’on parlait d’un autre pays.

Yazdan, le Franco-Iranien spécialiste des maladies infectieuses, reconnu mondialement, vantait notre organisation scientifique. Alda, l’Italienne spécialiste de lettres classiques et de traitement automatique du langage, expliquait notre faculté à hybrider les disciplines. Amanda, la Brésilienne chercheuse en biologie, racontait ses aventures de start-uppeuse. Armel, le Camerounais spécialiste d’IA, parlait, lui, de transfert de technologie.

Qu’on ne s’y trompe pas : on ne parle pas ici de migration silencieuse, de grand remplacement ou d’invasion. Nous parlons de la réalité d’un monde où le savoir, la connaissance et l’innovation traversent les frontières pour créer de la valeur, donc de la richesse.

Il serait dommage de s’en priver pour des raisons idéologiques, voire démagogiques. D’ailleurs, nos concurrents ne se privent pas de piller nos talents lorsqu’ils en ont besoin pour leurs universités, leurs grandes multinationales ou leurs centres de recherche.

Faut-il en conclure qu’il faudrait davantage de chercheurs étrangers ? Pas nécessairement. Mais il serait temps d’écouter le signal qu’ils nous envoient : nous devrions être un peu plus fiers de nos réussites et cesser de nous autoflageller en permanence.

C’est sans doute cette attitude négative qui pousse, par exemple, le législateur à trop légiférer quand il serait nécessaire d’alléger, et les partis à systématiquement chercher des coupables alors que l’on a plutôt besoin de solutions. Le cas de l’IA est, à cet égard, édifiant. Comme le résume une formule souvent entendue dans les milieux de la tech : les Américains innovent, les Européens régulent.

Pire, en Europe, une formule cruelle circule : laissez les Français négocier, ils finiront toujours par oublier de défendre leur propre pays.

Tous ceux qui sillonnent le monde le constatent pourtant : partout, on aime la France. En Chine, aux États-Unis ou dans les autres pays d’Europe, on parle encore volontiers de nous positivement. Est-il besoin de rappeler cette statistique qui n’a pas besoin de décryptage : nous sommes le pays qui accueille le plus de touristes internationaux au monde. La France attire et inspire encore.

Nous avons des atouts immenses. Il serait peut-être temps que les Français réapprennent à aimer leur drapeau, simplement, sans toujours chercher à la déconstruire, la corriger ou la remplacer par une « Nouvelle France. »

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